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Conjoncture économique: La reprise au rendez-vous?

Le Haut commissariat au plan vient de livrer son appréciation de l’évolution de l’économie nationale durant le premier trimestre qui aurait progressé de 4,3% au lieu de 1,7% une année auparavant. Cette performance aurait été portée, particulièrement, par le redressement de 12,9% de la valeur ajoutée agricole, au lieu d’une baisse de 9% au cours de la même période de 2016. Hors agriculture, la valeur ajoutée aurait affiché une hausse de 3%, tirée notamment par les activités du secteur tertiaire. Dans le détail, cette appréciation intervient dans un contexte mondial de reprise, comme le démontre le redressement du commerce mondial de biens qui aurait progressé de 4%, en variation annuelle au premier trimestre 2017, suite à la reprise de l’activité et des importations des économies avancées et émergentes. En ligne avec l’évolution du commerce mondial, la demande étrangère adressée au Maroc se serait affermie de 4,5%, en glissement annuel, profitant de la reprise des importations des pays de la zone euro. Dans ce sens, les exportations de biens du Royaume, en augmentation estimée à 2% au premier trimestre 2017, auraient profité de la relance des expéditions des engrais naturels et chimiques, favorisée par la hausse graduelle de leurs cours mondiaux et la reprise de la demande étrangère. Hors phosphates et dérivés, les exportations auraient augmenté de 0,5%, profitant de l’orientation favorable de la demande extérieure adressée aux secteurs aéronautique, électronique et agro-alimentaire. Elles auraient, toutefois, pâti de l’essoufflement des exportations des secteurs de l’automobile et du textile et cuir. Les importations auraient augmenté de 9,5% au premier trimestre 2017, à la suite du renchérissement de la facture énergétique, dans un contexte de reprise des cours des produits énergétiques sur le marché mondial, après l’accalmie observée en 2016. Soutenues par la demande intérieure, les importations hors énergie, auraient été alimentées par les achats des biens d’équipement (voitures industrielles, diodes, transistors et chaudières), des produits bruts (ferraille, fonte, fer, acier, huile de soja) et, dans une moindre mesure, par les biens de consommation (pièces détachées pour voitures de tourisme). En revanche, les importations de produits alimentaires auraient fléchi, sous l’effet du repli de près de 50% de la facture céréalière. La hausse plus prononcée des importations par rapport aux exportations aurait engendré un creusement du déficit commercial de près de 21%, au premier trimestre 2017, en glissement annuel, et un repli de 4 points du taux de couverture pour se situer à 57%. Coté demande intérieure, la consommation des ménages aurait continué de soutenir la croissance économique au premier trimestre 2017, dans un contexte de hausse modérée des prix à la consommation et d’amélioration des revenus en milieu rural. En variation annuelle, son volume se serait accru de 4%, au lieu de 3,1% au quatrième trimestre 2016, contribuant pour environ 2,4 points à la croissance globale du PIB, au lieu de 1,8 point un trimestre plus tôt. Cette progression de la consommation domestique aurait été alimentée, entre autres, par un accroissement de 5,2% des crédits à la consommation et aurait profité, en grande partie, aux produits locaux ; l’augmentation des importations de biens finis de consommation n’ayant pas dépassé 2%, à fin février 2017. L’investissement aurait, en revanche, légèrement décéléré par rapport au trimestre précédent, affichant un accroissement de 3%, en variation annuelle, au lieu de +3,3% un trimestre auparavant, contribuant, ainsi, pour près de 0,9 point à la croissance du PIB, au lieu d’un point un trimestre auparavant. Ce ralentissement serait attribuable, particulièrement, au relâchement des investissements publics dû, entre autres, au retard observé dans l’exécution budgétaire du trésor et aux faibles performances qui caractérisent le secteur de la construction. Les dépenses d’investissement du trésor auraient fléchi de 10,7%, à fin février 2017. L‘investissement en produits industriels aurait, en revanche, poursuivi son affermissement, dans le sillage d’une progression de 13,9% des importations de biens d’équipement et d’une amélioration de 6,6% du flux des crédits accordés à l’équipement.
