Bouteflika a soufflé ses 80 bougies: Le doute qui consume les Algériens

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Abdelaziz Bouteflika n’est pas le seul leader africain à briller par sa longévité à la tête de l’Etat. En soufflant ses 80 bougies (la bronchite qui l’a terrassé au point de chambouler, en ce 20 février, l’agenda de la chancelière allemande le lui permet-elle ?), il est encore loin de rivaliser avec son allié mozambicain qui vient de festoyer ses 93 ans en mobilisant les ressources d’un pays miné par l’impéritie. En Algérie, on ne se complique pas la vie à calculer (même par les temps de mauvaise fortune que consacre une chute vertigineuse des avoirs en pétrodollars) le coût d’une cérémonie fêtée dans l’intimité. Mais on s’interroge toujours (et encore) sur l’état de santé du président dont les proches évoquent la possibilité de le voir briguer, sur son fauteuil roulant, un cinquième mandat. L’AVC dont il a été victime en 2013 ne le prémunit pas contre les velléités de ses proches (famille et anciens camarades du FLN) à le voir perpétuer leur pouvoir et, partant, les prébendes qu’ils ont pu accumuler au fil de ses 18 ans à la magistrature suprême. Sa réélection en 2014 pour un 4ème mandat, alors qu’il est physiquement diminué (on s’accroche à affirmer que Bouteflika a toute sa tête et sa lucidité pour rempiler) nourrit toutes les spéculations.
A 80 ans, A. Bouteflika a toutes ses dents. Et tant pis pour ses opposants qui voudraient voir les termes de la nouvelle Constitution s’appliquer en exigeant, au vu de la vacance de pouvoir, son déboulonnage. Mais l’affaire est des plus compliquées puisque le système algérien n’arrive pas à se mettre d’accord sur un successeur attitré. Celui qui avait critiqué ses rivaux qui l’affublaient du titre diminutif de « trois quart de Président » n’a pas désigné de dauphin et est allé jusqu’à chambouler la couveuse du système qui débloquait la situation, l’ex-DRS ayant été démantelé avec le départ de sa cheville ouvrière Toufik.
En le remplaçant, Tartag, nouvel homme fort issu de l’école des renseignements, a vu ses services passer entre les fourches caudines d’une Présidence verrouillée. Ce qui le met aux prises avec Said Bouteflika, le nouvel homme providentiel et frère du Président, et le vieillissant Gaid Saleh, ministre de la Défense qui tire sa puissance du poids historique de l’Armée de libération nationale.
Système bloqué? L’Algérie inquiète et suscite nombre d’interrogations quant à son futur immédiat. Si les caciques de Bouteflika se prennent à rêver d’un 5ème mandat pour 2019, les chancelleries s’inquiètent de la crise multiforme qui paralyse le système algérien.
Une crise qui couve une contestation populaire de grande ampleur sur laquelle peuvent surfer les djihadistes qui mettent à profit toute fragilité pour mieux s’implanter et s’activer. Daech ne vient-il pas de frapper à Constantine pour affirmer sa présence sur le sol algérien ?
L’Algérie s’installe dans le doute. L’avenir est bouché.
Il n’y a pas de quoi rassurer ses voisins qui suivent de près la déliquescence d’un pouvoir dit « révolutionnaire » et largement réfractaire à la démocratie. Dommage pour un pays si riche et à la population si pauvre…

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