D. Lechgar lance une « commission Sahara » au sein de l’USFP

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Au moment où l’on ne cesse de critiquer l’inefficience de la diplomatie parallèle, l’USFP vient de prendre une initiative qui va sans doute s’ajouter à son actif. En effet, le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachgar, vient de déclarer la création d’une « commission Sahara » qui sera dédiée au suivi des développements de la cause nationale.

Créée lors de la conférence nationale sur « Le Sahara marocain : pour une stratégie d’avenir », qui a été organisée par le groupe socialiste à la Chambre des représentant mercredi dernier, la « Commission Sahara » aura pour mission d’établir une stratégie pour la consécration de l’unité territoriale. Cette commission composée essentiellement des intervenants lors de ladite conférence, à savoir Rkia Derham, Hasna Abouzeid, Abdelhamid Jmahri, Mohamed Lakhssassi, Mohamed Benabdelkader, El Hassane Bouqentar et Moussaoui El Ajlaoui, « approfondira le débat autour de tous les axes abordés lors de la conférence », a indiqué Driss Lachgar. Et ce, « en vue de dessiner les contours d’un plan de lutte, de prendre les décisions appropriées et permettre au parti de continuer à jouer son rôle avant-gardiste dans la défense de la cause nationale », a-t-il poursuivi. Le Premier secrétaire du parti de la rose a tenu à préciser que « partant de ses références, l’USFP assumera ses responsabilités et n’acceptera aucune concession ».
Et parce que ce sont les actes et non les paroles qui font la loyauté à la mère patrie, le membre de cette commission Abdelhamid Jmahri a animé deux jours après une conférence à Mohammedia dédiée aux récents développements de la cause nationale. Avec la participation de l’ancien porte-parole du Palais, Hassan Aourid, du chercheur en histoire Mustapha Bouaziz, du dirigeant du PADS Ali Boutaouala, et du grand leader Ittihadi Mohammed El Yazghi. Ce dernier a affirmé que « le problème du Sahara ne peut avoir de solution hors du cadre de la consécration de la démocratie et des droits de l’Homme au Maroc ». Un processus en arrêt, selon lui, depuis l’arrivée de l’actuel gouvernement conditionné par une interprétation non démocratique de la Constitution. S’adressant directement au Chef du gouvernement, l’éléphant socialiste a mis le doigt sur les « erreurs de département des Affaires étrangères ». Selon l’ancien premier secrétaire de l’USFP, le département de Salahddine Mezouar a commis de graves erreurs dans le traitement de la dernière crise déclenchée suite à la visite du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, aux camps de réfugiés de Tindouf. Il a dans ce cadre considéré que « la lettre qui a été envoyée au secrétaire général Ban Ki-moon devait être envoyée au Conseil de sécurité pour qu’elle soit considérée comme une document officiel ». Tout en rappelant que la tension entre le Maroc et l’Algérie n’est pas profitable aux deux pays frères, M.El Yazghi a appelé à l’exercice de plus de pressions sur les USA. Selon lui, il faut également chercher d’autres appuis, car les rouages de la décision américaine sont multiples. « Il faut chercher de nouveaux appuis car tout le monde, y compris le Maroc, mesure désormais ses relations en fonction de la balance des gains et des pertes ».
Cette rencontre qui a été marquée par un appel à la création d’une commission maghrébine de sages pour la résolution du conflit, a connu également l’intervention de l’un des fondateurs du Polisario ; Bachir Dkhil. Tout comme El Yazghi, celui-ci considère « l’affaire du Sahara n’est pas un problème, c’est plutôt la manifestation d’un problème ». B. Dkhil qui s’exprimait lors d’une rencontre dédiée aux récents développements de la cause nationale organisée en fin de semaine à Mohammedia a appelé les différentes parties prenantes à proposer de nouvelles approches pour la résolution du problème.
Tout en refusant le terme « rapatriés », le co-fondateur du Polisario a précisé qu’ « il y a pas moins de 12.000 sahraouis qui ont rejoint la mère patrie et parmi eux existent des leaders et dirigeants ». Ce qui veut dire que les rapport de forces ont changé et qu’il est de plus en plus facile d’accéder à la troisième voie ». Selon cet ancien « séparatiste » qui, depuis sa rentrée au Maroc en 1992, insiste et réitère que la « solution du conflit est entre les mains du Maroc, à savoir la démocratie », « les sahraouis ont bien compris que le Maroc est miséricordieux, mais il faut réconcilier la patrie avec tous ses fils ». « Il est inadmissible que nous, qui avons laissé tomber notre projet, ne soyons pas associés au projet existant », s’est-il insurgé avant d’insister sur le fait que « l’idée de la séparation a été alimentée par les leaders et que les peuples cherchent avant tout la dignité ». « Je ne crois pas en le statut de l’autodétermination mais en la citoyenneté ». Ce fervent critique de la politique menée par l’Etat dans les territoires du sud n’a pas manqué de louer la position du Maroc qui va participer à un congrès pour le soutien des séquestrés de Tindouf. Le co-fondateur du front a souligné le fait que « la citoyenneté et rien que la citoyenneté doit être la base de toutes nos relations en tant que Marocains ».

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