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Classement mondial de la liberté de la presse 2022 : RSF pointe les défaillances marocaines

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Le rapport révèle une « situation problématique » dans 62 pays, une « situation difficile » dans 42 pays, une « situation plutôt bonne » dans 40 pays, une « bonne situation » dans 8 pays, selon le classement mondial de la liberté de la presse depuis le éditions 2013 à 2022. Les champions sont représentés par la Norvège, le Danemark, la Suède, l’Estonie, la Finlande, l’Irlande, le Portugal et le Costa Rica.
Dans la région Afrique du nord, l’Algérie a avancé de 12 places, en passant de 146e position à la 134e alors que la Tunisie a reculé de 21 places en passant de la 73e à la 94e. La Libye a avancé pour sa part de 22 places en passant de la 165e à la 143e, tandis que la Mauritanie garde la même place en 2022, campant au la 97e rang.
Cette année, un nombre record de pays sont entrés dans la zone rouge qui correspond à une « situation très grave » du libre exercice de la presse. Ils sont désormais 28 pays à faire partie de ce classement. Douze pays au total intègrent cette liste rouge du classement, dont le Bélarus (153e) et la Russie (155e). Parmi les pays les plus répressifs pour la presse, la Birmanie (176e), où le coup d’État de février 2021 a brutalement ramené la situation des journalistes dix ans en arrière, figure désormais aux côtés de la Corée du Nord (180e), de l’Érythrée (179e), de l’Iran (178e), du Turkménistan (177e) et de la Chine, indique RSF.
Le Maroc quant à lui, est considéré comme faisant partie de la zone de situation « difficile », en compagnie de plusieurs autres pays d’Afrique, notamment d’Afrique du nord. Il s’agit notamment d’Algérie, Libye, Mali, Nigéria, Soudan, Tanzanie, Somalie, Ethiopie, Cameroun… Dans un niveau plus large, d’autres pays font partie de cette zone, comme l’Inde, la Turquie, le Mexique, la Jordanie, le Liban.
Parmi les critiques adressées au Maroc par RSF figurent « une pression continue » subie par les journalistes indépendants, les sources d’information de la population marocaine qui se limitent actuellement aux réseaux sociaux et internet. « La principale source d’information pour la population vient des réseaux sociaux et des sites en ligne », indique à cet égard RSF. Et d’ajouter que « la société consomme la presse indépendante sans pour autant être prête à prendre sa défense ».
La « désinformation » est également pointée du doigt par RSF qui critique cette pratique en la qualifiant de « règne (qui s’est) accentué par la valorisation d’un journalisme du buzz et du sensationnel qui ne respecte pas la vie privée et dégrade en général l’image de la femme ».
Commentant le contexte socioculturel au Maroc, RSF met aussi en relief la difficulté de la presse indépendante à survivre et avoir une stabilité financière. « Les journalistes opèrent dans un contexte économique exsangue. Les médias ne parviennent pas à attirer les annonceurs, et les organes de presse indépendants peinent à avoir une stabilité financière leur permettant de se développer », poursuit RSF qui évoque une propension à « mettre aux ordres » le secteur. Les groupes de presse proches du pouvoir sont les mieux lotis dans cette situation, selon le classement qui indique que « les médias fidèles au pouvoir bénéficient de modèles plus stables grâce à des ressources financières plus accessibles ».
Enfin, RSF indique qu’en 2020, 110 journalistes marocains ont saisi le Conseil national de la presse (CNP), autorité de régulation dotée d’un pouvoir de sanction contre les organismes enfreignant le code de la presse, pour qu’elle prenne des « sanctions disciplinaires » contre ces « médias de diffamation ». RSF n’occulte pas l’autre facette de la réalité médiatique plus oppressante, en signalant que « les arrestations sans mandat et les détentions provisoires prolongées sont courantes au Maroc ».
RSF a indiqué avoir fait évoluer sa méthodologie, en travaillant avec un comité de sept experts issus du monde universitaire et des médias. Le Classement mondial de la liberté de la presse, qui évalue les conditions d’exercice du journalisme démontre qu’en 2022, et cela, à un niveau mondial, qu’il y a eu des « effets désastreux du chaos informationnel » en indiquant qu’il est devenu « un espace numérique globalisé et dérégulé, qui favorise les fausses informations et la propagande ».

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