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Crise libyenne : K. Haftar, l’homme providentiel ?

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En 2019, le maréchal âgé de 77 ans et qui contrôle l’est et une partie du sud du pays avait lancé ses combattants à la conquête de Tripoli (ouest), siège de l’ex-gouvernement d’union reconnu par l’ONU. Ses troupes sont repoussées en juin 2020 par les forces rivales aidées militairement par la Turquie. A l’époque, le militaire se présente comme un « sauveur » de la Libye, taxant ses opposants de « terroristes » ou de « mercenaires ».
Ses rivaux, eux, l’accusent de vouloir instaurer une dictature militaire dans ce pays pétrolier d’Afrique du Nord, en proie au chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi. Son échec à conquérir la capitale est suivi de la signature d’un cessez-le-feu en octobre 2020 et, surtout, de l’installation en mars 2021 sous l’égide de l’ONU d’un gouvernement chargé de mener la transition d’ici des élections législatives et présidentielle prévues le 24 décembre. Lâché par certaines tribus puissantes de la Cyrénaïque (est) qu’il avait ralliées à sa cause et par certains de ses soutiens étrangers, K. Haftar s’était fait discret à mesure que la voie politique prenait le dessus sur l’option militaire. Mais il s’est peu à peu repositionné sur l’échiquier du pouvoir, en jouant cette fois la carte politique, avec en ligne de mire la présidentielle.
Peu loquace mais affectionnant les déclarations fracassantes, comme ce fut le cas en 2014 lorsque, dans un discours télévisé, il annonce la dissolution des institutions existantes et sa prise du pouvoir, avant de disparaître de la circulation durant plusieurs semaines, le maréchal autoproclamé semblait attendre son heure. Lui qui a pu mettre sur pied dans l’Est une force paramilitaire, l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL), rebaptisée plus tard « Forces armées arabes libyennes ».
Bête noire des islamistes, il s’empare en 2017 de la région orientale, et de sa capitale Benghazi, après trois ans d’opérations contre les groupes djihadistes. L’année suivante, il chasse les groupes radicaux de Derna, seule ville qui échappait à son contrôle en Cyrénaïque. En janvier 2019, il lance une opération pour conquérir le sud désertique riche en pétrole et s’empare sans combats de Sebha, chef-lieu du Sud.
Originaire de Cyrénaïque, K. Haftar est sorti de l’ombre au début de la révolte de 2011 à laquelle il a pris part. Quatre décennies plus tôt, ce soldat formé dans l’ancienne Union soviétique, avait adhéré au coup d’Etat militaire de 1969 qui avait renversé la monarchie des Senoussi et porté Kadhafi au pouvoir. Il participe à la guerre tchado-libyenne (1978-1987) mais est fait prisonnier à Ouadi Doum, à la frontière du Tchad. Il est alors lâché par Kadhafi, qui affirme que le général ne fait pas partie de son armée. Les Américains parviennent à le libérer de prison lors d’une opération qui reste aujourd’hui encore une énigme, et lui accordent l’asile politique. Aux Etats-Unis, il rejoint l’opposition libyenne.
Ses rivaux à Tripoli ont tenu à lui rappeler l’épisode tchadien, en donnant le nom de « Ouadi Doum 2 » à leur contre-offensive lancée pour tenter de stopper l’avancée des pro-Haftar.
Après plus de vingt ans d’exil, Khalifa Haftar retourne en mars 2011 à Benghazi. Peu après la chute de Kadhafi tué en octobre 2011, environ 150 officiers et sous-officiers le proclament chef d’état-major, une nomination jamais officialisée.
Selon ses détracteurs, il doit ses succès militaires au soutien, non déclaré, de pays étrangers, comme les Emirats arabes unis, l’Egypte, la Russie ou encore la France.

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