De Kigali à Dar Es Salam : En Tanzanie, un séjour royal prometteur

0 87
LA tournée royale dans l’Est africain se poursuit avec la Tanzanie, 2ème étape d’un périple qui doit être bouclé avec un séjour en Ethiopie. A son arrivé dimanche à Dar es Salam, le Souverain a été accueilli par le Président de la République Unie de Tanzanie, John Pombe Magufuli. Le séjour tanzanien du Souverain inaugure une nouvelle étape dans le renforcement de la coopération entre les deux pays qui sera scellée par la signature de plusieurs accords, à l’image de ceux qui avaient été paraphés à Kigali. L’envergure de la « Jet-Diplomacy » qui allie le commerce au pavillon ne manquera certainement pas d’avoir des répercussions sur le niveau des relations politico-diplomatiques entre les deux pays. D’autant plus que les responsables tanzaniens n’ont pas fait de mystère quant à leur appui de la démarche africaine du Royaume qui entend réintégrer l’Union panafricaine par la grande porte. Et partant, défendre ses intérêts stratégiques en tête desquels figure, bien sûr, le dossier de l’intégrité territoriale. La partie marocaine est appelée à jouer finement pour faire évoluer la perception du dossier saharien par les diverses forces vives de nombre de pays africains floués par une propagande acharnée des adversaires du Royaume. Et l’un des premiers obstacles à franchir consiste justement en un retour du Maroc dans le radar des pays de l’Afrique de l’Est après une éclipse de plusieurs années.
En matière de coopération économique, le Maroc part avantagé par une démarche assise par le Souverain dans le cadre de la promotion de la coopération Sud-Sud, épine dorsale d’un co-développement renouvelé avec pour finalité l’homme. Avec la Tanzanie, une des économies prometteuses d’Afrique qui affiche une croissance annuelle de 7% en moyenne, les opportunités à sonder sont multiples. Tourisme, construction, finance, commerce et transports, secteurs qui tirent la croissance de ce pays de 48 millions d’habitants, pourraient voir l’empreinte marocaine faire son entrée locale. Ce n’est donc pas pour rien que les leaders des deux pays ont présidé, dès lundi au Palais présidentiel à Dar es Salam, la cérémonie de signature de 22 conventions et accords bilatéraux. Conventions qui portent sur la coopération économique, scientifique et culturelle, l’établissement d’un mécanisme de consultations politiques, le domaine des hydrocarbures, énergies, mines et géologie, le transport aérien, l’agriculture, les pêches maritimes, les engrais, les énergies renouvelables, le tourisme, l’établissement et développement de l’assurance de culture en Tanzanie, la promotion de Clusters Industriel et Logistique, le développement de corridors logistiques et ferroviaires entre les ports et les clusters industriels en Tanzanie, le partenariat entre les Patronats des deux pays, la santé, le secteur des banques, la promotion et le financement des échanges commerciaux et de l’investissement en Afrique, l’assurance, ainsi que la création d’une unité de valorisation et de conditionnement de thé haut de gamme.
D’ailleurs, « la diplomatie spirituelle » qui distingue aussi le Royaume dans sa démarche auprès des pays africains frères pourrait s’exprimer davantage dans ce pays qui compte une forte communauté musulmane (le tiers de la population) qui n’est pas à l’abri des dérives radicales que le culte subit. Le rôle de promoteur d’un islam modéré, expurgé des scories djihadistes, est pleinement assumé par le Maroc dont l’aura dépasse le seul seuil continental.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus