The news is by your side.

DE NOUVEAUX PROFILS POUR L’ARMÉE ALGÉRIENNE : ENTRE LIMOGEAGES ET CONFIRMATIONS

42

«C’est à un réel redressement de la colonne vertébrale du système algérien que l’on assiste », signalent nombre d’analystes de la chose militaire en Algérie. En effet, « la grande muette » dont le poids sur l’échiquier politique n’est plus à démontrer, de nombreux politiques l’ayant courtisée il y a quelques mois à peine pour « arbitrer » la transition après la vacuité du pouvoir consécutive à l’AVC de l’hôte du Palais El Mouradia, est sujette à un « chamboulement» sans précédent. Faisant d’elle un enjeu de premier ordre à l’heure où l’Algérie est confrontée à un voisinage marqué du sceau d’une instabilité qui risquerait de devenir contagieuse. Le précédent In Aminas, champ gazier occupé en janvier 2013 pendant quelques jours par le groupe djihadiste de Mokhtar Belmokhtar a de quoi échauder l’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP). D’où les importants
changements intervenus à la tête des diverses régions militaires et la préparation de l’éviction, en douceur, du Général Gaid Salah, vice-ministre de la Défense et chef d’état-major. C’est à croire que cet officier supérieur, adoubé pour un temps par le clan présidentiel, ferait partie des « victimes » de règlements de compte. Ceux-là mêmes qui avaient contribué à minorer, pour un temps seulement, le rôle de l’omnipotent patron des services algériens le Général Mediene. Avant que ce dernier ne voit son rôle central confirmé en tant que pièce maîtresse dans tout nouveau dispositif militaro-sécuritaire, voire politique. Le départ d’Ahmed Gaid Saleh se ferait dans les règles de l’art, c’est-à-dire avec une promotion exceptionnelle à la clé. Voire avec son maintien à la tête du département de la Défense, mais sans le prestige de l’uniforme, lors de la formation d’un nouveau gouvernement. Les spécialistes Des questions militaires de l’Algérie rappellent à cet égard le précédent Abdelmalek Gnaizia. Le lâchage de Gaid Salah s’accompagne d’une montée en puissance de l’astre de Mediene, alias Taoufik, patron du puissant DRS qui avait subi un réel et inattendu aggiornamento durant l’été 2013. C’était juste après le retour de Bouteflika de son séjour parisien à la clinique Val-DeGrâce. Une restructuration inopinée des diverses directions d’un service qui avait besoin d’être débourré et mieux contrôlé, selon des observateurs avertis. Mais qui n’a fait que jeter plus d’opacité sur l’action démesurée d’une puissante officine facilitant ainsi le retour de son patron sur la scène comme en témoigne sa présence remarquée à toutes les réunions sécuritaires qui se déroulent sous la coupole présidentielle. « Un coup d’épée dans l’eau » qui ne semble pas avoir mouillé outre mesure ce puissant pilier du système algérien qui veille au grain pour que le clan Bouteflika soit contrôlé même au prix de l’organisation de fuites pour le moins embarrassantes. C’est donc vers un retour au statu quo ante que l’Algérie s’achemine, avec un affaiblissement du rôle dévolu au Président actuel, diminué, pour réorganiser la donne. Avec ce que cela suppose comme rééquilibrage des pouvoirs sous l’arbitrage du puissant DRS. Gaid Saleh assumerait le rôle de « bouc émissaire» dans cette partie à plusieurs bandes qui se joue tout en privant, de surcroit, le chef de l’Etat de l’un de ses fidèles serviteurs. Ceci est d’autant plus vrai que toutes les tentatives menées par Bouteflika pour la domestication du DRS, en le rattachant directement à la présidence, ont failli. Permettant ainsi au célèbre Toufik de sauvegarder son pré-carré tout en s’arrogeant le droit de disposer d’une plus grande marge de manœuvre qui plus est bénie par les autres composantes du système algérien. Un rééquilibrage en somme qui annihile les prétentions de l’hôte du Palais El Mouradia à vouloir tout verrouiller, notamment en ayant procédé à des changements au niveau aussi bien de la section « sécurité intérieure » que de la section « sécurité extérieure » rattachée au DRS. Mouvement qui culmina aussi par le rattachement de la direction de la
sécurité militaire à l’état-major. Mais ce processus de réaménagement et de reprofilage n’allait pas s’arrêter en si bon chemin. D’autant que c’est à l’ANP qu’est dévolu le rôle principal de défense du territoire national contre le péril djihadiste qui s’est précisé particulièrement à partir de la Libye, pays en déconfiture où l’organisation « Etat Islamique » semble essaimer au point d’en faire une plate-forme de déstabilisation dirigée contre tous les pays nord-africains, de l’Atlantique à la Mer Rouge. C’est la raison pour laquelle la logique des mutations a touché pratiquement toutes les régions militaires depuis juillet dernier. Plusieurs généraux ont fait les frais de cette restructuration qui a démarré par les régions militaires qui, théoriquement, sont les plus exposées aux attaques djihadistes supposées. Il s’agit de la 3ème région, de la 4ème région et de la 5ème région militaire. Le général Ali Sghir Aissa, bras droit du patron de la 3ème région militaire relevant de la Wilaya de Bechar a été limogé au même titre que le général Mostapha Chakour qui faisait office de chef d’état-major pour la même région, cédant ainsi la place au général Hadi Boudersa comme aide de camp du général Mohand Amezian Si Mohand, chef d’état-major de la région. Pour la 4ème région militaire dépendant de Ouarghla, le général Djilali Yahyaoui, bras droit du patron de la région, a été limogé au profit du général Hassan Alimia, promu chef d’état-major pour la région sous les ordres du général Rachid Kettaf. Quant à la 5ème région militaire qui coiffe Constantine, le général Mohamed Bargham a été limogé et remplacé par le duo fait du général SaidZiad, chef d’état-major, et le général Noureddine Hambli, bras droit du chef de la région. A la direction de l’état-major, le général Abdelhamid Ghriss a été porté à la tête du service en charge de la logistique cédant ainsi sa place à la tête du service armement au général Ali Akroum. La
direction de l’approvisionnement n’a pas été épargnée puisqu’elle relève désormais du commandement général Mostafa Debbi. Alors que la direction de la prestigieuse Garde républicaine est allée, elle, au général Abdelghani Hamel qui remplace le général Naïm Hakiki. Ces changements qui s’apparentent à une opération de chaises musicales ont été menées sous la supervision directe du Chef de l’Etat es qualité de chef suprême des forces armées algériennes. Et c’est bel et bien Amed Gaid Saleh qui a planifié cette restructuration qui a touché les trois régions militaires jugées « hypersensibles » au regard du danger terroriste qui plane sur la région maghrébine. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que des réunions-marathon ont été tenues dans les trois régions ciblées pour évaluer le degré de préparation des forces armées déjà éprouvées lors de l’attaque surprise du site gazier d’In Amenas et de son occupation par un commando de djhadistes. Réunions qui ont donné lieu à une multiplication des manœuvres combinées (où tous les corps armés ont été sollicités) pour porter l’élan capacitaire de l’ANP à son top niveau.
PERSPECTIVES

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :