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Chronique | Inconsistance ravageuse : Lorsqu’une ministre dit la chose et son contraire

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A quel saint se vouer ? La question est assez pertinente à agiter en ces temps de doute que tout citoyen moyen nourrit à l’endroit des politiques aux affaires. Que n’a-t-on pas vu de ministres de l’actuelle équipe, corsetés dans les apparats du noviciat, se confondre en déclarations dénuées de toute logique, voire dramatiquement contradictoires au point de réduire et la teneur et la portée à néant. L’équipe au charbon risque-t-elle de se transformer en une simple usine à gaz ? Au vu de ce qui vient de se dérouler en début de semaine en pleine séance parlementaire, on est en droit de poser la question qui fâche : un ministre qui dit la chose et son contraire a-t-il sa place parmi ses pairs ?

Tenez, l’exemple le plus frappant est celui que vient de donner Leila Benali qui, depuis l’enceinte parlementaire, s’est jouée de l’intelligence de ses concitoyens en les prenant des poissons rouges. La ministre de la Transition énergétique et du développement durable qui n’a pas décillé face aux caméras il y a quelques jours à peine, en martelant à qui voulait l’entendre que le pays n’avait nullement besoin d’une raffinerie pour disposer de carburant, a fait volte-face devant les élus. En épousant une autre rhétorique qui non seulement contredit ses convictions, si elle en a, mais souffle le dernier doute que l’on pourrait se faire quant à la crédibilité du discours officiel. Dame Benali a assuré lundi, que son département examine les scénarios techniques et économiques pour aboutir aux solutions appropriées au dossier de la société de raffinage du pétrole Samir.

Qu’est-ce à dire ?  La ministre a précisé à qui voulait l’entendre que l’affaire Samir est un dossier d’investissement qui doit être traité de manière raisonnable, avec la nécessité de développer une vision claire en matière de gestion et de prise en compte des intérêts de l’Etat marocain comme investisseur potentiel, de la main d’œuvre de la société et des habitants de la ville de Mohammedia. Pour ce dossier affublé d’«une complexité sans précédent», aux dires de la ministre, il faut avoir à l’esprit, rappelle-t-elle aux élus, et à travers eux à l’opinion nationale, que l’accumulation de problèmes durant plus de 20 ans a engendré un arrêt de la raffinerie, la transmission du dossier à la justice et la mise en liquidation judiciaire, avec la poursuite de son activité sous la supervision du syndic et un juge-commissaire.

Ainsi, la responsable de la transition énergétique ne semble pas avoir transigé en affirmant n’avoir «jamais dit que le Maroc n’a pas besoin de la Samir». Oubliant ses «Confidences de presse» qui assuraient sur le plateau de 2M quelques jours plus tôt que le royaume «n’a pas besoin aujourd’hui de raffinerie». Portant haut l’estocade, L. Benali s’est laissé emporter dans sa fougueuse inexpérience en justifiant le « laisser mourir » de l’unique raffinerie qui s’étale sur plusieurs hectares à même le port de Mohammedia. «Je ne suis pas la seule à le dire, mais deux ministres avant moi. Aujourd’hui, en 2022, nous pouvons acheter du carburant de manière directe. La question des approvisionnements ne se pose pas. Est-ce que le Maroc a besoin aujourd’hui de raffinerie ? La réponse est non, même si elle ne plaira pas à certains», a-t-elle affirmé face aux caméras de 2M. Mordicus. L. Benali a même fait savoir que l’écosystème énergétique national n’a enregistré aucun dysfonctionnement de l’approvisionnement en énergie, les besoins du marché national ayant été entièrement satisfaits. Assurant que l’unique matière, qui a connu durant cette année un dysfonctionnement, est le gaz naturel. Avant de louer les efforts du gouvernement qui ont permis de résoudre ce problème et assurer l’approvisionnement en gaz naturel et ce, en un temps record et en dépit de la crise mondiale inédite.

Qu’est ce qui est intervenu de nouveau sur la scène énergétique pour que la ministre change de cap ? D’aucuns y voient les résultats du fameux hashtag qui, de retour, appelle à la révision de la tarification des hydrocarbures et, plus catégorique, au dégagisme du chef d’orchestre de l’équipe gouvernementale aux affaires. Départ que les rapports incestueux entre pouvoir et avoir justifierait amplement. Le souffle chaud d’un tel appel a certainement mis sous haute pression les tympans d’Aziz Akhannouch lorsqu’il s’est permis un bain de foule à Agadir qui vibrait au rythme de Timitar. « Dégage ! » relève, sans aucun doute, de la chaude alerte. Persistera-t-on à user encore de la politique de l’Autruche ?

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