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Bruxelles et l’immigration : Des quotas controversés

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Contrainte et forcée, l’Europe regarde enfin la misère du monde qui frappe à ses portes en voulant se draper d’un voile plus « solidaire ». Bruxelles propose aux Etats une politique d’accueil basée sur les quotas. Et envisage des expéditions musclées vers le Sud.

Les barricades qui enserrent le Vieux Continent commencent-elles à céder face à la pression humanitaire ? En tout cas, après avoir longtemps fermé les yeux sur des naufrages et des arrivées massives qui se comptent désormais en milliers, l’Europe se décide enfin à prendre des mesures concrètes pour accueillir convenablement les migrants qui échouent sur ses côtes et faire preuve de davantage de fermeté avec les passeurs. Le dossier géré naguère par les seuls pays méditerranéens, Italie en tête, relève désormais de l’Union Européenne.
Les récents naufrages, tout aussi dramatiques les uns que les autres n’ont pas dissuadé les prétendants à une vie meilleure que ce soit pour des raisons politiques ou économiques à rebrousser chemin, bien au contraire. Le flot de migrants ne cesse de grossir.
Sur proposition de Rome, Bruxelles a mis sur le tapis une série de mesures le 12 mai à soumettre aux dirigeants de l’Union le 30 juin. Selon le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, « l’Union européenne a besoin d’un système permanent qui permette le partage des demandeurs d’asile.»
Bruxelles veut imposer des quotas obligatoires à ses pays membres, histoire de mieux répartir l’accueil de ses migrants. L’objectif est de soulager des pays exsangue comme Malte, la Grèce ou l’Italie. Ce dernier pays a reçu pas moins de 30 000 migrants durant les quatre derniers mois ! En Italie, des experts internationaux seront envoyés dans le Sud du pays pour déterminer les immigrants qui doivent bénéficier du statut de refugié politique et ceux dont la situation du pays d’origine ne le justifie pas. Si le gouvernement italien voit en cette proposition européenne une ingérence dans les affaires internes de son pays, les associations, confrontées à ces flux depuis des mois voire des années, saluent cette initiative qui va dans le sens de soulager l’administration et les bénévoles. Le problème est d’autant plus grave quand il s’agit de trouver une solution rapide pour les mineurs et les enfants qui se trouvent emprisonnés dans des conditions qui ne répondent nullement aux droits auxquels ils ont accès dans un pays signataire de la charte de protection des enfants. L’hébergement doit être adapté, la scolarité obligatoirement proposée de même que la sécurité. On ne peut pas expulser des mineurs ni les laisser errer dans les rues. Le gouvernement italien a augmenté sa capacité d’accueil d’urgence de 3000 places à 20000 mais c’est loin d’être suffisant. Jean Claude Junker propose que ces quotas soient calculés selon le PIB, le taux de chômage ou encore le nombre de réfugiés déjà sur les territoires des pays de l’Union européenne. L’Allemagne et la France devraient être les principaux pays d’accueil. On pensait que la France accueillerait favorablement cette initiative européenne, contrairement aux pays de l’Europe de l’Est. Il n’en est rien. Manuel Valls vient de déclarer que la France refuse cette politique de quota attendu qu’elle a déjà accueilli sont « lot » de réfugiés. Le Premier ministre français a dit sa préférence pour la solidarité et la répartition équitable des réfugies. Paris a renforcé les contrôles dans les points de passage avec l’Italie où tous les migrants sans papiers sont systématiquement refoulés à la frontière. Quant au Royaume-Uni, sans surprise, il s’est catégoriquement opposé à cette mesure. La ministre de l’Intérieur, Theresa May a déclaré que «les migrants qui tentent de gagner l’Union européenne en traversant la Méditerranée devraient être renvoyés». Londres se singularise encore une fois dans le fragile concert de l’unanimité européenne.
Contrariée par la position britannique, la Commission lui a immédiatement rétorqué que “le pire serait de ne rien faire”.
Filières clandestines
La commission préconise également la lutte contre les passeurs et la destruction des bateaux. L’emploi de la force doit être discuté par les ministres des Affaires étrangères incessamment. Enfin, l’Europe insiste également sur la nécessité de renforcer les moyens de surveillance et de sauvetage en Méditerranée. C’est la mission assignée aux opérations « Triton » en Italie et « Poséidon » en Grèce, dont le budget et les moyens vont être accrus.
Et pendant que l’Europe discute, le flot ne cesse de grossir. Ce qui remet sous les sunlights l’état de déliquescence qui perdure en Libye en proie à une guerre civile et où l’implantation du groupe terroriste « Etat Islamique » se marchande aujourd’hui à l’aune de la maîtrise des flux migratoires. Les représentants du sinistre Al-Baghdadi n’ayant pas hésité à faire valoir la carte qu’ils ont en main, soit un demi million d’immigrés qu’ils menacent d’encourager à gagner l’Europe.

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