Corruption en Roumanie: La rue ne décolère pas!

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Les Roumains se mobilisent, notamment à Bucarest, contre la décision de leur gouvernement d’assouplir la législation contre la corruption. En effet, le gouvernement roumain a passé en catimini, dans la nuit du 31 janvier, trois ordonnances d’urgence qui marquent un coup d’arrêt à la campagne anticorruption. Les mesures du gouvernement socialiste limitent drastiquement le pouvoir des procureurs et permettent de gracier 2 500 détenus. Ces dernières années, plus de 1 500 hommes politiques et hauts fonctionnaires se sont retrouvés derrière les barreaux après avoir été condamnés pour corruption. C’est pour contrer ce laxisme que les Roumains ont manifesté à plusieurs reprises contre l’intention du gouvernement de mettre un coup d’arrêt à la campagne anticorruption. Dimanche, plus de 100 000 personnes sont sorties dans la rue pour protester… Avant de réoccuper les principales artères de la capitale mercredi. Selon les médias nationaux, il s’agit des plus importantes manifestations depuis la chute du communisme en 1989. Bravant la colère des Roumains, le gouvernement a continué son offensive : les nouvelles mesures dépénalisent plusieurs infractions. L’abus de pouvoir n’aboutira à une peine de prison qu’à condition d’entraîner un préjudice d’un montant supérieur à 44 000 euros.
La fronde s’amplifie sur les réseaux sociaux et des centaines de milliers de personnes font part sur Internet de leur intention de manifester. « Nous en avons assez de ces voleurs qui nous gouvernent, affirme Catalina Mandea, ingénieur à Bucarest, descendue manifester mardi. Ils nous ont volé le passé. Maintenant, ils veulent nous voler l’avenir. On va les faire tomber. »
Ce décret devrait permettre au président du Parti social-démocrate (PSD), Liviu Dragnea, d’échapper au principal chef d’accusation le visant dans un procès d’emplois fictifs qui s’est ouvert mardi 31 janvier. Dans ce dossier, les procureurs ont estimé le préjudice à 24 000 euros. Le chef des socialistes a déjà à son actif une condamnation pénale qui l’a empêché d’occuper de briguer le poste de Premier ministre. Au printemps 2016, il a été condamné à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale. Le président libéral Klaus Iohannis a dénoncé les dérapages du gouvernement. « Aujourd’hui, c’est une journée de deuil pour l’État de droit, a déclaré le chef de l’État mercredi.

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