Brésil : Fin de partie pour D. Roussef ?

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Dilma Rousseff
Alea jacta est ! C’est par 55 voix (contre 22) que les sénateurs ont avalisé l’accusation de « crime de responsabilité » qui pendait à la tête de la Présidente Dilma Roussef depuis quelques mois déjà. Houleux, les débats-marathon qui ont marqué le Sénat brésilien n’ont pris fin que tôt ce jeudi. Le sort de la Présidente semble scellé, elle à laquelle on reproche d’avoir maquillé les comptes publics pour se maintenir à la tête de l’Etat ! Une accusation qui sanctionne, et c’est une première à Brasilia, une responsable politique qui n’a fait que suivre les pas des autres. Désormais, la préférée de son prédécesseur Lula, militant invétéré du Parti du travail (PT), sera écartée du pouvoir durant six mois au maximum. Période durant laquelle son vice-président Michel Temer, président du PMDB, fera office de président, en attendant le jugement final. Une période transitoire des plus difficile pour une démocratie qui a été marquée au feu des scandales de corruption, de la crise économique doublée d’un chômage et d’une inflation record. Pour tout cela, Dilma Rousseff doit partir. « Il faut tourner la page ! », a ainsi lancé la sénatrice Marta Suplicy, ancienne membre du Parti des travailleurs et ancienne ministre de la Culture de Dilma Roussef, qu’elle a quittée pour rejoindre l’opposition. Alors que quelques voix se sont fait entendre pour défendre la présidente, ses partisans ayant pris sur eux de dénoncer un « coup d’Etat » comme l’avait clamé haut et fort la Présidente sur la sellette. Et rappelé que la majorité des sénateurs qui reproche à Dilma Rousseff une mauvaise gestion du pays ont des soucis avec la justice pour des affaires de corruption. Parmi ceux qui lui ont apporté leur soutien, la sénatrice Gleisi Hoffmann du Parti des travailleurs. « Nous allons chercher le soutien de l’opinion publique. Le soutien de l’opinion publique est très important quand il s’agit de faire pression sur les sénateurs. Certaines personnes commencent à changer d’avis… Nous aurons aussi plus te temps pour faire entendre nos arguments. Pour montrer que c’est un procès politique qui n’a aucune base juridique. C’est une tentative de se débarrasser d’un gouvernement en inventant des charges qui n’existent pas dans la Constitution ».
Avant de quitter le palais présidentiel, la Présidente destituée doit s’adresser à la presse. Une vidéo que la présidente a enregistrée mardi soir, avant le vote au Sénat, sera ensuite postée sur les réseaux sociaux. D’après un sénateur proche de Dilma Rousseff, la présidente n’a pas l’intention de faciliter la transition pour celui qui assumera désormais ses fonctions. Michel Temer, vice-président dont l’impopularité bat tous les records est déjà dans les startings-blocks. Avec un cabinet plus restreint, son principal objectif serait de redresser l’économie. En attendant 2018 ? Rien n’est sûr encore…

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