Crise de la Samir

0 85

Le dossier se perd dans les couloirs du tribunal

Les salariés de Samir deviennent des habitués aux coups de théâtre depuis le déclenchement de la crise. Mais ils ne se laissent pas par l’engagement d’Al Amoudi du mercredi 11 mai devant le tribunal d’injecter 670 millions de dollars en cas d’annulation de la liquidation
« Il s’agit d’un nième vœux pieux, d’une promesse comme ses précédentes », a lâché un syndicaliste en commentant l’engagement, sans lendemain, d’Al Amoudi. « Il faut trancher avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il insisté. Des propos qui rejoignent, dans leur substance, le communiqué élaboré par le front syndical de la Samir dimanche. « Face aux énormes pertes réalisées et potentielles sur l’économie nationale et sur la dynamique commerciale à la ville de Mohammedia et sur les droits des travailleurs et des retraités société Samir, qui font suite à l’arrêt de la production au niveau de la raffinerie depuis août 2015, (…) nous soulignons que la question doit être réglée avant qu’il ne soit trop tard ». Constitué du syndicat des industries du pétrole et du gaz et de trois centrales syndicales (CDT, FDT et UNMT), le front syndical réuni vendredi 13 mai au siège de la CDT à Mohammedia, s’emploie, d’autant plus désespérément que la pression monte de la base, depuis des mois pour la reprise de l’activité de la raffinerie. Une reprise qui s’avère jour après jour difficile au vu des rebondissements constants que connaît le dossier. Dans ce communiqué qui véhicule un désespoir apparent, le front confirme que « la société Samir possède des expertises et un potentiel capable de garantir à la raffinerie de jouer son rôle de premier plan dans l’approvisionnement du marché en des produits dérivés du pétrole à l’ère des fluctuations internationales ». Ce qui ne l’empêche par d’avertir sur les conséquences de l’affrontement entre la partie marocaine et l’investisseur principal. « Nous avertissons du recours à la politique de la terre brûlée et des tentatives de brouillage des cartes entre la société et les autres filiales du groupe ». Sur la même ligne, les syndicalistes viennent de renouveler leur appel à « protéger le droit au travail et à une vie décente pour plus de 6000 salariés et 2.000 retraités ou plus de 30.000 Marocains ». Sur le volet de la préservation des droits des travailleurs, le front appelle, par ailleurs, à « la divulgation des réserves des caisses sociales COS_MPES ».
Convaincu de la nécessité de passer à l’acte, le front syndical revendique « plus de communication, d’implication et de consultation des représentants syndicaux afin d’aider à fournir les conditions nécessaires pour le succès de la période transitoire ».
Cette projection du front vers l’avenir de la raffinerie s’explique par « la fatigue » du mouvement syndical« Nous, on cherche avant tout la préservation des droits des travailleurs. Ça résume bien la logique des travailleurs », dit-il.
«Le dossier se perd dans les couloirs du tribunal qui a décidé « la liquidation avec reprise de la production, le recours à faire appel et la succession des audiences… Il est temps que l’Etat intervienne. Il y avait nationalisation avec le départ des Italiens et il faut qu’il y ait une autre avec le départ des Saoudiens », a-t-il conclu.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus