Daech signe un massacre à Ghor : L’Afghanistan gangréné par le djiihadisme

0 92
Daech vient de signer un nouveau carnage en Afghanistan en tuant, mardi dernier, au moins 30 villageois, dont des enfants. Selon des responsables locaux, le crime est imputé aux insurgés se revendiquant du groupe État islamique (EI) dans le centre de l’Afghanistan, faisant craindre l’apparition de combattants de Daech au-delà de ses bases originelles dans l’est du pays. Jusqu’à présent, l’EI avait revendiqué deux attaques spectaculaires contre la communauté chiite dans Kaboul – en juillet, 85 morts et plus de 400 blessés, et le 10 octobre, 18 morts et 50 blessés – mais semblait principalement cantonné à quelques districts de la province du Nangarhar (est). Selon le gouverneur de la province de Ghor, territoire isolé situé dans le centre du pays, à mi-chemin de Kaboul et de la grande ville de Herat, « Daech a tué environ 30 civils, dont des enfants, qu’ils avaient pris en otages », des villageois, pour la plupart des bergers.
Cette tuerie s’est produite en représailles à la mort d’un commandant de l’EI, a indiqué mercredi le gouverneur Nazir Khazeh. « Les forces de sécurité, avec l’aide des villageois, avaient mené une opération au cours de laquelle un commandant nommé Farouk a été tué. En retour, les combattants de Daech ont enlevé une trentaine de villageois, la plupart des bergers. Leurs corps ont été découverts par des gens de la région ce matin », a-t-il raconté. Selon un porte-parole de la province, Abdul Hai Khatebi, « les villageois voulaient empêcher les combattants de Daech de voler leur bétail quand le commandant Farouk a été tué ». Le porte-parole a également rapporté que les corps, découverts par des gens du pays mercredi matin, étaient « criblés de balles ». Les talibans ont rapidement pris leurs distances avec cette tuerie ciblant des civils : « Nous n’avons rien à voir dans l’incident de Ghor. Nous sommes en train d’enquêter », a indiqué leur porte-parole Zabuihullah Mujahid. Un membre du conseil provincial, Abdul Hamid Nateqi, a précisé que deux membres des forces de sécurité ont été tués dans l’opération et a confirmé que la prise d’otages avait eu lieu « pour venger la mort du commandant » de l’EI.
Après le carnage perpétré contre une marche pacifique de la minorité chiite hazara le 23 juillet dans Kaboul, les forces américaines de l’opération Resolute Support sous mandat de l’Otan, ont multiplié les frappes aériennes contre les positions de l’EI dans l’est. Selon leur porte-parole, le général Charles Cleveland, ils sont dorénavant contenus dans trois districts de la province du Nangarhar, et estimés à « 1 000 combattants » environ contre 3 000 en janvier. Mais, dimanche, le général John Nicholson, patron de RS, a indiqué : « En dépit du nombre élevé de victimes que nous leur avons infligé avec nos partenaires afghans, ils (les combattants de l’EI) semblent très déterminés à établir un califat du Khorasan » en Afghanistan.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus