Brexit: Entre Bruxelles et Londres, l’inquiétant « no deal » persiste 

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE) continuent depuis jeudi à Bruxelles, leur réunion sur le Brexit. Le sommet est qualifié de rencontre de la « dernière chance » avant un potentiel « no deal » sur le partenariat post-Brexit avec Londres, dont les retombées risquent d’être dévastatrices. 

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Brexit: Entre Bruxelles et Londres, l’inquiétant « no deal » persiste 

L’heure tourne à Bruxelles. Les dirigeants européens, réunis en sommet dans la capitale belge, ont demandé au Royaume Uni de « faire le nécessaire » pour débloquer les négociations commerciales post-Brexit. Alors que le Premier ministre britannique Boris Johnson laisse planer la menace de quitter les discussions, les 27 « constatent avec inquiétude que les progrès réalisés sur les questions clés qui intéressent l’Union ne sont toujours pas suffisants pour qu’un accord soit conclu », s’inquiètent-ils dans des conclusions adoptées jeudi 15 octobre.

Depuis que le Royaume-Uni a officiellement quitté l’UE le 31 janvier, les pourparlers entre Londres et Bruxelles pour un accord de libre-échange, lequel entrerait en vigueur le 1er janvier 2021 à la fin de la période de transition, patinent.

Les pourparlers achoppent toujours sur trois sujets : la pêche, les garanties réclamées aux Britanniques en matière de concurrence et la manière de régler les différends dans le futur accord. Les deux parties s’accusent mutuellement de laisser planer le risque d’un « no deal » potentiellement dévastateur pour leurs économies, déjà fragilisées par la pandémie.

Par la voix de son négociateur, David Frost, le Royaume-Uni s’est dit « déçu » par ces demandes formulées par les 27 et même « surpris que l’EU ne s’engage plus à travailler de manière intensive », dans les conclusions formelles du sommet.

Le négociateur de l’UE, Michel Barnier a ensuite annoncé en conférence de presse qu’il souhaitait continuer à négocier la semaine prochaine à Londres, puis la suivante à Bruxelles, et ce de manière « intensive ». « J’ai proposé à l’équipe britannique de négocier dans le bref espace de temps qu’il nous reste, de façon à discuter d’un accord jusqu’à fin octobre », a-t-il expliqué, se disant « absolument déterminé à trouver un accord juste ».

B. Johnson doit se prononcer vendredi sur le sujet de la suite des négociations, à la lumière des « résultats » du sommet européen. 

Le négociateur européen ne cesse d’ailleurs de répéter à l’envi que même si l’UE fait montre de “flexibilité” pour trouver des solutions qui respectent pleinement la souveraineté du Royaume-Uni et maximiser les chances de parvenir à un accord, le Royaume-Uni, de son côté, “ne s’engage pas de manière réciproque sur les principes et intérêts fondamentaux de l’UE”.

Outre les trois principaux points de blocage entre les négociateurs européens et britanniques, M. Barnier pointe également le manque d’engagement de Londres sur d’autres questions majeures, telles que les mécanismes de règlement des différends horizontaux crédibles, les garanties essentielles pour la coopération judiciaire et l’application de la loi, la pêche ou encore les conditions de concurrence équitables dans les domaines des transports et de l’énergie.

Selon des médias européens, le résultat le plus probable du sommet est que les Vingt-sept demanderont “une accélération et une intensification des négociations” afin d’éviter un dénouement chaotique des pourparlers.

En cas d’échec des négociations post-Brexit, les seules règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), s’appliqueraient aux relations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE, causant d’importants coûts pour les entreprises importatrices des deux côtés et des retards aux frontières en raison des contrôles douaniers.

Il s’agit d’une perspective qui fait craindre le pire aux organisations patronales européennes qui se disent “extrêmement préoccupées” par l’état des négociations, alors qu’un no deal aurait des effets désastreux pour des économies déjà mises à mal par la pandémie de Covid-19.

A la veille du sommet européen, trois présidents d’organisations patronales en France, en Italie et en Allemagne, ont appelé dans une tribune les négociateurs européens et britanniques à trouver “absolument” un accord sur les relations post-Brexit, mettant en garde “contre les conséquences en cascade pour nos entreprises comme pour les citoyens : droits de douane, contrôles, bureaucratie, retards, blocages…”.

“Une rupture brutale entre l’Europe et le Royaume-Uni viendrait ajouter des difficultés aux difficultés qui mettraient à mal des dizaines de milliers d’emplois et d’activités dans tous nos pays”, ont-ils prévenu.

Ils appellent ainsi les dirigeants des deux côtés de la Manche, à respecter les engagements fixés dans l’Accord de retrait et à explorer “avec pragmatisme toutes les options possibles pour parvenir à une solution qui assure la fluidité des échanges, tout en maintenant les conditions d’une concurrence équitable entre l’Union européenne et son partenaire britannique”.

 

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