BRIXIT : Les Britanniques ont dit « out » !

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Les Britanniques ont voté pour sortir de l’UE, une décision historique aux conséquences politiques et économiques potentiellement désastreuses pour le pays. Cette nouvelle qui a entraîné un raz-de-marée sur les marchés financiers a eu pour effet que la livre s’est dépréciée de 8,1% contre le dollar le 24 juin, enregistrant sa plus forte chute journalière depuis 1971. Le peuple britannique a décidé de mettre fin à 43 ans d’appartenance à l’Union Européenne. Le camp des pro-Leave l’a emporté de justesse : avec 51,9% des votes, contre 48,1% pour le Remain. Les britanniques ont voté en masse : le taux de participation s’est élevé à 72,2%, contre 66,1% lors des élections législatives de 2015. Le détail des résultats met en lumière un Royaume Uni extrêmement divisé, selon l’âge, le degré d’éducation, la sphère sociale et surtout entre régions. Les grandes villes telles que Londres, Manchester, Liverpool, Edinbourg se sont déclarées en faveur de l’UE, alors que le vote Leave a été le plus répandu dans les régions rurales et post-industrielles. Le contraste entre nations constitutives du Royaume-Uni est saisissant: l’Angleterre (hors Londres) et le Pays de Galles ont voté pour sortir de l’UE, l’Ecosse et l’Irlande du Nord se sont prononcées avec une très forte majorité (62% et 55,8% respectivement) pour rester. Les jeunes ont voté majoritairement pour le maintien dans l’Union Européenne mais les personnes âgées en ont décidé autrement. Pas facile pour les proEuropéens de se résigner, appelant aussitôt pour un second référendum avec une pétition en ligne ayant recueilli plus de 3 millions de signatures. Or, seulement 100,000 signatures sont nécessaires pour que la pétition soit considérée par le gouvernement. Le résultat du référendum a entraîné un cataclysme politique immédiat. Des têtes sont tombées et pas seulement celle du Premier ministre. La démission de David Cameron (effective d’ici le mois d’octobre) marque la fin la plus humiliante d’un Premier ministre britannique depuis celle d’Anthony Eden en 1957. En plus d’une crise politique sévère, l’unité même du pays se trouve menacée. Un nouveau référendum sur l’indépendance écossaise est sur la table. En même temps, l’Irlande du Nord évoque la nécessité d’un référendum pour une réunification avec la République d’Irlande. Après la décision de David Cameron de laisser à son successeur la responsabilité de la sortie, de nombreuses questions relatives au calendrier de la sortie sont aujourd’hui sans réponse. La date du début de la procédure, telle que prévue par l’Article 50 du Traité de Lisbonne, est entourée d’une grande incertitude au point que certains évoquent même la possibilité qu’elle ne voie jamais le jour. Le résultat du référendum n’ayant pas de valeur juridique, des hommes politiques demandent un vote du Parlement avant de formellement déclencher la procédure de sortie. Les leaders européens sont divisés sur la question de la vitesse des négociations d’une sortie de Royaume-Uni de l’UE. La France appelle à un déclenchement rapide de l’Article 50, l’Allemagne se veut plus patiente. Le Premier ministre néerlandais a même déclaré que le processus de sortie « irréversible » pourrait ne pas commencer avant les élections allemandes en 2017. L’exemple britannique a trouvé écho chez les leaders des mouvements populistes à travers l’Europe (France, Pays-Bas, Italie), appelant à leur tour à des référendums dans leurs pays respectifs.

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