Crise du Venezuela : Rien ne va plus entre Washington et Moscou ?

La crise au Venezuela suscite une nouvelle passe d’armes diplomatique entre Washington et Moscou. Les États-Unis soutiennent l’opposant Juan Guaido et l’ont reconnu comme président du pays. La Russie, elle, continue de soutenir Nicolas Maduro.

Le 1er mai, les ministres des Affaires étrangères des deux pays, Mike Pompeo et Sergueï Lavrov, ont eu un entretien téléphonique à ce sujet. Entretien révélateur du fossé qui sépare les deux pays autour de ce dossier « explosif ».

Au cours de cet entretien « à l’initiative américaine » précise Moscou, S. Lavrov a notamment dénoncé l’influence « destructrice » des États-Unis au Venezuela. « Cette influence n’a rien à voir avec la démocratie » a ajouté le chef de la diplomatie russe pour lequel « l’ingérence américaine dans les affaires du Venezuela est une violation flagrante du droit international. » A son tour, M Pompeo a de nouveau accusé la Russie de vouloir « déstabiliser » le Venezuela. Pour le chef de la diplomatie US, Moscou doit « mettre fin à son soutien à Nicolas Maduro » et rejoindre « le rang des nations qui souhaitent un avenir meilleur pour le pays, y compris l’écrasante majorité des pays occidentaux. »

Deux visions diamétralement opposées, avec, en filigrane le risque d’une nouvelle dégradation dans les relations entre Moscou et Washington. La Russie n’a pas manqué de pointer du doigt les menaces d’intervention militaires américaines; elles seraient « lourdes de conséquences » a notamment déclaré S. Lavrov au regard de la vive tension qui prévaut au Venezuela.

L’opposant vénézuélien J. Guaido a tenté mercredi de renforcer la pression sur le président N. Maduro lors des manifestations du 1er mai, au lendemain de la tentative de soulèvement ratée d’un groupe de militaires. Les heurts entre forces de l’ordre et partisans de l’opposant ont fait un mort et 27 blessés à Caracas.

Les violentes échauffourées ont commencé en fin de matinée à proximité de la base aérienne La Carlota, dans l’est de Caracas, lorsque les manifestants ont cherché à bloquer l’autoroute qui longe la base. Les contestataires, dont certains avaient le visage masqué, ont commencé à lancer des pierres et des cocktails Molotov en direction de la Garde nationale bolivarienne (GNB), un corps militarisé chargé du maintien de l’ordre, qui a répondu par des tirs de gaz lacrymogène. Les affrontements se sont poursuivis tout au long de la journée de mercredi aux abords de la base. C’est de cette même base de La Carlota que Juan Guaido avait revendiqué la veille le soutien d’un groupe de soldats et appelé à un soulèvement militaire, qui a échoué. Des affrontements ont eu lieu dans d’autres quartiers de Caracas.

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