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Conférence internationale sur le Proche-Orient de Paris : Un coup d’épée dans l’eau…

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Au moment où se tiennent à Moscou des pourparlers inter-palestiniens pour dépasser les clivages entre les diverses factions et faire face aux défis israéliens, où le Président de l’autorité palestinienne a fait un crochet très singulier à Rome, pour l’inauguration de l’ambassade palestinienne auprès du Vatican, Paris s’apprêtait à accueillir une Conférence internationale sur le Proche-Orient à laquelle 75 pays étaient représentés, avec des absences de marque. Ni les Palestiniens n’étaient de la partie pour ne pas cautionner l’impression du déjà vu, ni les Israéliens n’ont jugé bon de cautionner la « futile » démarche française…
La diplomatie française qui s’est évertuée à vouloir réoccuper une place de choix sur l’échiquier du Proche-Orient peine à rattraper les retards cumulés, ce qui a permis à la Russie d’occuper une place de choix, tout en privilégiant une démarche pour l’essentiel commerciale, comme le laissent entendre les multiples contrats d’armement engrangés auprès de l’Egypte et des pays du CCG, et l’ouverture sur un Iran réhabilité depuis l’accord arraché sur le nucléaire. Inaudible sur la crise syrienne, pour ses positions butées qui consacrent l’engagement auprès d’Al-Nosra (cet appendice d’Al-Qaida ayant « fait du bon boulot » selon L. Fabius, ex-patron de la diplomatie française) et peu regardante sur les débordements que connaît le drame yéménite, ce n’est pas la convocation d’une conférence internationale à Paris qui replacerait la France aux premières lignes… Sans oser sortir des sentiers battus et des « clous » consacrés par un alignement sur les positions américaines à l’endroit d’Israël. Paris n’a pas encore fait le franc pari de reconnaître l’Etat palestinien… Alors que les initiateurs de l’initiative mettent le doigt sur le véritable danger qui empoisonne la région et favorise l’éclosion de tous les radicalismes : sans règlement du conflit israélo-palestinien, tout apaisement de la situation au Proche-Orient reste des plus hypothétiques. Et là aussi, le dépassement du cadre d’Oslo, processus jugé « mort-né » par les Palestiniens, aurait permis une lueur d’espoir. Qui n’a pas eu lieu. Les Israéliens ayant veillé à l’agonie de ce processus et baillonné, en Israël même, les partisans de la paix. Tout en soulignant, paradoxalement, être en faveur de négociations qui porteront sur tout, sauf l’arrêt de la colonisation des colonies, le partage d’Al Qods, le retour des réfugiés et le partage de l’eau. On comprend dès lors pourquoi les Palestiniens ont opté pour l’ internationalisation de leur cause, accédant à l’ONU et à toutes les institutions spécialisées, faisant qu’à ce jour 138 Etats ont reconnu la Palestine. Et les opinions publiques appellent à suivre le mouvement dans bien d’autres pays. C’est là un fait majeur qui renseigne sur l’intérêt porté à la question palestinienne et, à ce sujet, le rôle joué par les opinions publiques.
Pourtant, Paris ne semble pas avoir suivi la bonne trajectoire. La preuve, jusqu’à la dernière minute, dimanche, les délégués des soixante-quinze pays présents à la Conférence de Paris pour la paix au Proche-Orient ont peiné pour rédiger le communiqué final où chaque mot a été pesé et soupesé. Fallait-il, au-delà de l’engagement en faveur de deux Etats (israélien et palestinien) envoyer un signal fort à Donald Trump en stipulant explicitement qu’«une tierce partie» ne pouvait pas prendre de décision unilatérale qui remettrait en question le statut D’Al-Qods? Les Américains, considérant sans doute qu’ils étaient allés suffisamment loin en avalisant la résolution 2334 de l’ONU condamnant la colonisation israélienne, ont réussi le tour de force de limiter la portée de la Conférence de Paris. En la réduisant à un simple coup d’épée dans l’eau.
Au moment où le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, participait aux délibérations finales à Paris, le quotidien israélien Haaretz révélait que ce dernier avait au préalable passé un coup de fil au Premier ministre israélien, l’assurant qu’il ferait son possible pour atténuer la teneur du communiqué final et s’engageant à mettre son veto d’ici à l’intronisation de Donald Trump, le 20 janvier, à toute nouvelle résolution condamnant Israël au conseil de sécurité de l’ONU. Même Londres privilégie la négociation directe entre israéliens et palestiniens…
Dans un communiqué âprement négocié, les délégations présentes à Paris se sont contentées d’exhorter Israéliens et Palestiniens à « démontrer leur engagement pour la solution à deux Etats et à s’abstenir d’actions unilatérales qui préjugeraient du résultat de la négociation, notamment sur les frontières, Jérusalem, les réfugiés ». Le texte précise que si de telles actions étaient prises, « ils ne les reconnaîtront pas ».
Enfin, d’autres rounds devraient suivre… Mais sans approche iconoclaste, c’est le pourrissement du conflit qui s’offre en perspective. Avec ce que cela suppose comme défis et menaces…
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