COP 25: Constat d’échec à Madrid…

Que pourrait-on retenir de la COP25, la conférence climat de l’ONU organisée à Madrid sous la présidence du Chili cette année ? Un zéro pointé. États-Unis, Brésil, Japon, Australie ou encore Arabie saoudite sont mis à l’index pour avoir refusé de prendre des engagements significatifs. Suscitant ainsi de nombreuses réactions.

Même si un texte a été adopté en fin de course, la communauté internationale a «raté une occasion importante d’être à la hauteur de la crise climatique», n’a pas hésité à dire Antonio Guterres.

Pour le secrétaire général de l’ONU, c’est le manque d’ambition qui a fait échouer ce rendez-vous, pourtant tant attendu. Même constat du côté de la présidence de cette COP. «Le monde nous regarde et attend de nous des solutions concrètes plus ambitieuses», estime la ministre chilienne de l’Environnement. Même si Carolina Schmidt a tenu à valoriser l’accord a minima arraché ce dimanche, elle appelle à plus de volonté politique, car les solutions trouvées jusqu’à présent ne sont tout simplement pas suffisantes.

C. Schmidt s’était attiré les foudres de plusieurs ONG qui lui reprochaient de ne pas suffisamment protéger l’accord de Paris, au moment de la COP. Et l’accord trouvé ne leur convient pas.
Au Chili, le sénateur Guido Girardi a déclaré que son pays avait manqué d’autorité et de leadership pour convaincre les grandes puissances.

« Nous sommes parvenus à de grandes avancées mais elles sont insuffisantes face à l’énorme défi qu’est le changement climatique. Nous devons être plus ambitieux », a écrit le président chilien sur Twitter, Sebastian Pinera.

« Le résultat n’est pas proche du tout de ce que nous voulions », a déclaré quant à elle la représentante des îles Marshall, en colère, car son État est particulièrement touché par le dérèglement climatique.

« Au vu de l’urgence climatique et des attentes des citoyens, la France regrette que les gouvernements ne soient pas allés assez loin dans leurs engagements », peut-on lire dans le communiqué du ministère français de la Transition écologique et solidaire.

Le prochain rendez-vous pour tenter de sauver la planète se tiendra en novembre 2020 à Glasgow, en Écosse.
D’ici là « nous n’abandonnerons pas », a lancé sur Twitter la jeune militante suédoise Greta Thunberg. Les militants écologistes ont exprimé leur colère à l’issue de cette COP en déversant du fumier à côté du centre de conférences madrilène.
Lucile Dufour, responsable des négociations internationales au Réseau Action Climat(RAC) est très déçue, mais elle pense qu’on a évité le pire.

La COP25 a échoué à trouver un accord sur les règles des marchés carbone internationaux, dernier volet du manuel d’utilisation de l’Accord de Paris de 2015.
Si pour une grande partie des acteurs de ce rendez-vous cette COP 25 est un échec, le fait de ne pas avoir plié sous les pressions exercées par l’Australie, le Japon, le Brésil, les États-Unis ou encore l’Arabie saoudite a évité un mauvais accord sur les règles des marchés du carbone, comme l’explique Sara Lickel, chargée de plaidoyer sur le climat au Secours Catholique-Caritas France.

Pour Rémi Parmentier, directeur de The Varda Group et coordinateur du secrétariat de l’initiative Because the Ocean, le risque de cet accord trouvé à Madrid est l’article 6 qui règle le système d’échange d’émissions de carbone.

Pour les pays africains, amertume et déception sont au rendez-vous. En première ligne, même s’ils ne représentent que 4% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, ils espéraient des avancées sur la question du financement climat, c’est-à-dire plus de moyens de la part des principaux pollueurs pour les aider à prévenir les effets des changements climatiques qu’ils subissent de plein fouet, mais aussi les conséquences des catastrophes (sécheresses, inondations) qui se multiplient sur le continent.
Ils espéraient notamment que cette COP 25 permette de fixer de nouvelles règles pour ce que l’on appelle le marché des carbones.
Un système d’échange de droit d’émissions de gaz à effets de serre.

Actuellement, une taxe de 2% est prélevée sur une partie de ces échanges pour financer un «fonds d’adaptation» censé permettre aux pays les plus vulnérables de prévenir les effets du changement climatique.
L’Afrique voudrait que cette taxe augmente et soit systématisée. Mais ce dossier a été renvoyé à l’année prochaine.

Autre sujet de déception: la fameuse promesse faite par les pays riches en 2009 de mettre chaque année 100 milliards de dollars sur la table d’ici 2020 pour aider les pays fragilisés par les défis des changements climatiques.
À un an de l’échéance, on reste loin du compte.
Le groupe Afrique réclamait qu’un rapport soit réalisé par les experts climat des Nations unies pour faire l’état des lieux, mais cette proposition n’a pas été adoptée.

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