Décompte à faire…

Wali et gouverneurs étaient sur les dents lors des inondations. Mais si le rendement de quelques uns est à saluer, d’autres ont brillé par leur absence. Le décompte est à faire…

Au ministère de l’Intérieur, cette véritable «pépinière» des cadres de l’Etat, il y a des hommes qui ont grandi dans l’œil des citoyens. Il s’agit de quelques Walis et gouverneurs qui ont assimilé la leçon du «nouveau concept de l’autorité» et de son pendant porteur basé sur «l’approche de proximité ». En effet, il y a des représentants de l’administration centrale qui osent « la révolution » dans leur approche du quotidien à gérer au niveau d’un espace territorial donné. En s’ouvrant sur tout ce qui compte dans leur région ou province. Opérateurs privés, membres de la société civile et intellectuels sont associés à toutes les démarches de développement socio-économique local.
«Je n’ai pas peur des courants d’air, c’est la raison pour laquelle j’ai tout ouvert dans ma résidence», se rappelle un ancien Wali qui a marqué de son empreinte une grande région du pays. Autant dire que ce représentant de l’Etat a opté pour la transparence totale. Une démarche porteuse en ce sens qu’elle a permis de mobiliser tous les acteurs pour les bonnes actions. Une approche qui a étonné plus d’un avant que les gens ne s’y habituent. Car auparavant, confie un proche de l’ex-Wali, tout se faisait dans l’obscurité totale. La résidence du Wali restait condamnée et son portail ne s’ouvre que face à un cortège officiel… Où pour permettre à des voitures « banalisées » de décharger quelques dons en nature ou autres cadeaux inestimables chargés dans de grands sacs en plastique noir…
Il se trouve aussi des gouverneurs qui battent le pavé sans la moindre hésitation. Débarrassés des atours de leur statut, il y en a qui vont jusqu’à inspecter des chantiers de réfection des routes. Même l’épaisseur du revêtement est calculée au millimètre près avant réception du chantier. Car l’Intérieur, il ne faut pas l’oublier, compte aussi des ingénieurs que des opérateurs peu vertueux ne sauraient berner. Des ingénieurs soupçonneux dont les collaborateurs ne gagnent la confiance aveugle qu’après avoir réussi des tests et bien des épreuves.
Bien entendu, les dernières inondations que le pays vient de subir de plein fouet a sorti de l’ombre nombre de représentants de l’Intérieur dans plusieurs régions. Il en va ainsi du Wali de Casablanca qui a tapé sur la table pour que la capitale économique ne soit nullement perturbée par les intempéries. Ou encore le Wali de Tanger qui a convoqué les représentants d’un opérateur public dans l’immobilier pour lui signifier son ire quant aux travaux mal faits d’une voierie qui a mobilisé quelques millions de dirhams. Cela sans parler du Wali d’Oujda qui n’a pas la langue dans la poche dès lors qu’il est question d’évaluer des chantiers publics mal faits.
Les représentants de l’Intérieur dans les diverses régions du pays ploient, il est vrai, sous le poids d’immenses responsabilités. Ils sont appelés à gérer tout… En comptant sur un entourage rarement performant. Ils sont évalués, à n’en point douter, en fonction des résultats obtenus. Mohamed Hassad qui a fait le tour dans quelques provinces sinistrées doit tirer les conclusions nécessaires. Aux hommes de valeur la gloire… Quant aux « loosers », nul besoin de rappeler qu’ils n’ont droit qu’au traditionnel placard. Et encore !

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