Corruption en Afrique du Sud: Le départ de Zuma à l’ordre du jour

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Opposition politique, société civile ou simples individus, les Sud-Africains sont choqués par les révélations d’un rapport explosif sur les liens compromettants entre Jacob Zuma et les Gupta, une riche famille d’hommes d’affaires accusée de peser sur les choix du gouvernement. Le chef de l’Etat a tout fait pour bloquer cette publication, finalement survenue sur ordre de la Haute Cour de Pretoria. Depuis, c’est la consternation en Afrique du Sud, après la publication de ce document de 355 pages, listant les contacts, les rencontres, les conversations entre différents membres du gouvernement et la famille Gupta.
On y apprend qu’un député s’est rendu sept fois à la résidence des Gupta avant d’être nommé ministre des Finances, qu’un ministre adjoint s’est vu offrir plus 40 millions d’euros en échange de ses faveurs, et que le président Zuma lui-même a demandé à plusieurs reprises à ses collaborateurs d’aider les Gupta. L’étendue de la mainmise de cette famille sur les affaires du gouvernement est effrayante, et le rapport de la médiatrice demande au parquet et à la police d’enquêter sur de possibles « crimes » de corruption commis au sommet de l’Etat.
A peine la justice ordonnait la publication de ce rapport que l’opposition appelait à la démission du président Zuma. A une centaine de mètres du tribunal, Julius Malema, leader du parti radical, appelait ses troupes à marcher sur le siège du gouvernement. Pour Zwelinzima Vavi, ancien responsable de la Cosatu, la confédération syndicale alliée au gouvernement, ce n’est pas uniquement le chef de l’Etat qui doit tomber, mais également tous ceux qui l’ont soutenu.
Difficile d’imaginer comment le président Zuma va pouvoir s’en sortir avec une marée humaine qui exige désormais son départ. Plusieurs partis d’opposition ont déjà annoncé qu’ils lanceraient une motion de défiance contre le chef de l’Etat dès la semaine prochaine. « C’est une victoire pour la démocratie et pour le pouvoir constitutionnel », témoigne Mmusi Maimane, leader du principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique.
Même le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), est en proie à une grogne. Et il ne serait pas étonnant qu’il se joigne, dans les jours à venir, à une opposition qui réclame la tête de Zuma. Et de tous ceux qui ont trempé dans ses magouilles politico-financières.

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