DANGER SUR LA MARE NOSTRUM : LA MÉDITERRANÉE NÉCROSÉE !

Outre les guerres qui ravagent ses rives, et les tragédies de l’immigration clandestine qui alimentent le quotidien de la Mare nostrum, c’est la pollution qui la menace d’un désastre écologique. Depuis des décennies Associations, ONG et autres organismes de recherches tirent la sonnette d’alarme..

Dans les années 70, le commandant Cousteau dans une formule passée à la postérité déclarait que « Si Aphrodite sortait des eaux aujourd’hui, elle aurait des furoncles sur les fesses ». En effet, des rives Nord, charriés par les sédiments du Rhône, du Pau ou de l’Ebre, ce sont les métaux lourds comme le zinc le cuivre et le chrome qui continuent de se déverser dans les eaux « claires de la Méditerranée ». Elles vont à la rencontre des phosphates et nitrates déversés cette fois-ci par la rive sud de la Méditerranée.
Cette fois-ci c’est une autre forme de pollution sournoise mais ô combien préoccupante tellement ses conséquences sont catastrophiques. Il s’agit de l’effrayante concentration des déchets plastiques qui se retrouvent dans une mer quasi fermée. Quelles conséquences ont ces millions de tonnes de polymères sur l’écosystème méditerranéen ?
Plancton en péril
Récemment, l’Expédition MED a rendu public ses constations après 7 mois de navigation dans les eaux méditerranéennes. Il ne s’agit plus de quelques prélèvements ici et là mais d’une véritable étude grandeur nature avec pas mois de 16 000 kilomètres parcourus en mer en 7 mois et22 escales dans 11 pays riverains (voir carte).
L’expédition MED estime que ce ne sont pas moins de 250 milliards de micro plastiques flottants qui gangrènent les eaux de la méditerranée. S’ils ne représentent que 10 % des déchets ménagers, ce sont 80 % des débris retrouvés. Les plus dangereux sont les micros fragments qui naviguent dans les 15 cm de la couche à la surface de l’eau. 90 % de ces déchets ne proviennent pas de plaisanciers irrespectueux mais de la terre, des rivières polluées qui viennent se jeter dans la mer et les océans. Parce que La matière plastique ne se décompose pas, elle se fragmente en milliards de microparticules transportées par les courants.
A chaque filet lancé à la mer par l’Expédition MED, des déchets sont récupérés. On est loin des clichés selon lesquels les pays du Sud pauvres et aux populations moins éduquées sont la cause de ce mal puisque c’est au large de Savone, sur les côtes italiennes que la concentration est la plus effrayante : Ce sont pas moins de 300 000 particules au kilomètre carré qui ont été prélevées. Dans le Golf de Gènes, la part du plancton, élément nutritif indispensable dans la sauvegarde et la pérennité de la biodiversité marine, est à égalité avec les micros plastiques. Outre la pollution, le réel danger concerne la chaine alimentaire. Poissons, tortues et crustacés consomment ces bouts de plastique qu’ils confondent avec du plancton .Coupants,ces derniers causent des dégâts irréversibles à la ressource halieutique. Les occlusions intestinales causent des ravages aussi bien chez les fruits de mer que les poissons. Bombes chimiques
D’un point de vue économique, si rien n’est entrepris, les poissons et autres fruits de mer vont se raréfier et par conséquent devenir plus cher. Les centaines de milliers de familles qui vivent directement des produits de la pêche vont voir leur situation se fragiliser, les condamnant à terme à rejoindre les cohortes des populations déshéritées qui s’entassent dans les bidonvilles. Des pans entiers de l’économie liés à la pêche sont condamnés de la même manière.
Pour ce qui est de la santé, autre domaine tout aussi préoccupant, les scientifiques ont prouvé que la matière plastique augmente les facteurs de pollution. C’est tout simplement des « bombes chimiques à retardement ». Le plastique dans l’eau est le support idéal pour accueillir des pesticides, des fongicides et autres polluants organiques que l’on trouve dans les faunes microbiennes : champignons, bactéries, parasites. L’ensemble de ces polluants se fixent dans les tissus et sont in fine transmis au consommateur. Désert liquide
Le bleu azur des eaux de la Méditerranée risque de virer si les pays riverains continuent de pratiquer la même politique vis à vis de ce bien commun. Soucieuse de sa sécurité et de l’étanchéité de ses frontières, en priorité, l’Union européenne mène une politique schizophrène et égoïste à la fois. Quant aux pays de la rive sud, leur prise de conscience est tout aussi navrante. Si l’instabilité politique et, ou le manque de moyens peuvent expliquer leur manque de politique responsable, cela ne peut les disculper. La communication sans lendemain doit laisser la place à une véritable politique de concertation entre les pays riverains pour garantir les mêmes droits et devoirs pour tous. L’heure et grave ! Surtout lorsqu’on sait que la Mare Nostrum peut basculer vers une mer sans vie. Un désert bleu…

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