Campagne agricole : l’arbre qui cache… le blé !

Sans surprise aucune, les perspectives de la campagne céréalière s’avèrent des plus catastrophiques. Tout au plus prévoit-on, au ministère de l’Agriculture et de la pêche une moisson de 33,5 millions de quintaux, contre 115 l’année précédente, soit 70% de moins en 12 mois. Le ministère impute la mauvaise récolte au volume pluviométrique enregistré durant cette campagne, le plus faible depuis 1985, en recul de 50% par rapport à 2015. Les changements climatiques tant craints sont là, avec 98 jours sans pluie, du jamais vu auparavant, et des températures plus élevées de 2 à 3 degrés par rapport à la normale.

Ce sont donc les pluies tardives, de février et mars, qui ont permis la reprise de la céréaliculture dans plusieurs régions, donnant une promesse de récolte de 33,5 millions de quintaux. La production prévisionnelle de blé tendre serait de 18,6 millions de quintaux, de blé dur de 8,7 millions et d’orge de 6,2 millions. Le déficit pluviométrique aura aussi des incidences sur les légumineuses d’automne puisque la baisse envisagée au niveau du rendement est évaluée entre 40 et 60% par rapport à la 2015.
Cette contreperformance est compensée par la bonne tenue de l’arboriculture, souligne la tutelle, avec une croissance de l’ordre de 15% en comparaison à 2015. L’olivier (+24%) et les agrumes (+7%) performent. Au même titre que les cultures industrielles (betterave à sucre et oléagineuses), en augmentatin de 5% en moyenne, et les cultures maraîchères de 4 à 5%, selon les prévisions. Enfin, l’élevage et les fourrages croîtront à leur tour de 4% grâce à la conversion d’une partie des surfaces céréalières en fourrages, mais aussi au Plan de sauvegarde du cheptel mis en branle.
Tout cela n’entame en rien l’optimisme de Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture, qui se félicite du changement de la structure de la valeur ajoutée agricole qui, en dépit de la chute de 70% de la production céréalière, générera une valeur ajoutée de 110 milliards de DH. En 2009, et malgré une production céréalière de plus de 100 millions de quintaux, la VA agricole était de 100 milliards de DH. Voilà à l’aune de quoi est mesurée la résilience du secteur primaire, assure la tutelle qui a mis en place le Plan Maroc Vert.
Ces données réussiront-elles à convaincre les conjoncturistes qui ont déjà figé un taux de croissance du PIB des plus faibles au cours de ces dernières années ? C’est à voir…

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