Crise syrienne : L’épreuve de force entre Moscou et Washington persiste…

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Au moment où la communauté internationale, réunie à New York pour l’Assemblée générale de l’ONU, semble impuissante face à la crise syrienne, États-Unis et Russie continuent à s’écharper sur le raid aérien mené contre un convoi humanitaire.
Mardi 20 septembre, le ton est encore monté entre les États-Unis et la Russie à propos d’un raid meurtrier ayant visé un convoi humanitaire dans la banlieue d’Alep. La Maison Blanche a affirmé qu’elle tenait « le gouvernement russe pour responsable » de ce bombardement, soulignant que seuls Moscou ou le régime syrien pouvaient en être à l’origine, des Sukhoï 24 étant dans le ciel au moment de l’embrasement du convoi. Mais Damas comme Moscou persistent à nier pareille frappe et les Russes sont allés plus loin dans la transparence en dévoilant des images captées par un drone qui imputent l’explosion d’une partie du convoi à la présence d’un véhicule armé aux couleurs d’Al-Nosra qui escortait le convoi.
Rien de plus normal à ce que la diplomatie russe condamne « avec indignation et colère » des allégations « sans fondement et hâtives », faites par des « protecteurs de terroristes et de bandits ». Et appelle à ce qu’une enquête soit diligentée pour établir la vérité sur le drame du convoi humanitaire.
Sur le terrain, les violences ont repris de plus belle au lendemain de l’annonce par l’armée syrienne de la fin du cessez-le-feu, âprement négocié par Washington et Moscou il y une semaine. Ainsi, la trêve, fruit d’un énième accord américano-russe scellé à Genève le 9 septembre, a fait long feu, même si les dirigeants mondiaux réunis à l’ONU ont tenté de se convaincre du contraire et multiplié les déclarations d’intention.
Dans son ultime discours à la tribune des Nations unies, le président américain s’est contenté de promettre de « poursuivre le difficile travail de la diplomatie » sur le conflit syrien. Son homologue français François Hollande, qui comptait à l’été 2013 sur des frappes américano-françaises contre le régime du président Bachar al-Assad, avant que Barack Obama se ravise, s’est exclamé devant l’ONU : « Ça suffit ! ».
Pour le chef de la diplomatie US, « le cessez-le-feu n’est pas mort » devait-il souligner après une réunion du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), rassemblant depuis un an 23 pays et organisations internationales. John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov devraient se revoir cette semaine et le GISS se réunira de nouveau probablement vendredi, ont indiqué des diplomates.
La volonté d’établir une coopération militaire avec les Russes et de classer Fateh el-Cham comme organisation terroriste a accentué les divisions entre département d’État et Pentagone. Les « faucons » du complexe militaro-industriel étant plus circonspects à travailler la main dans la main avec les Russes. Une attitude qui pousse ces derniers à exiger le contenu des accords russo-américains sur la crise syrienne…

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