Crise syrienne: Démonstration de force US

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En prévision de la relance des négociations sur la crise syrienne aussi bien à Astana qu’à Genève, un accès de fièvre semble s’être emparé de l’administration Trump qui annonce la réunion des pays de la coalition anti-djihadiste et l’envoi de militaires supplémentaires en Syrie.
Cette démarche qui a pour générique la lutte contre Daech en Irak et en Syrie, confirme si besoin est que les USA n’entendent pas se laisser distancer par la Russie qui a opéré, non sans succès, un retour sur la scène proche-orientale. L’administration américaine a en effet annoncé, jeudi 9 mars, l’envoi de 400 militaires supplémentaires en prévision de l’assaut sur Raqqa, fief des djihadistes de Daech. Une force d’appoint qui vient renforcer les rangs de la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) qui se trouve à proximité du bastion du groupe extrémiste et sur le point d’achever l(solement de Raqqa. Mais la partie n’est pas encore gagnée. Le Pentagone cherche désormais à assurer la chute de cette ville de 300 000 habitants. Washington doit donc envoyer des Marines, un déploiement « temporaire », a précisé un porte-parole militaire US.
Une décision qui intervient alors que l’étau de la coalition internationale se resserre autour de Mossoul, bastion des combattants de l’EI en Irak. Ces derniers sont assiégés dans la partie ouest de Mossoul et, selon un responsable de la Défense américaine, leur chef, Al Baghdadi aurait déjà réussi à fuir la capitale de Ninive. Une fuite qui aurait été favorisée par les Américains présents dans la région, assure des responsables des milices irakiennes qui combattent aux côtés de l’armée irakienne.
Pour clore le chapitre Daech, Washington a également annoncé une réunion ministérielle de 68 pays de la coalition antijihadiste pour le 22 mars. Soit quelques jours avant le redémarrage des pourparlers de Genève sur la crise syrienne pilotés par l’ONU.
Au Pentagone, les responsables restent avares de détails, notamment parce que l’administration Trump, pour l’instant, n’a pas révélé ses intentions en matière de lutte contre l’EI. Le Pentagone a transmis fin février à la Maison Blanche le plan de lutte contre le groupe djihadiste demandé par Donald Trump, mais le président américain n’a pas encore indiqué les options retenues. Selon la presse, le Pentagone a notamment proposé l’envoi de forces spéciales américaines supplémentaires, d’artillerie et d’hélicoptères de combat pour appuyer l’offensive sur Raqqa. Cinq cents soldats américains sont déjà présents dans le nord de la Syrie.
Le problème pour l’administration Trump est que la Turquie, allié clé des États-Unis, s’oppose à ce que la reprise de Raqqa soit confiée aux Forces démocratiques syriennes. Ankara estime en effet que ces FDS ne sont qu’un paravent pour les milices kurdes YPG, qu’elle considère comme une organisation terroriste. De leur côté, les militaires américains estiment que les FDS sont les seules à pouvoir faire tomber rapidement cette ville devenue symbole.
N’empêche, les regards restent braqués sur Moscou où un sommet devrait réunir les Président Poutine et Erdogan. Un sommet qui, certes, a des connotation géo-économiques, mais aussi et surtout, un arrière plan géopolitique des plus prononcés au regard du jeu « trouble » qu’assume la Turquie dans les crises irakienne, comme syrienne. Déjà, Damas avait reconnu la perte de plusieurs soldats syriens appelés à sécuriser les zones vidées par les FDS pour ne pas entrer en conflit ouvert avec les forces turques. L’armée turque a pilonné des régions de Manbij où les forces syriennes s’étaient déployées. Un développement des plus fâcheux aux yeux de Moscou qui avait fermé les yeux sur l’opération turque « Bouclier de l’Euphrate » qui avait permis la prise de la localité Al-Bab. La rencontre au sommet entre turcs et russes réussira-t-elle à dissiper les malentendus entre les deux parties, Moscou étant favorable à ce que la Syrie recouvre sa souveraineté sur tout le territoire syrien ?

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