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Conditions de vie des ménages : La vulnérabilité en chiffres

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Le Haut commissariat au plan vient de rendre publics les résultats de son enquête Nationale sur la Consommation et les Dépenses des Ménages donnant ainsi un aperçu sur l’évolution des conditions de vie des citoyens. Réalisée sur l’ensemble du territoire national auprès d’un échantillon de 16 000 ménages, entre juillet 2013 et juin 2014, soit une année complète pour tenir compte des effets des saisons et des évènements socioreligieux sur les comportements de consommation. En comparaison avec les enquêtes similaires de 2001 et 2007, ces résultats permettent de jeter un éclairage circonstancié de l’évolution du niveau de vie, du modèle de consommation ainsi que des phénomènes de la pauvreté, de vulnérabilité et d’inégalités sociales, à l’échelle nationale et au niveau des différentes unités territoriales. Dans ce sens, et d’après les Comptes de la Nation, le revenu moyen annuel par tête d’habitant est passé, entre 2001 et 2014, d’environ 11000 Dhs à 19000 Dhs, marquant une croissance moyenne de 5% par an. Compte tenu du faible taux d’inflation, le pouvoir d’achat a ainsi connu une progression annuelle moyenne de 3,4% au cours de la période. Le niveau de vie de son côté, a presque doublé, passant de près de 8300 Dhs par an en 2001 à environ 15900 Dhs en 2014 légèrement supérieur à la dépense de consommation finale des ménages par tête telle que mesurée par la Comptabilité Nationale. Il a ainsi progressé, en termes réels, à un taux moyen annuel de 3,5%, au cours de cette période, passant de 3,3%, entre 2001 et 2007 à 3,6% entre 2007 et 2014. Ces rythmes d’accroissement ont été respectivement de 2,7% et 3,5% en milieu urbain et de 4,7% et 2,8% en milieu rural. Avec l’appréciation du niveau de vie, les dépenses des ménages montrent une évolution significative du modèle de consommation, dans sa double composante alimentaire et non-alimentaire. Dans la structure des dépenses de consommation, le poids du segment alimentaire régresse et sa qualité s’améliore. Moins cependant dans le monde rural et parmi les catégories sociales de faible niveau de vie. Entre 2001 et 2014, la part des dépenses de consommation alimentaire dans le budget des ménages est passée de 41% à 37%, à l’échelle nationale. Elle a continué à en représenter 47,3% en milieu rural et 33,3% en milieu urbain, variant de 50% dans la catégorie des 10% les plus défavorisés à 26% parmi les 10% les plus aisés. La structure du segment non-alimentaire se valorise avec une émergence plus marquée de biens et services de qualité. Le poids de l’ensemble des dépenses au titre de « l’enseignement, de la culture et des loisirs », plus « les transports », « l’hygiène et les soins médicaux » par exemple, est passé, dans le budget global des ménages, de 16,7% à 21,4%. Avec cependant des disparités sociales et territoriales notables dans la mesure où dans les budgets des ménages ruraux et urbains, « L’enseignement, la culture et les loisirs » représentent respectivement 2,8% et 6,6%, « l’habitat et l’énergie » 19,8% et 24,2%, « l’hygiène et les soins médicaux » 7,5% et 9,2%. Par ailleurs, les 10% des ménages en haut de la hiérarchie des niveaux de vie et les 10% en bas de cette hiérarchie consacrent, respectivement, 3,5% et 0,4% aux loisirs, 5,3% et 2,7% à l’enseignement, 2,7% et 1,3% à la communication et 11% et 2,9% aux transports. Plus illustrative, la valeur des dépenses réalisées par la 1ère catégorie sociale pour l’enseignement est de 24 fois supérieure à celle de la seconde, pour les loisirs 105 fois, pour les communications 24 fois et pour les transports 44 fois. Au total, avec une amélioration des structures et de la qualité de la consommation, l’évolution des dépenses des ménages telles qu’elles ressortent des enquêtes de 2001, 2007 et 2014, ouvrent la voie à une modernisation du modèle de consommation des ménages avec cependant des disparités sociales et territoriales qui restent à réduire. Certes, l’amélioration générale des niveaux de vie et en particulier celle des catégories sociales modestes et intermédiaires montre que la croissance économique entre 2001 et 2014 a pris l’itinéraire d’une croissance inclusive. Cependant, aussi réels et crédibles qu’ils soient ces indicateurs n’occultent en rien la réalité éminemment humaine de la pauvreté qui reste un phénomène toujours de trop. En 2014, 1,6 millions de marocains étaient encore en situation de pauvreté absolue et 4,2 millions en situation de vulnérabilité. Avec un poids démographique de 40% le milieu rural regroupe 79,4% des pauvres et 64% des vulnérables, la croissance pro-pauvres devrait avoir vocation à devenir une croissance pro-ruraux comme l’a si bien résumé le Haut commissaire dans sa conclusion.

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