Daech en voie de perdre Mossoul:  Serait-ce la fin du califat barbare ?

0 84
En annonçant lundi l’offensive contre Mossoul, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi entend priver l’organisation terroriste Daech du bastion de son Califat d’où Abou Bakr Al-Baghdadi avait autoproclamé la naissance de « l’Etat Islamique ». La deuxième ville irakienne était tombée aux mains du groupe djihadiste en juin 2014. Pas moins de 60.000 hommes sont engagés par Bagdad et ses alliés dans une bataille destinée d’abord à laver un terrible affront. Du côté irakien, mais aussi américain, sa chute avait été vécue comme une sévère humiliation. Entraînés et équipés par les Etats-Unis, les 20 000 soldats de l’armée irakienne présents dans Mossoul avaient fui en laissant armes et bagages devant quelque 1500 djihadistes. Ensuite, via cette reconquête, l’Irak entend capitaliser sur ses précédents succès à Tikrit, Ramadi et Fallouja pour annoncer la fin de l’équipée Daechienne en Irak. Et last but not least, et c’est ce que confirme le bombardement par l’aviation irakienne d’un convoi de 30 véhicules qui tentait de quitter Mossoul, priver Daech de toute capacité de redéploiement sur le flanc syrien au niveaux de Raqqa et de Deir Ez-Zor. Mais l’affaire ne semble pas pliée d’avance d’autant que des informations avaient laissé croire en une entente tacite, intervenue entre Washington et Riyad, pour épargner une parti des combattants de Daech appelés à se replier en territoire syrien.
Pour déloger les combattants de l’EI, estimés entre 3 à 5000 éléments, c’est l’armée irakienne (20 à 30 000 hommes) qui devrait servir d’aiguillon, dont plusieurs milliers de soldats des forces spéciales du contre-terrorisme. C’est elle qui devrait entrer dans la ville, à partir du sud. Au sud, également se tiennent les milices chiites qui vont contribuer à l’encerclement de cette ville sunnite, mais ne devraient pas pénétrer en son coeur. Parallèlement, « plusieurs dizaines de milliers de Peshmergas kurdes sont passés à l’offensive sur un arc qui va du sud-est au nord-ouest… Dans cette bataille, un rôle mineur pourrait être laissé aux 1500 à 2000 combattants sunnites réunis autour d’Atheel el-Noujaifi, l’ancien gouverneur de la province de Ninive dont Mossoul est la capitale. Ce groupe soutenu par la Turquie se positionne au nord. L’ensemble de ces forces au sol est appuyé par l’aviation de la coalition internationale qui compte aussi 7000 forces spéciales et conseillers militaires dont 5000 Américains.
Déjà, la Turquie qui a envoyé des émissaires à Bagdad pour pouvoir intégrer par la grande porte la coalition internationale contre Daech a été rabrouée. Ce qui a poussé Ankara à pousser des renforts de chars et de blindés le long de la frontière avec l’Irak. La tension reste vive… même si le souci majeur pour Bagdad est d’abord le ciblage de Daech. Cette organisation terroriste ayant fait preuve d’une grande capacité à exploiter tous les signes de faiblesse d’un Etat en un atout pour son incrustation sur le terrain.
Au vu de la puissance de feu engagée contre Daech, la capitale de Daech finira par tomber. Mais est-ce pour autant la fin du califat ? L’affaire dépasse, à n’en point douter, le seul succès militaire…

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus