Crise de la Samir, les syndicalistes doutent des saoudiens … L’Intérieur impliqué !

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Alors que l’actionnaire Corral propose un plan de sauvetage de dernière minute pour éviter la liquidation, les tractations entre les représentants des salariés et les autorités se poursuivent dans l’objectif de trouver une solution permettant la préservation des droits des salariés mais aussi la sécurité énergétique du pays.

Dans ce cadre, la très attendue réunion entre le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, Charki Draiss, et une délégation du bureau exécutif de la Confédération démocratique du travail (CDT) autour de la crise de la Samir, qui devrait se tenir hier mardi, a finalement été reportée et devrait se tenir demain jeudi à 13h. Et pour cause, l’agenda trop chargé du ministre ou selon d’autres sources « l’attente des échos venant des réunions des ministres des Affaires étrangères des pays du CCG auxquelles devrait prendre part, le Maroc».

Entrant dans le cadre des différentes tractations autour de la crise qui se déroulent par-ci et par-là, cette réunion devrait porter, entre autres, selon une source bien informée, sur tout ce qui a trait à la préservation des droits des salariés ». En d’autres termes, trouver des solutions au volet social. A l’ordre du jour de la réunion, il y a aussi l’examen du plan « B » qui devrait s’appliquer en cas de liquidation judiciaire de la société ». « Nous cherchons à savoir quelle conception a l’Etat pour la sortie de cette crise parce que, finalement, l’Etat devrait trancher dans cette affaire. Il ne peut y avoir de solution sans une décision politique de l’Etat », indique un syndicaliste sous le sceau de l’anonymat.

Les salariés, convaincus de l’impossible continuation avec El Amoudi

A propos des rumeurs selon lesquelles il y aurait des pourparlers avec des investisseurs émiratis pour remplacer l’investisseur saoudien en cas de liquidation, la même source confie que « les syndicats n’interviennent pas sur ce genre de chose et respectent les attributions de tout un chacun ». « Durant ces derniers 7 ou 8 mois, nous avons participé au débat public en ôtant le voile sur toute l’affaire avec un focus sur les différents dysfonctionnements existants et sur les anomalies et défaillances de gestion, etc., mais en aucun nous avons outrepassé nos limites. », affirme une autre source. Et d’ajouter qu’actuellement, c’est autour des décideurs politiques de prendre une décision. Est-ce qu’il est encore attaché à l’industrie du raffinage ? Et s’il voit que le raffinage est un élément essentiel de l’équation au Maroc, il faut bien déterminer avec qui et comment ? (…) Est-ce qu’on va continuer avec les mêmes investisseurs et avec les mêmes conditions ? Ce sont les décideurs qui doivent trancher ». Pour ce qui de notre syndicaliste, il n’a pas manqué de signaler en toute franchise que le personnel est devenu convaincu qu’il n’a pas d’avenir avec l’actuelle direction. « Sur la question avec qui ? Nous disons qu’avec ce système de management actuel, il ne doit pas y avoir de raffinage. « Si l’on se réfère à l’expertise du tribunal de commerce de Casablanca, on verra que la Samir doit passer à la procédure de liquidation puisqu’il s’est avéré qu’elle est incapable d’honorer ses engagements », affirme-t-il.

C’est pour ça que nous ne cessons d’appeler à une amélioration de la gouvernance pour que la raffinerie soit capable de livrer un produit compétitif qui a une véritable valeur ajoutée pour l’économie nationale en général », indique-il. D’autant plus qu’« on ne peut pas rester sans raffinage parce qu’il y va de notre sécurité énergétique », ajoute-t-il.

Pour ce qui est du plan de dernière minute présenté par le Directeur général de la Samir Jamal Ba Amer, lundi dernier devant le Tribunal de commerce, pour détourner la possibilité d’une liquidation et défendant l’option du redressement judiciaire, les syndicalistes sont unanimes à considérer qu’il s’agit bien de promesses chimériques qu’on peut ajouter aux promesses précédentes. Remettant en doute les propos du DG saoudien, un membre du syndicat des industries du pétrole et du gaz rappelle qu’ « il a déjà promis d’apporter 10 milliards, et 6,7 Mrds Dhs avant le 15 novembre dernier, il n’a finalement rien apporté ». Est-ce que la société a perdu ou gagné depuis pour qu’on ramène cette somme de 10 à 4 milliards de dirhams ? S’ils avaient vraiment la volonté de ramener ces sommes, ils auraient pu le faire il y a de ça plusieurs mois. A plus forte raison qu’il y a eu plus de pertes depuis. Il va plus loin en estimant que les 4 milliards proposés ne couvrent même pas les  pertes de 2015 (4,6 Mrds Dhs) ! Rappelons dans ce sens que la dernière proposition émise sur la table des négociations par Al Amoudi consiste en une injection de 4 Mrds Dhs en 2016 sur 3 tranches (1 Mrds Dhs en avril prochain, un autre un mois plus tard et 2 en juin) et 2 milliards de dirhams en 2019. Dans le même sillage, notre source assure que depuis 1997, date de la privatisation, Al Amoudi n’a jamais honoré aucun de ses engagements. Il avait acheté la Raffinerie à 4 milliards et s’était engagé dans le cahier de charge de ramener 3,5 milliards de dollars d’investissement, mais depuis rien de tout cela n’a été fait. Selon lui, l’investisseur principal n’a pas l’intention d’aller vers une solution. « C’est pour cela que nous avons toujours plaidé pour un arrangement politique de la crise. Mais avec qui ? C’est la question qui reste toujours en suspens, conclut-il.

 

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