Croissance modérée pour 2017 selon A. Lahlimi: L’économie du Royaume va mal !

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Le haut commissariat au plan vient de livrer ses résultats et prévisions en terme de croissance pour l’année écoulée et celle en cours. En confirmant la piètre performance de l’économie courant 2016 qui n’a pas pu dépasser le seuil d’un piètre 1.2% de croissance, A. Lahlimi s’est montré moins euphorique que les autres prémonitions relatives à la performance de l’économie nationale en 2017. Selon le HCP, les pluies sont au rendez-vous en cette année, ce qui augure d’une reprise mécanique de la croissance du secteur primaire qui, dans la perspective d’une production des céréales de 70 millions de quintaux et d’une consolidation des réalisations des autres cultures industrielles, de l’élevage et de la pêche maritime, devrait dégager une valeur ajoutée en hausse de 9,7 % au lieu d’une baisse de 9,8% estimée pour 2016. Ce qui porterait sa contribution à 1,2% au PIB prévisionnel de cette année. La valeur ajoutée non agricole, de son côté, s’améliorerait à 2,4% sous l’effet d’une hausse à 2,5% du rythme de croissance du secteur secondaire et de la consolidation à 2,4% du secteur tertiaire confirmant la légère reprise amorcée depuis 2015. Au total, l’économie nationale terminerait l’année 2017 avec une croissance de 3,6% et l’inflation en hausse à 2,1%. Au-delà de cet exercice chiffré, et au regard de la double évolution de la situation économique estimée pour 2016 et celle prévue pour 2017, A. Lahlimi met en exergue la dépendance de l’offre agricole des conditions climatiques et la tendance persistante du ralentissement que manifesterait la croissance de l’ensemble des activités non agricoles, aussi bien celles du secteur secondaire que celles du secteur tertiaire. Une évolution qui reconfirmerait le profil identitaire du modèle national de croissance tiré par la demande intérieure et pénalisé par une demande extérieure structurellement négative. Il s’agit là de l’un des indicateurs phare de la vulnérabilité de notre modèle de croissance qui renvoie à la question de fond que le Maroc devrait résoudre, celle de la faible compétitivité de son tissu productif porteuse de menaces sur la soutenabilité de la croissance et la solvabilité financière du pays. Le pendant de la faible compétitivité du tissu productif se traduisant, en effet, par le fort et croissant contenu en importations de la demande intérieure, aussi bien que de la partie de l’offre nationale qui trouve son chemin à l’exportation : « le seul compartiment industriel des exportations aurait entrainé un volume d’importations en intrants intermédiaires d’un montant global de 25 milliards en 2015, au lieu de 12,7 milliards en 2011 ». Le Haut commissaire est aussi revenu sur la nécessité de la poursuite de l’effort d’investissement qui ne saurait se relâcher, comme cela a été le cas au cours des années 2013 et 2014, sans compromettre la croissance potentielle future. Si aujourd’hui on ne peut que relever le faible rendement de l’investissement, ce serait plutôt dans une meilleure gestion de ses programmes et leur allocation optimale sectorielle et technologique que le pays pourrait puiser les facteurs d’amélioration de la compétitivité du tissu productif national et de la croissance économique.

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