Casablanca sous les eaux : L’Intérieur dépêche une « task force » dans la métropole

Au cours des 72 dernières heures, Casablanca s’acquitte d’un lourd tribut face aux intempéries. Ainsi, 3 morts sont à déplorer dans l’effondrement, sous le coup des pluies, d’un pâté de maisons vétustes à Derb Moulay Cherif, à Hay Mohammadi. Mais au-delà de ce drame qui aurait pu être évité, les inondations qui ont bloqué des voies de communication stratégiques dans la capitale économique, ont aussi causé d’importants dégâts matériels. Aucun membre de l’Exécutif, la ministre de l’Habita en tête, n’a été visible. 

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Casablanca sous les eaux : L’Intérieur dépêche une « task force » dans la métropole

Le corps des sapeurs-pompiers  dépendant de la Protection civile ont fait preuve de courage depuis que l’alerte a été donnée à Hay Mohammadi. Les recherches actives menées pour sauver des survivants sous les décombres des maisons qui se sont effondrées ont été payants. Ainsi, deux personnes ont été conduites en urgence à l’hôpital régional Mohammed V, pour y recevoir les soins nécessaires.

Les recherches se poursuivaient toujours vendredi pour retrouver d’autres personnes qui seraient encore sous les décombres.

L’alerte a été chaude. Et le demeure au regard du patrimoine de maisons vétustes que compte la capitale économique. Excédés, les Casablancais qui endurent les affres des travaux lancés par le Conseil de la ville dans le cadre d’un nouveau schéma de mobilité n’ont pas manqué d’exprimer leur colère à l’endroit des édiles qui dirigent la ville. Mais aussi contre les autorités tutrices qui ont fait preuve de laxisme. L’alerte météo lancée bien avant que les ondées ne soient au rendez-vous n’auraient pas bénéficié de l’attention requise en pareil cas. 

Et ce n’est que vendredi qu’une réunion d’urgence a été tenue au siège de la wilaya de la région de Casablanca-Settat, pour l’examen des impacts des fortes pluies subies par la métropole et les mesures rapides à prendre pour éviter que leurs effets ne se reproduisent à l’avenir.

Un communiqué de la wilaya indique que lors de la réunion, il a été procédé à l’examen des aspects liés à ces précipitations au niveau des sites et des points affectés, leurs conséquences sur les infrastructures et leurs impacts sur la population. Les projets réalisés et futurs dans le cadre du contrat de la gestion déléguée signé entre la commune de Casablanca et Lydec ont également été examinés.

La même source indique également que les participants ont souligné à cette occasion la nécessité de prendre des mesures pratiques en vue de traiter les sites qui connaissent une saturation des eaux de pluie. Ils ont préconisé des opérations techniques et d’entretien continu des canaux de drainage des eaux, l’intervention pour la réalisation des travaux nécessaires, l’amélioration des conditions de circulation et de transport dans la ville, outre des mesures urgentes concernant les habitants des maisons menaçant ruine et la mobilisation de toutes les ressources et moyens à cet effet. 

La réunion s’est tenue en présence du wali secrétaire général du ministère de l’Intérieur, le wali directeur général des collectivités territoriales, le wali de la région de Casablanca-Settat, le général de division directeur général de la Protection civile, le gouverneur directeur général de l’agence urbaine de Casablanca, le gouverneur directeur des réseaux publics locaux, le gouverneur chargé de la gestion des risques au ministère de l’Intérieur, le président du conseil de la commune de Casablanca, le directeur général de la société Lydec et les représentants des services et des organismes concernés.

Si les élus se sont défaussés sur la Lydec à laquelle les services ad hoc ont été délégués, la société délégataire s’est empressée, elle, de produire un communiqué via lequel lequel elle tente de siphonner la colère des Casablancais déjà excédés par sa politique tarifaire. 

«Lydec regrette les désagréments causés par cet événement pluvieux aux habitants et opérateurs du Grand Casablanca et les assure de la totale mobilisation de ses équipes à leurs côtés pour assurer la continuité des services», laisse-t-elle entendre. 

Le communiqué rappelle que «Lydec se mobilise et assure ses missions dans le cadre d’un contrat de gestion déléguée qui définit les engagements du délégataire en termes d’exploitation des réseaux et d’investissements». Le délégataire a rappelé son «programme d’entretien et de curage des réseaux et des ouvrages», mettant en avant ses «actions préventives» pour entretenir ces ouvrages et renforcer la capacité de transfert du système de collecte des eaux usées et pluviales. 

La même source rappelle enfin qu’en 2020, «près de 30 000 tonnes de sédiments correspondant à divers déchets contenus dans le réseau et les ouvrages ont été extraites». 

Il va sans dire que le dossier des intempéries qui n’est absolument pas inédit (les alertes éprouvantes et éprouvées de Mohammedia, Settat et Berrechid, voire plus loin à Kénitra) laissera des stigmates. Surtout que nombre d’élus ont remis au goût du jour la remise à plat du contrat passé avec Lydec. Le déplacement dans la capitale économique d’une « task force » de l’Intérieur sera-t-il suivi de sanctions ?

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