Coté secteur primaire, la valeur ajoutée agricole aurait progressé de 12,9% au premier trimestre 2017, en variation annuelle, au lieu d’une baisse de 9% une année plus tôt. Cette reprise aurait été soutenue par une pluviométrie excédentaire et des températures conformes à la saison, qui auraient favorisé une hausse des superficies semées des cultures précoces et un développement progressif du couvert végétal et des pâturages. Dans l’ensemble, les perspectives de croissance des cultures laissent augurer un sensible redressement de la production végétale qui engagerait de nouveau l’activité agricole dans son sentier de croissance de moyen terme. Le rythme de croissance des activités non-agricoles se serait accéléré au premier trimestre 2017, se situant à 3%, en variation annuelle, au lieu de +2,3% un trimestre auparavant. Contribuant pour près de 1,4 point, au lieu d’un point un trimestre plus tôt, les branches tertiaires auraient continué de soutenir l’activité économique, grâce notamment à la dynamique des activités du commerce et du transport et de la poursuite du redressement des activités touristiques. La valeur ajoutée de cette dernière se serait accrue de 6,7%, en variation annuelle, au lieu de 1,2% une année auparavant. Cette performance aurait été tirée par une hausse de 9,1% des nuitées touristiques. La valeur ajoutée du secteur secondaire se serait améliorée de 2,9% au premier trimestre 2017, en variation annuelle, portée notamment par le dynamisme des activités minières. Tirée par un raffermissement de la demande des industries locales de transformation, la valeur ajoutée minière aurait progressé de 11,8% au premier trimestre 2017, en variation annuelle, au lieu de 5,4% un trimestre plus tôt. Les cours internationaux des fertilisants phosphatés auraient connu un retournement à la hausse en février 2017, en réponse au regain de la demande des pays ayant différé leurs achats en 2016 et à la limitation de l’offre à l’export de la Chine. Cette situation aurait particulièrement profité aux exportations nationales des engrais qui se seraient affermies de plus de 32%, au premier trimestre 2017, en variation annuelle, stimulant une hausse de 13,1% de la production du phosphate brut, au lieu de 6,6% un trimestre auparavant. Les activités d’extraction des autres minerais se serait, également, améliorées quoiqu’à un rythme modéré, portées principalement par le raffermissement des quantités exportées des minerais du zinc (+13%) et du manganèse (+117%), au cours de la même période. Le rythme de croissance des industries manufacturières aurait atteint 2,4%, au premier trimestre 2017, au lieu de 2,8%, au quatrième trimestre 2016. Cette évolution aurait été le fait des performances relativement modestes des industries du « textile et cuir » et des « autres industries ». La branche agroalimentaire aurait enregistré une hausse de 3,4%, consolidant, ainsi, sa reprise amorcée à fin 2016, mais sans pour autant atteindre les rythmes soutenus d’avant 2016. En revanche, la croissance des industries chimiques et para-chimiques serait restée soutenue (+5,1%) et celle des IMME aurait atteint 3,2% en rythme annuel, dans le sillage d’une demande extérieure bien orientée, notamment pour les composants électroniques et l’aéronautique (+8,3% et +6,7%, respectivement, à fin février 2017). Les activités de construction auraient poursuivi leur évolution modérée, au premier trimestre 2017, affichant une hausse de 0,8%, en variation annuelle, au lieu de 2,3%, une année auparavant. Les ventes de ciment auraient poursuivi leur baisse, après s’être repliées de 1,6% le trimestre précédent. Les anticipations des professionnels du secteur, dans le cadre de la dernière enquête de conjoncture du HCP, auraient confirmé cette évolution modérée : les carnets de commandes des entrepreneurs du bâtiment n’auraient pas dépassé leur niveau moyen, entrainant une faible utilisation des facteurs de production et de la main-d’œuvre. Globalement et compte tenu des indicateurs collectés jusqu’à fin février 2017, ainsi que des estimations sectorielles établies pour le premier trimestre 2017, la croissance économique nationale se serait établie à 4,3%, au premier trimestre, au lieu de +1,7%, lors du même trimestre de l’année précédente.

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