Dans le Royaume aussi, la santé tue les siens

Les ondes de choc générées par le séisme sanitaire que représente le nouveau coronavirus n’en finissent pas de se ressentir un peu partout dans le monde. Si on oublie que le premier médecin chinois qui avait sonné l’alerte depuis la déclaration de la Covid-19 a fini par être terrassé par la pandémie, sous nos cieux, la mort de médecins traitants soulève nombre de questions pour le moins gênantes. Surtout que le Royaume ne peut pas se faire prévaloir de la présence d’une armée pléthorique de blouses blanches sur son sol. 

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Dans le Royaume aussi, la santé tue les siens

Tout récemment, on apprend que deux médecins ont  succombé à la Covid-19 à même le CHU de Casablanca alors qu’ils n’étaient pas en service commandé, mais arrivés en renfort pour aider, bénévolement, leurs confrères qui tirent la langue face au poids de la pandémie. Autant dire que même les praticiens les plus chevronnés, c’est-à-dire ceux qui prennent les précautions nécessaires pour rester à l’abri d’une épidémie qu’ils savent mortelle,  ont fini par être cueillis par l’ange de la mort. Ni les soins intensifs, ni les barrières érigés dans les services de réanimation ne leur ont été d’un quelconque secours. 

On peut verser dans le fatalisme et convenir que la mort ne recule devant rien pour soustraire la vie même aux être les plus chers. Mais là où le bât blesse, c’est que c’est la santé qui a TUE les deux médecins. Leurs confrères peuvent témoigner non pas des mauvais moments passés à être en proie à l’asphyxie, mais des facteurs encourageants qui ont fait que le virus aie pu les attaquer : vulnérables, les médecins défunts l’étaient faute de combinaisons capables de les isoler contre la Covid-19. 

Autant dire que c’est le déficit en moyens matériels qui a précipité la perte, au CHU de Casablanca, de deux nobles âmes. Bien entendu, ils n’ont pas été les seuls à avoir lutté jusqu’au dernier râle contre la progression de la pandémie dans le Royaume. Infirmiers, aides-soignants et bien d’autres médecins engagés dans le feu de l’action n’ont pas pu voir venir leur fin. A tous ceux-là, le pays leur doit la reconnaissance. Et à ceux qui persistent à lutter contre le coronavirus, ils méritent de leurs compatriotes la plus grande considération. 

Il est désolant que l’actuel ministre de la Santé s’adonne aux petits calculs d’épicier pour distribuer des « primes » au personnel soignant. Celui-ci a plus besoin de moyens d’action que de quelques milliers de dirhams dont ils ne sont même par certains de pouvoir en profiter. A la guerre comme à la guerre. Khalid Aït Taleb qui n’ignore rien, es qualité de praticien, des limites du service public qu’est la Santé, doit plutôt s’évertuer à faire parvenir au pays ce dont il a besoin en matériel susceptible de contribuer à endiguer la pandémie. Tous les leviers de la coopération internationale doivent être actionnés pour ce faire. Au même titre que la veille pour que les industries naissantes dans le secteur de la santé ne soient pas découragées en cours de chemin. 

En attendant d’y voir clair, le pays compte ses morts. Parmi lesquels figurent aussi les travailleurs de la santé sacrifiés sur l’autel de l’indigence. Dommage ! 

PS : Par les temps « covidiens » qui courent, le personnel soignant a payé un très lourd tribut un peu partout dans le monde. Médecins et infirmiers, dont le courage est sans pareille face à la létalité confirmée de la pandémie, n’ont pas été épargnés. De la Russie, aux USA, et de la Chine au Maroc, ces soldats en blouses blanches ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour que leurs coreligionnaires puissent vivre. A tous ceux qui sont tombés dans le champ de bataille contre la Covid-19 et à tous ceux qui continuent à mener une haute lutte contre la pandémie, chapeau bien bas, mesdames et messieurs !

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