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Conseil national du PJD: Regagner la confiance…

Le communiqué final de la session extraordinaire du Conseil national du PJD rendu public dimanche dernier insiste sur deux questions jugées nodales. D’abord, le Conseil national se déclare « préoccupé par les indices négatifs qui pèsent sur le processus démocratique » en faisant valoir « l’affaiblissement des partis et du rôle des instances représentatives ». Il appelle dès lors à une
nouvelle dynamique susceptible de consolider le processus démocratique et d’élargir la participation politique.
Ensuite, en ce qui concerne la tension vécue par Al-Hoceima, le C.N du PJD précise que parmi les « causes profondes » des protestations, il y a « l’intervention dans les opérations électorales et la volonté des électeurs en soulignant que « des illusions ont été vendues aux électeurs ». Cette situation a provoqué une perte de confiance à l’égard des institutions élues et des partis politiques.
Le Conseil préconise une approche globale, ayant une dimension politique pour rétablir la confiance et traiter le problème des détenus, une dimension sociale et économique pour satisfaire les revendications légitimes, et enfin une approche de droits humains basée sur le droit aux protestations pacifiques dans le cadre de la loi. Le Conseil refuse toute atteinte au droit de manifester d’une manière pacifique, et « dénonce avec force » les agressions physiques qui ont touché les forces de l’ordre.
Signé par Saâdeddine El Otmani, le communiqué dénonce la diffusion de la vidéo de Nasser Zefzafi en espérant que cette fuite soit élucidée par l’enquête.

Fortement attendu à ce rendez-vous jugé « historique », Abdelilah Benkirane, secrétaire général du PJD, n’aura pas dérogé à la règle en occupant, plus d’une heure durant, les devants de la scène de la session extraordinaire du conseil national du PJD tenue
samedi 15 juillet. Le leader charismatique que l’on présentait comme réfractaire au deal d’avril qui a permis à son second de piloter les négociations de la majorité, aura joué à l’équilibriste.
Campant la posture de l’homme sage qui veut avant tout l’intérêt du parti, sa continuité, son unité. Tout en se présentant comme la conscience du PJD, le dépositaire de ses valeurs, de ses objectifs et de son histoire. « Je n’ai pas ressenti de la tristesse une seule seconde, ni ma femme. Contrairement à certains frères. Seule ma fille a pleuré. Mais elle a pleuré pour son père, pas pour le
fauteuil » de Chef de gouvernement. Conciliant, il a rappelé aux membres du parlement de son parti que l’actuel Exécutif, dirigé par S.E El Othmani, qu’il s’agissait de « notre gouvernement, c’est nous qui le conduisons. Nous devons le soutenir. Sa réussite sera la nôtre. Il faut regarder vers l’avenir, la crise de confiance doit être dépassée ». Quid de l’émergence des « Ben Arafa » qui menacent le parti d’implosion ? A. Benkirane évoquera, bien sûr, à plusieurs reprises que des accusations de trahison circulent dans les rangs de la direction du PJD. Affirmant aux siens qu’il ne faut pas lancer d’accusations sans preuves. Plus conciliant mais toujours assez bougon, le leader charismatique du PJD a démontré qu’il n’était pas partisan d’une quelconque rupture. « Je ne veux solder mes comptes avec personne », a-t-il lancé. Un message sibyllin qui s’adresse aussi bien aux « siens » qu’aux autres parties qui doivent accepter « la position respectable » dont jouit le parti dans le paysage politique.
En se plaçant dans la case du « diplomate », se ménage-t-il ainsi une place au soleil, comme le revendiquent ses affidés de la jeunesse qui ne voient d’homme providentiel qu’en lui après le prochain congrès ? Difficile d’avancer un quelconque pronostic dans ce cadre-là. Des surprises pourraient bien avoir lieu lors du 8ème Congrès national du parti prévu les 9 et 10 décembre prochains.

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