Comité National Olympique Marocain : Un CNOM à la croisée des chemins

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Après de longues années de sclérose et d’opacité, les gérontes du CNOM (Comité National Olympique Marocain) se sont enfin remis à l’évidence : la tenue d’une Assemblée générale extraordinaire , le 22 novembre prochain pour adopter de nouveaux statuts. Une première quand on sait que le CNOM n’a jamais été régi par des statuts depuis sa fondation en 1959 par feu Hassan II.
Bien que le CNOM soit une association de droit privé, il avait été régi par un texte de droit public (Arrêté du ministre ) depuis sa fondation en 1959. A l’époque, le CNOM était présidé par feu Hassan II alors Prince Héritier voire en tant que Roi en 1965. La même année , l’actuel président du CNOM depuis 1993, le Général Hosni Benslimane était Haut Commissaire au Haut Commissariat du Sport et à l’Éducation Civique. Avec la loi 06-87, promulguée en 1989, on croyait que le CNOM allait faire sa mue en se dotant de ses propres statuts, en vertu de l’article 23. Tout est resté lettre morte sans que le CNOM ne s’arrime à l’Etat de droit en reléguant ce problème de fond aux “vestiges métaphysiques “ brocardés par Auguste Comte. Jusqu’au jour où le Comité International Olympique était intervenu il y a quelques mois pour mettre en demeure le CNOM et l’astreindre à adopter des statuts conformes à la Charte Olympique Internationale.
Si l’AGE est officiellement annoncée pour le 22 novembre afin d’adopter les statuts du CNOM , aucune date n’a été arrêtée pour tenir l’assemblée générale ordinaire pour rendre les comptes de plus d’une décennie (Ndlr: la dernière AG avait eu lieu à Rabat le 24 septembre 2005 !).
Hormis des incohérences qui altèrent encore le projet des statuts du CNOM, il semble que les acteurs ne sont pas conscients des défis qu’il faut relever car jusqu’à présent, il y a une guerre de tranchée dont les visées consisteraient à occuper des postes comme s’il s’agissait d’une promotion sociale. Dans le projet des nouveaux statuts, il est interdit expressément à tout membre d’être en situation de conflit d’intérêt par rapport à la Fédération sportive à laquelle il appartient. Dans ce projet de statuts, on parle même d’éthique et de neutralité des membres. Comment pourrait-on garantir cette neutralité alors que statutairement la composition du Comité Exécutif du CNOM est l’émanation des présidents des fédérations sportives dont les disciplines sont incluses au programme des Jeux Olympiques?
C’est là que le bât blesse car le CNOM doit être l’émanation de compétences crédibles, dévouées et disponibles pour se consacrer à la chose olympique telle qu’elle est définie et légiférée dans la Charte Olympique. Et l’on voit mal l’éligibilité de quidams appartenant à des fédérations sportives qui ne portent que le nom et constituées d’une poignée de clubs fantômes voire de présidents de fédés dont le cursus scolaire est bac moins 19!

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