Clôture de la COP22 : Le consensus mou de Marrakech

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L’accord de Marrakech qui a marqué la fin du cycle des négociations de la COP 22 représente une avancée en demi-teinte. La présidence marocaine a encore du pain sur la planche avant de céder le témoin aux Iles Fidji. Finances et transfert de technologie manquent à l’appel.
La COP22 s’est achevée dans la nuit du 18 au 19 novembre à Marrakech par l’adoption d’un programme de travail jusqu’en 2018, à la COP24, pour parvenir à appliquer l’accord de Paris et limiter le réchauffement de la planète à 2 °C au-dessus de l’ère préindustrielle.
À l’issue de deux semaines de discussions à Marrakech, le président de la 22e conférence de l’ONU sur le climat, Salaheddine Mezouar, a acté l’adoption d’un document demandant aux pays de progresser dans la mise en œuvre du pacte scellé l’an dernier.
Dans la déclaration des États, tous s’accordent sur le fait qu’il reste du travail jusqu’à la COP23, qui se tiendra à Bonn, en Allemagne, sous une présidence des Iles Fidji.
Les représentants de 190 pays après de nombreuses négociations, perturbées par l’élection de Donald Trump, ont confirmé l’objectif de mobilisation de 100 milliards de dollars par an… déjà défini à Paris en décembre 2015 lors de la COP21.
Seule avancée notable dans la cité marocaine, les mesures de l’accord de Paris (entré en vigueur le 4 novembre 2016), et notamment le respect de la clause visant à contenir « bien en dessous des 2% » la hausse du thermomètre mondial, devrait être appliquées en 2018 au lieu de 2020. Un gain de deux ans justifié dès les premiers mots de la proclamation : « Nous, chefs d’Etat, de gouvernement et délégations réunis à Marrakech…. appelons à accroître l’ambition et à renforcer notre coopération ».
L’accélération du calendrier montre la « priorité urgente » et la « dynamique irréversible » en faveur du combat contre le réchauffement climatique comme l’indique le texte de clôture.
La COP22 appelle à « un engagement politique des plus fermes afin de lutter contre les changements climatiques » et à « une solidarité plus forte avec les pays les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques ». Les signataires de la Proclamation de Marrakech s’engagent à « augmenter le montant, les versements et l’accès aux financements pour des projets climatiques ».
La COP23 sera confiée aux Fidji mais se déroulera à Bonn en Allemagne du 6 au 17 novembre 2017. La ville accueille le siège du secrétariat de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques.

 

Proclamation de Marrakech pour l’Action en faveur de notre climat et le Développement Durable
Voici le texte de la Proclamation de Marrakech pour l’Action en faveur de notre climat et le Développement Durable, lu par M. Aziz Mekouar, Ambassadeur pour la négociation multilatérale :
Clôture de la COP22 : Le consensus mou de Marrakech
MARRAKECH ACTION PROCLAMATION
FOR OUR CLIMATE AND SUSTAINABLE DEVELOPMENT
La Proclamation de Marrakech pour l’Action en faveur
de notre climat et le Développement Durable
Nous, Chefs d’États, de Gouvernements, et Délégations, rassemblés à Marrakech, en sol Africain, pour la Vingt-deuxième session de la Conférence des Parties, la douzième session de la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties au Protocole de Kyoto et la Première session de la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties à l’Accord de Paris, à la gracieuse invitation de Sa Majesté le Roi du Maroc, Mohammed VI, prononçons cette proclamation afin de signaler un changement vers une nouvelle ère de mise en œuvre et d’action en faveur du climat et du développement durable.

Notre climat se réchauffe à un rythme alarmant et sans précédent et nous avons le devoir urgent de répondre.
Nous nous réjouissons de l’entrée en vigueur rapide de l’Accord de Paris, adopté en vertu de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, ainsi que de ses objectifs ambitieux, sa nature inclusive, et sa conformité à l’équité et au principe des responsabilités communes mais différenciées et des capacités respectives, eu égard aux différentes situations nationales, et nous affirmons notre engagement pour sa mise en œuvre complète.
En effet, cette année, nous avons assisté, à un élan extraordinaire en matière de lutte contre les changements climatiques, partout dans le monde, ainsi que dans de nombreux fora multilatéraux. Cet élan est irréversible – il est guidé non seulement par les gouvernements, mais également par la science, par le monde des entreprises ainsi que par une action mondiale de tous types et à tous niveaux.
Notre tâche aujourd’hui est de perpétuer cet élan, ensemble, allant de l’avant délibérément pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et pour encourager les efforts en matière d’adaptation, favorisant et appuyant ainsi l’Agenda pour le Développement Durable de 2030 et ses Objectifs de Développement Durable.
Nous appelons à un engagement politique des plus fermes afin de lutter contre les changements climatiques, c’est une priorité urgente.
Nous appelons à une solidarité forte avec les pays les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques et nous tenons à souligner la nécessité d’appuyer les efforts visant à améliorer leur capacité d’adaptation, à renforcer leur résilience et à réduire leur vulnérabilité.
Nous appelons toutes les Parties à renforcer et à soutenir les efforts pour éradiquer la pauvreté, assurer la sécurité alimentaire et prendre des mesures rigoureuses pour faire face aux défis des changements climatiques dans le domaine de l’agriculture.
Nous appelons à rehausser d’urgence nos ambitions et à renforcer notre coopération afin de combler l’écart entre les trajectoires d’émissions actuelles et celles requises pour atteindre les objectifs à long-terme de limitation de la température fixés par l’Accord de Paris.
Nous appelons à une augmentation des financements, des flux et de leur accès, conjointement avec une amélioration de la capacité et de la technologie, y compris des pays développés vers les pays en développement.
Nous, les pays développés Parties, réaffirmons notre objectif de mobiliser 100 milliards de dollars américains.
Nous, à l’unanimité, appelons à davantage d’action climatique et d’appui, bien avant 2020, en prenant en compte les besoins spécifiques et les circonstances particulières des pays en développement, des pays les moins avancés ainsi que ceux particulièrement vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques.
Nous qui sommes Parties au Protocole de Kyoto encourageons la ratification de l’Amendement de Doha.
Nous, collectivement, appelons tous les acteurs non-étatiques à se joindre à nous pour une action et une mobilisation immédiate et ambitieuse, s’appuyant sur leurs importantes réalisations, notant les multiples initiatives et le Partenariat de Marrakech pour l’Action Climatique Globale lui-même, lancé à Marrakech.
La transition requise de nos économies pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris fournit une opportunité positive et substantielle pour une prospérité accrue et un développement durable.
La Conférence de Marrakech marque un point d’inflexion important dans notre engagement pour rassembler la communauté internationale dans son ensemble afin de relever un des plus grands défis de notre temps.
Dorénavant, alors que nous nous tournons vers la mise en œuvre et l’action, nous renouvelons notre détermination de vouloir inspirer la solidarité, l’espoir et l’opportunité pour les générations présentes et futures.

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