La banque mondiale prévoit une contraction de 4% du PIB marocain 

Les temps sont durs et l’avenir est encore plus incertain avec la récession globale des économies de la planète affirmée dans les dernières prévisions de la Banque mondiale actualisées sous le spectre de la crise du Covid-19. Selon ces nouvelles prévisions, le PIB mondial diminuera de 5,2 % cette année plongeant ainsi des millions de personnes dans l’extrême pauvreté du fait de la baisse de 3,6% du revenu par habitant autour du globe.  

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La banque mondiale prévoit une contraction de 4% du PIB marocain 

Le choc massif et brutal produit par la pandémie de coronavirus et par les mesures d’arrêt de l’activité prises pour l’enrayer plonge l’économie mondiale dans une grave récession. Selon les prévisions de l’édition semestrielle des Perspectives économiques mondiales de la Banque mondiale, le PIB de la planète diminuera de 5,2 % cette année, ce qui représente la plus forte récession planétaire depuis la Seconde Guerre mondiale, indique l’institution de Bretton Woods, ajoutant que pour la première fois depuis 1870, un nombre sans précédent de pays vont enregistrer une baisse de leur production par habitant. 

« Ces perspectives sont d’autant plus alarmantes que la crise risque de laisser des séquelles durables et de donner lieu à des difficultés planétaires majeures », souligne Ceyla Pazarbasioglu, vice-présidente du Groupe de la Banque mondiale pour le pôle Croissance équitable, finance et institutions. Selon le scénario de base, l’activité économique dans les économies avancées devrait décliner de 7 % en 2020, sous l’effet des graves perturbations qui ont frappé l’offre et la demande intérieures, ainsi que les échanges et la finance. 

Aux États-Unis, la contraction de l’économie devrait atteindre 6,1% cette année, du fait des perturbations liées aux mesures de lutte contre la pandémie. La baisse de la production dans la zone euro devrait atteindre 9,1 % en 2020, en raison du coup d’arrêt infligé à l’activité économique par l’ampleur de l’épidémie. L’économie japonaise devrait quant à elle reculer de 6,1 % à la suite du ralentissement de l’activité imputable aux mesures de prévention contre le coronavirus.

Les émergents trébuchent 

De son côté, le groupe des économies de marché émergentes et en développement devrait connaître sa première contraction en soixante ans, avec une baisse globale de son PIB de 2,5 %. Les prévisions font état d’une diminution de 3,6 % des revenus par habitant, ce qui fera basculer des millions de personnes dans l’extrême pauvreté cette année. Les pays les plus durement touchés sont ceux où l’épidémie a été la plus grave et ceux qui se caractérisent par une forte dépendance vis-à-vis du commerce mondial, du tourisme, des exportations de produits de base et des financements extérieurs. 

Bien que l’ampleur de la crise varie d’une région du monde à l’autre, tous les pays émergents et en développement souffrent de vulnérabilités qui sont accentuées par ces chocs exogènes. En outre, la fermeture des écoles et les difficultés accrues d’accès aux soins de santé primaires auront probablement des effets durables sur le développement du capital humain. Pour Ayhan Kose, directeur de la division Perspectives de développement à la Banque mondiale, « l’épisode que nous traversons entraîne déjà des révisions à la baisse des projections mondiales de croissance d’une ampleur sans précédent. Et si l’on se fie à ce qui s’est produit par le passé, on peut s’attendre à des risques de détérioration encore plus importants, ce qui signifie que les responsables politiques doivent se préparer à recourir à des mesures supplémentaires pour soutenir l’activité économique».  

Le scénario de base prévoit un rebond mondial à 4,2 % en 2021, avec un taux de croissance de 3,9 % dans les économies avancées et de 4,6 % dans les économies de marché émergentes et en développement (+ 3,4% pour le Maroc en 2021 contre -4% anticipée pour 2020). Ce scénario table sur un reflux de la pandémie suffisant pour permettre la levée des restrictions nationales d’ici le milieu de l’année dans les premières et un peu plus tard dans les secondes, sur un amenuisement de ses répercussions négatives dans le monde dans la deuxième moitié de l’année, ainsi que sur un rétablissement rapide des marchés financiers. Les perspectives sont toutefois très incertaines, et dominées par des risques de détérioration, avec notamment l’hypothèse d’une pandémie plus longue qu’anticipé, d’un désordre financier durable et d’un affaiblissement du commerce mondial et des chaînes d’approvisionnement. Selon un scénario plus pessimiste, l’économie pourrait chuter de 8 % au niveau mondial cette année, et de près de 5 % dans les économies émergentes et en développement, tandis que la reprise mondiale se limiterait à juste un peu plus de 1 % en 2021.

L’urgence des ruptures 

Selon les analystes de la Banque mondiale, la pandémie souligne l’urgente nécessité de prendre des mesures sanitaires et économiques, y compris dans le cadre d’une coopération mondiale, pour amortir le choc, protéger les populations vulnérables et renforcer la capacité des pays à anticiper et gérer des crises similaires à l’avenir. 

En raison de leur plus grande vulnérabilité, il est absolument essentiel que les économies émergentes et en développement renforcent leurs systèmes de santé publique, mais aussi qu’elles répondent aux problèmes posés par la prédominance du secteur informel et le manque de filets de protection sociale et qu’elles engagent des réformes qui permettent d’assurer une croissance vigoureuse et durable après la crise. Celles qui disposent d’une marge de manœuvre budgétaire et de conditions de financement favorables pourraient envisager d’amplifier leurs mesures de relance en cas de persistance des effets de la pandémie. 

Ces efforts devront s’accompagner de mesures qui contribuent à un rétablissement crédible de la viabilité des finances publiques à moyen terme, en s’attachant à renforcer les cadres budgétaires, à accroître la mobilisation des recettes intérieures et l’efficacité des dépenses, et à améliorer la transparence du budget et de la dette. Assurer la transparence de tous les engagements financiers, instruments assimilés à de la dette et investissements publics est une première étape cruciale pour instaurer un climat d’investissement attractif, et c’est un enjeu qui pourrait faire l’objet d’avancées considérables cette année. 

De son côté le Groupe de la Banque mondiale s’engage à prendre des mesures rapides et de grande envergure en vue d’aider les pays en développement à renforcer leur action contre la pandémie en appuyant les interventions de santé publique et à garantir la circulation de fournitures médicales de première nécessité tout en soutenant le secteur privé pour permettre aux entreprises de poursuivre leurs activités et maintenir les emplois. Le Groupe prévoit dans ce sens de  déployer jusqu’à 160 milliards de dollars de financements au cours des 15 prochains mois, afin d’aider plus de 100 pays à protéger les populations pauvres et vulnérables, soutenir les entreprises et favoriser le redressement de l’économie.

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