Daech s’enracine en Libye: Endiguer la dérive

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Dès la première semaine de sa prise officielle de fonction, le nouvel envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU et chef de la Mission d’Appui des Nations unies en Libye (MANUL), Martin Kobler, s’est empressé de consacrer sa première visite en Libye. Un déplacement de première importance à l’heure où des informations font état du renforcement des rangs de Daech dans le pays par l’arrivée de nombre de djihadistes qui ont fui la Syrie où l’armée déroule son rouleau compresseur sur plusieurs fronts en bénéficiant de la couverture aérienne russe. Parallèlement à la mission de M. Kobler, Rabat a adressé une invitation au candidat désigné à la présidence du gouvernement de réconciliation nationale, Faez al-Sarraj, pour effectuer une visite officielle au Maroc, destinée à débattre de la coopération et du soutien au prochain cabinet en Libye. Le Maroc qui s’est impliqué dans la dynamique de normalisation en Libye, notamment via les multiples rounds de négociations à Skhirat, ne perd pas espoir de voir les parties en conflit en Libye dépasser les blocages qui ont conduit à l’impasse du processus de paix. Force est de rappeler que le dernier projet d’accord politique, présenté en juin dernier, à Skhirat, par Bernardino Leon, ex-envoyé spécial des Nations unies pour la Libye, avait suscité des réactions contradictoires chez les principaux acteurs politiques, à rebours du consensus recherché. Aux délégations représentant les deux camps rivaux, celui de Tobrouk-Baïda (Est) et celui de Tripoli (Ouest), B. Leon avait proposé une formule de gouvernement d’union nationale visant à mettre un terme à la guerre civile. Proposition déclinée par le Parlement basé à Tobrouk, rassemblant libéraux, anti-islamistes et ex-kadhafistes, en exprimant sa déception à l’égard de la quatrième mouture dont elle estime qu’elle ne fait pas justice à sa légitimité d’Assemblée reconnue par la communauté internationale. Contrairement à ses rivaux de Tripoli du Congrès général national (CGN), coalition islamiste.
M. Kobler réussira-t-il à endiguer la dérive de ce pays, là où B. Leon avait échoué ?

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