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Compétitivité logistique : Un défi en suspens

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omme première résultante de l’entrée en vigueur des ALE, les entreprises américaines, turques et arabes sont venues concurrencer les entreprises marocaines sur leur territoire (causant un déficit estimé à près 200 milliards de dirhams). Dès lors, il est devenu plus que jamais indispensable pour les entreprises marocaines d’être compétitives dans ce nouvel environnement. Ceci passe nécessairement par la maîtrise et l’optimisation des maillons des chaînes d’approvisionnement (supply chain) avec de nouvelles contraintes de temps, de fiabilité et de qualité. D’autant plus que les coûts logistiques restent très élevés au Maroc. Si l’on prend à titre d’exemple un pot de confiture made in France, de la porte de l’usine au port de Tanger, il arrive avec un coût logistique qui est équivalent à son concurrent fabriqué à Meknès et destiné à Casablanca. Mieux encore, des pays comme le Mexique ou le Brésil (situés à 7859 km de Madrid et 8635 de Paris) leurs coûts logistiques estimés entre 15 à 17% du PIB, sont plus compétitifs sur le marché européen par rapport au Maroc, éloigné de seulement 14 km de l’Europe, mais avec un coût logistique est de 20% du PIB. On est donc face à un avantage comparatif lié principalement à la géographie, et où la logistique devient un élément important.

Pour répondre à cette problématique, le Maroc qui veut, grâce à sa situation géographique, s’ériger comme un Getaway (escapade) idéal pour l’Afrique occidentale, la stratégie nationale de développement de la compétitivité logistique (SNDCL) a été lancée en 2010 avec comme premier axe le « développement des zones logistiques multi-flux (ZLMF)» qui devra permettre une optimisation et une massification de la plupart des flux logistiques et ainsi réduire lesdits coûts.
ETAT D’AVANCEMENT
À l’heure de la signature du contrat programme pour la logistique entre la confédération générale des entreprises marocaines et le gouvernement en avril 2010, l’ensemble des acteurs ont versé dans un optimisme hors pair en fixant comme objectif de baisser les coûts de la logistique de 20% à 15% en 2015, former 61.000 profils et réaliser une valeur ajoutée additionnelle de 3 à 5% du PIB vers la fin de l’actuel exercice (2015). De grands défis qui, jusqu’à présent, tardent à être relevés aussi bien par le gouvernement que par les professionnels. Et pour cause, le contrat programme de 2010 avait, certes, planté le décor, mais la scène est restée vide durant près de trois ans. L’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL), qui est l’organe régulateur du secteur, n’a eu un directeur (Youness Tazi) qu’en décembre 2012 et les budgets sont restés aux abonnées absents jusqu’en 2013. Résultat : l’agence, principal acteur de la mise en œuvre de la SNDCL, n’a pu établir son organisation et constituer son premier noyau de ressources humaines et commencer à fonctionner normalement qu’en 2014. L’agence s’est trouvée, donc, dans l’obligation d’accélérer la cadence de ses travaux pour la définition des projets de ZLMF à lancer dans chacune des régions. Ainsi, les objectifs devant être réalisés, en 2015, ont été décalés pour 2020 dans le cadre d’un plan d’accélération de la mise en place de la SNDCL.
C’est la lenteur administrative, toujours pesante, qui retarde la mise en place des ZLMF. Selon l’AMDL, les sept conventions, visant l’accélération de la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement de la compétitivité logistique, signées devant le Souverain en mai 2014, n’arrivent toujours pas à se décliner en contrats d’application pour les différentes régions.
Hormis quelques réalisations, le reste des ZLMF sont toujours à l’étude. Les deux seuls points positifs à souligner dans cette salve d’échecs sont, en effet, la réalisation des premières tranches des zones logistiques de Zenata développées par la Société nationale des transports et de la logistique sur une superficie de 28 ha, dans la préfecture de Mohammedia et Mita dans la préfecture de Aïn Sbaa, réalisée par l’Office national des chemins de fer sur une superficie de 12 ha.
Deux réalisations qui ont, en effet, eu un impact positif sur l’offre immobilière logistique dans le Grand Casablanca qui a triplée depuis 2010 pour atteindre près de 600.000 m2 d’entrepôts de classe A et B en 2014. Cette évolution de l’offre a permis de réduire de près de 25% les prix de location de l’immobilier logistique au profit des opérateurs du secteur.
Pour le reste des ZLMF, l’AMDL indique que le contrat programme Etat-CGEM devra être décliné en contrats d’application régionaux. Ces derniers devront détailler les engagements des différentes parties prenantes notamment en termes de mise à disposition du foncier, de connexion des futures ZLMF aux réseaux routiers, ferroviaires, et d’incitation des opérateurs à investir dans les futures ZLMF.
Jusqu’à présent rien n’a été fait au niveau de la définition du schéma logistique cible de chaque région caractérisé par des critères de localisation (connectivité de qualité aux différents réseaux de transport, topographie favorable des terrains,…) et un choix précis des types de plateformes adaptés à chaque région.

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