Daech perd Syrte : Opérations de nettoyage en cours…

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Soumis à un pressing militaire depuis quelques mois, les terroristes du groupe Etat islamique (EI) ont perdu Syrte, leur fief en Libye, indiquent des sources officielles libyennes. La «victoire» à Syrte a été proclamée par le gouvernement libyen d’union nationale (GNA). «Nos forces ont repris le contrôle total de Syrte», a indiqué Reda Issa, porte-parole de l’opération militaire, soulignant «un effondrement total» des djihadistes. Il y a lieu de rappeler que le GNA a annoncé le 12 mai dernier le début de la bataille de Syrte, située sur les bords de la Méditerranée, à 450 km à l’est de Tripoli. Opérations militaires qui n’ont pas réussi à boucler la localité, ce qui a permis à des groupes de djihadistes de fuir vers le désert. Durant les premières semaines de combats, les forces loyales ont repris la majeure partie de cette cité conquise en juin 2015 par l’EI, qui cherche à s’implanter en Libye pour étendre son influence en Afrique du Nord. Mais la bataille s’est enlisée en raison, entre autres, de la prudence adoptée par les forces proches du GNA pour éviter de nouvelles pertes et protéger les civils pris au piège dans la ville. Les djihadistes étaient ces derniers mois acculés dans le quartier Al Giza Al Bahriya. «Le retard de l’assaut final est dû (…) principalement au fait qu’il s’agit de combats de rues très violents» et «le groupe EI reste déterminé à défendre ses positions jusqu’aux derniers mètres carrés», a observé R. Issa le mois dernier. Pour lui, le plus important pour les forces loyales au GNA est de préserver la vie des combattants «mais également les civils» que l’EI «utilise comme boucliers humains. Il nous faut donc avancer lentement et par à-coups».
Selon des observateurs, la défaite de Daech à Syrte serait de nature à renforcer le GNA qui éprouve, depuis son installation fin mars à Tripoli, les pires difficultés à asseoir son autorité dans un pays dévasté par les conflits depuis la chute de Kadhafi en 2011. Paralysé qu’il est par les luttes tribales et par la position inchangée du Maréchal Haftar qui ne lui reconnaît aucune légitimité, comme le parlement de Tobrouk.
En tout cas, les Etats-Unis qui ont bombardé pour la première fois l’EI en Libye le 13 novembre 2015, tuant l’Irakien Abou Nabil, présenté comme le chef du groupe dans le pays, soutiennent le GNA. En février dernier, des avions américains ont lancé des raids sur un camp d’entraînement de l’EI à Sabrata, à 70 km à l’ouest de Tripoli, faisant une cinquantaine de morts. Un effort qui est soutenu également par la machine guerrière de la France…
En perdant Syrte, l’EI est freiné dans ses ambitions d’expansion hors de Syrie et d’Irak, mais les djihadistes sont susceptibles de rester actifs en continuant à profiter du vide du pouvoir en Libye. Les luttes entre factions et milices lui ont laissé le champ libre pour s’implanter d’abord dans l’Est, puis sur le littoral. Le nombre de djihadistes de l’EI encore en Libye est inconnu. Des responsables américains et français estimaient il y a quelques mois qu’ils étaient de 5000 à 7000. Mais selon un porte-parole des forces loyalistes, ils ne dépassaient pas le millier lors de l’offensive sur Syrte lancée à la mi-mai. La communauté internationale espère que la reprise de Syrte renforcera la position du GNA, installé à Tripoli depuis le printemps mais toujours en quête de légitimité.

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