Centres sportifs de proximité: Un ministre qui nargue la Cour des comptes !

Les recommandations que la Cour des comptes a mandées dans son rapport dernier sur les départements de la Jeunesse et des Sports demeurent depuis plus d’un an lettre morte. L’actuel ministre, Othman El Firdaouss, tout comme son prédécesseur, nargue, paraît-il, ces recommandations !

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Centres sportifs de proximité: Un ministre qui nargue la Cour des comptes !

En 15 ans, la Cour des comptes a épinglé à trois reprises le département gouvernemental de la Jeunesse et des Sports. Souvent, la majorité des recommandations est jeté aux orties. Le rapport dernier publié en 2019 révèle le désordre dans lequel s’est enlisé ce ministère, une administration à problèmes au lieu d’administration de mission !

En mettant à nu les conflits d’intérêts et l’incompatibilité de fonctionnaires qui ont ‘’squatté’’ les centres sportifs de proximité, l’ex-secrétaire générale du ministère de la Jeunesse et des Sports, Nadia Benali, a mis en demeure tous les directeurs provinciaux et régionaux pour dissoudre les associations. Une circulaire qui a mis Othman El Firdaouss hors de lui. En abusant de son pouvoir de ministre, Othman El Firdaouss, a eu recours à la politique de gribouille. Il a décidé de mettre à disposition ces centres à ladite Fédération dite de Sport tous, présidée par une fonctionnaire fantôme, promue illégalement hors-échelle il y a deux ans. Une fédération qui ne peut être habilitée ni avoir droit de cité car elle empiète sur les autres sports dont le monopole revient aux fédérations sportives.  

Les centres sportifs de proximité sont jusqu’à présent payants sans associations. Des centres qui ne sont soumis à aucun suivi et contrôle de leurs gestions. 

Il est à rappeler qu’il y a deux ans, le ministère de la Jeunesse et des Sports s’est engagé à construire 800 centres sportifs de proximité et dont le financement a été décidé par un crédit du FEC (Fonds de l’Equipment Communal) pour un montant de 600 millions de dirhams. Après deux ans, on accuse beaucoup de retard à cause de problèmes financiers et de surenchérissement. 

Dans le rapport de la Cour des comptes, les magistrats ont soulevé plusieurs dysfonctionnements et dérapages. Voici un extrait de ce rapport sur les centres sportifs de proximité voire les centres d’accueil et les foyers féminins. 

« De nombreuses délégations provinciales ont créé des associations dans le but de recouvrer les recettes émanant des services rémunérés rendus par les terrains de proximité, les centres d’accueil et les foyers féminins. Les sommes recouvrées, déposées dans des comptes bancaires ouverts au nom des associations, sont destinées par la suite à couvrir les dépenses et les charges liées au fonctionnement de ces associations. Il a été également observé que le poste du président de l’association est généralement occupé par le délégué provincial et que la composition des membres de bureau se limite exclusivement aux fonctionnaires des délégations. Il apparait que lesdites associations constituent un démembrement de l’administration et remplissent des missions de service public, et les fonds maniés par eux sont des deniers publics. Il en résulte que les opérations de dépenses et de recettes effectuées par ces associations contreviennent aux principes et règles régissant les finances publiques : – La règle de l’autorisation préalable pour l’exécution des recettes et des dépenses inscrites au budget général de l’Etat en vertu de la loi annuelle de finances. L’article 1 de la loi organique n°7-98 relative à la loi de finances (en vigueur au moment des faits) dispose que « La loi de finances prévoit, évalue, énonce et autorise, pour chaque année budgétaire, l’ensemble des ressources et des charges de l’Etat… » ; – Le principe de l’universalité prévu par l’article 9 de la loi organique susmentionnée : « Il est fait recette du montant intégral des produits, sans contraction entre les recettes et les dépenses, l’ensemble des recettes assurant l’exécution de l’ensemble des dépenses » ; – La règle de la qualité légale des personnes chargées de l’exécution des opérations financières. En effet, l’article 3 du décret royal n° 330-66 du 21 Avril 1967 portant règlement général de la comptabilité publique dispose que : « Les opérations financières publiques incombent aux ordonnateurs et aux comptables publics ». De même l’article 9 du même décret prévoit que les comptables publics sont seuls chargés de la prise en charge et du recouvrement des recettes et du paiement des dépenses. »

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