Daech : la stratégie du mercure

Saint-Etienne du Rouvray, petite ville paisible, a été happée dans le maelström terroriste de Daech en ce mardi 26 juillet au matin. Deux forcenés armés de couteaux ont pris en otages le prêtre, deux sœurs et plusieurs fidèles dans l’église de la rue Gambetta de Saint-Etienne du Rouvray, à proximité de Rouen, avant d’être abattus par les forces de l’ordre. Le prêtre, âgé de plus de 80 ans, a été égorgé alors qu’un autre fidèle, grièvement blessé, voit son pronostic vital engagé. Le Président F. Hollande n’a pas hésité à faire le déplacement dans cette bourgade pour apporter un soutien moral à la population traumatisée par une attaque traitresse inattendue. Un des assaillants, déjà fiché par les services de sécurité français, portait un bracelet de surveillance. Il a été tenté de rejoindre la Syrie à deux reprises avant d’être refoulé depuis la Turquie. Les enquêteurs ont procédé à l’arrestation d’une autre personne et l’ont placée en garde à vue. Il y a lieu de souligner que le groupe terroriste Daech a tôt fait de revendiquer l’attentat, évoquant une attaque menée par ses « soldats ». Une attaque qui intervient une semaine après le massacre barbare qui avait affecté Nice lorsqu’un camion conduit par un forcené avait foncé sur la foule qui fêtait le 14 juillet le long de la Promenade des Anglais. Le Vatican a condamné l’acte barbare qui vient de frapper, une nouvelle fois, la France. Le choix d’une Eglise comme objectif pour les terroristes de Daech confirme si besoin est que la nébuleuse ne se fixe plus de limites. Ce qui rappelle les forfaits inhumains déjà commis en Irak comme en Syrie. Pour les partisans de la barbarie, tout est permis du moment que la stratégie du « choc et de l’effroi » est ainsi dupliquée, avec les moyens de bord.
L’extension des attaques de Daech dans plusieurs pays européens, l’Allemagne ayant fait les frais d’attaques aussi barbares que ciblées, témoigne de la volonté de cette organisation terroriste de mieux s’affirmer comme facteur éminemment déstabilisateur. Si son expansion en Irak et en Syrie est aujourd’hui entrain de s’étioler, rien ne l’empêche de réveiller ses cellules dormantes ailleurs. Une stratégie qui rappelle, à bien des égards, celle du mercure qui, même en subissant l’éclatement, finit par s’amalgamer.

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