C. Quigley décortique l’oligarchie anglo-américaine : Syndrome de la conspiration

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Le monde serait gouverné par un puissant lobby tapi dans l’ombre. Les théories de la conspiration n’ont jamais déserté le haut du pavé. Faut-il en douter ? C. Quigley, politologue US, se penche sur l’oligarchie anglo-américaine qui cible la direction du monde. Un livre décapant.

« L’Histoire secrète de l’oligarchie anglo-américaine », de Caroll Quigley, livre publié et traduit pour la première fois en langue française, tente de démêler l’inextricable écheveau de groupes et de familles divers qui, depuis leur apparition à la fin du XIXe siècle, n’ont cessé de gagner en influence, adossés aux cartels bancaires et financiers mondiaux. Paru aux Etats-Unis en 1981, quatre ans après la mort de son auteur – selon ses vœux – l’ouvrage décrit par le menu le rôle déterminant d’une aristocratie bourgeoise anglaise qui, en étroite relation avec les élites US, a mis en place un ensemble interconnecté d’organismes, plus ou moins secrets, dans le but de promouvoir un nouvel ordre mondial.
Quigley qui enseignait les relations internationales à l’université de Georgetown apporte, dans son opus, des informations de première main sur cette caste aux idéaux de laquelle il était pleinement acquis. Rien de plus normal puisqu’il disposait d’un accès privilégié aux innombrables archives du groupe faites de lettres, rapports, notes,…). N’empêche, le professeur émérite ne reste pas moins critique à l’endroit des méthodes de ces groupes jugées par trop peu démocratiques. Le politologue, dont Bill Clinton fut un des étudiants, retrace la généalogie du monde actuel, dont la société secrète de Cecil Rhodes, richissime homme d’affaire (fondateur du Zimbabwe actuel, ex-Rhodésie) et son successeur, le franc-maçon Alfred Milner, constituent toujours les piliers indestructibles. Ces hommes ne cherchaient pas moins que de fonder « une Eglise pour l’expansion de l’Empire britannique ».
Pierre Hillard s’interroge, dans l’avant-propos synthétique, sur les causes qui ont conduit le seul monde anglo-saxon à être le réceptacle de cet idéal messianique de gouvernement mondial. S’adossant à des sources insoupçonnables – car provenant des protagonistes eux-mêmes – l’universitaire met en exergue l’opportun rapprochement opéré au XVIIe siècle entre le puritain Oliver Cromwell – qui abrogea la mesure d’expulsion des Juifs d’Angleterre datant de 1290 – et la puissante communauté marrane – Juifs faussement convertis au catholicisme – des Pays-Bas (alors Provinces-Unies). «Cette bascule spirituelle et politique avec ses conséquences économiques en faveur du judaïsme talmudique est le cœur nucléaire de la philosophie mondialiste », dont l’ouvrage de Quigley répercute en évoquant des alliances judéo-protestantes du même type.
La lecture de l’opus, rendue fastidieuse pour la quantité de patronymes, connus et inconnus, qui émaillent ses pages, confirme sa qualité de traité de science politique faisant grand cas de la famille mondialiste. Alors vivement la sortie de l’autre classique de Quigley, « Tragédie et espoir », paru en 1966, qui retrace la trajectoire philosophique et politique du monde depuis 1914 au sein de la nébuleuse mondialiste décrite dans «L’Histoire secrète de l’oligarchie anglo-américaine».

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