Damas met dos-à-dos Israël, Daech, Turquie et USA

Le ministère syrien des Affaires étrangères a estimé que l’augmentation des attaques de missiles israéliennes contre la Syrie, de concert avec les attaques terroristes contre les convois civils dans la Badia syrienne, sont la preuve d’une coordination entre Israël, la Turquie, les États-Unis et les organisations terroristes.

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Damas met dos-à-dos Israël, Daech, Turquie et USA

Depuis le mois d’avril dernier, Daech a multiplié ses attaques  dans le désert de la badia syrienne , aussi bien contre des convois militaires que les convois de pétrole et blé en provenance de l’Est syrien et de Hassaké.

Dans une lettre adressée à la fois au Secrétaire général des Nations Unies et au Président du Conseil de sécurité des Nations Unies, la diplomatie syrienne a indiqué que les tirs de missiles israéliens en provenance du Golan syrien occupé vers les régions du sud visent à réaliser les objectifs du terrorisme israélien et takfiriste communs.

Le ministère des AE a ajouté que « la Syrie appelle une fois de plus le Conseil de sécurité à assumer ses responsabilités dans le cadre de la Charte des Nations Unies, dont la plus importante est le maintien de la paix et de la sécurité internationales ». Tout en rappelant que « le début de l’année 2021 constitue une nouvelle occasion pour prendre des mesures fermes et immédiates afin d’empêcher la répétition des attaques terroristes israéliennes et d’obliger Israël à respecter ses décisions relatives à l’Accord de séparation des forces et à lui demander des comptes sur son terrorisme et ses crimes ».

Mercredi dernier, les défenses aériennes syriennes ont affronté des missiles israéliens au sud de la capitale Damas. Quelques jours plus tôt, l’armée israélienne a tiré des missiles depuis le nord de la ville libanaise de Tripoli vers la région syrienne de Masyaf.

Daech re-pointe son nez

Daech est de retour en Syrie et plus précisément dans le désert syrien connu sous le nom de la Badia syrienne, sous l’œil bienveillant des Etats-Unis.

Les attaques perpétrées par cette organisation terroriste wahhabite ont connu une nette recrudescence depuis mars-avril 2020. Lorsque selon al-Jazeera, 27 soldats syriens avaient péri dans une attaque perpétrée contre la ville al-Sakhnat, située au centre de la Syrie et contrôlée par Damas. L’attaque la plus sanglante a eu lieu le 31 décembre dernier : Daech ayant attaqué trois bus sur la route menant de Deir Ezzor à Tadmor (Palmyre), tuant 25 militaires et blessant 13 autres.

Entre les deux dates, des dizaines d’attaques et d’accrochages avaient eu lieu entre des militaires syriens et des terroristes daechistes. En novembre 2020, Daech avait même attaqué une installation de l’armée russe, rapporte le site d’information aux capitaux qataris al-Quds al-Arabi.

Un ancien chef de Daech ayant fait défection et se trouvant dans le nord syrien a confié pour al-Quds al-Arabi que l’organisation avait préparé des cachettes d’avance avant la chute de Raqqa. Elle a divisé la badia en plusieurs secteurs et y a fourni tous les moyens de subsistance dans le désert. « Les cellules de Daech suivent un régime très délicat de déplacement nuptial et ses membres vivent dans les collines et certaines régions et se déguisent parfois en bergers de moutons dans la badiat syrienne », a indiqué une source citée par al-Quds al-Arabi.

Les propos de ce dissident de Daech laissent supposer que les daechistes sont restés cachés dans cette zone depuis le printemps 2017, date à laquelle ils avaient été éradiqués par l’armée syrienne avec l’aide de ses alliés et l’aviation russe.

Or le timing du lancement de leurs attaques contre les forces régulières et leurs alliés semble curieusement servir l’agenda des Américains en Syrie. Leur concordance après la promulgation du Caesar Act, la loi américaine qui impose des sanctions contre la Syrie et obstrue les efforts de sa reconstruction.

En plus du fait que cette milice a augmenté ses attaques et élargi son champ d’action, elle menace surtout les routes qui relient l’est syrien à  son centre, puis aux autres régions , dont celles qui acheminent le pétrole et le blé. Certaines attaques ont visé les citernes de pétrole acheminés sur la route Athriya-Khanacer, depuis l’est syrien occupé par la milice à majorité kurde des Forces démocratiques syriennes à destination d’Alep. D’autres ont  confisqué  les convois transportant le blé en provenance de Hassaké.  Ces attaques sont également menées dans cette zone qui constitue le prolongement terrestre avec l’Irak. Une zone à laquelle veillent les forces de l’Axe de la résistance.

L’une des attaques de Daech a visé le champ de phosphate al-Sawaneh, exploitée par la Russie, selon al-Quds al-Arabi, et protégée par la société sécuritaire russe Wagner. Ce qui menace l’approvisionnement des trois usines d’engrais, situées sur le lac Qatinat à l’ouest de Homs, avant leur acheminement vers le port de Tartous à l’ouest de la Syrie pour l’exportation.

A noter que la badia syrienne qui est riche en ressources pétrolières, gazières et en phosphate, occupe  une grande superficie qui requiert une grande importance stratégique : elle s’étend depuis les frontières de la province centrale de Hama, en passant par Homs, jusqu’à Deir Ezzor et Raqqa à l’est, puis les provinces de Damas et de Souweïda au sud jusqu’aux frontières avec l’Irak et la Jordanie, où se trouve la base américaine al-Tanf.

Selon al-Alam, ce sont les Américains de cette base qui en voulant étendre leur contrôle en dehors de 55 km qu’ils occupent sur le triangle entre la Syrie, la Jordanie et l’Irak fournissent le soutien logistique aux daechistes. Comme dans l’est syrien, la présence de Daech  leur servira de prétexte.

Cette région est depuis quelques mois devenue le théâtre de la nouvelle bataille que livrent l’armée syrienne, et ses alliés russes et iraniens aux Etats-Unis, par Daech interposé.

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