Déconfinement et économie de résilience, Lahlimi plante humblement le décor, les priorités et les risques       

Avant la présentation par le Chef du gouvernement au parlement des mesures relatives à la gestion du confinement post-20 mai, Ahmed Lahlimi, Haut-Commissaire  au Plan dessine  les contours des différentes options de déconfinement, leurs impacts sanitaires et appelle à une responsabilisation massive des citoyens par rapport  risques d’un relâchement possible. 

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Déconfinement et économie de résilience, Lahlimi plante humblement le décor, les priorités et les risques       

Après une première évaluation des effets du confinement quasi-général de la population active du pays, autant sur l’offre des produits et des services que sur la demande intérieure et extérieure ou encore par la réalisation de ses enquêtes sous contrainte de ce contexte particulièrement éprouvant, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) continu sa mobilisation et lève le voile sur une étude inédite par rapport à ses travaux traditionnels. Il s’agit des scénarios des évolutions possibles de la situation pandémique dans notre pays, dans une perspective de sortie du confinement telle qu’elle a été conçue. Loin de sombrer dans la polémique, Ahmed Lahlimi Alami, rappelle dans le préambule de l’étude que l’objectif est d’alerter l’opinion publique, de susciter la réflexion et, éventuellement, d’éclairer les centres de prise de décision.

Selon le Haut-Commissaire, le Royaume a choisi la mesure la plus radicale pour bloquer la dynamique de la transmissibilité de la pandémie, à savoir le recours à un confinement de la population accompagné de la panoplie des mesures préventives et curatives dévouées aux services publics (tests, traitements, isolement des personnes infectées, offres hospitalières) et d’autres du ressort des citoyens (distanciation physique, gestes préventifs, hygiène, masques…). 

L’exceptionnelle mobilisation des ressources financières, d’origine budgétaire et citoyenne, mise au service de cette promptitude à réagir au plan sanitaire, a contribué à une large implication de la population dans une salutaire union nationale face à une pandémie dont la propagation aurait, à défaut, coûté à la collectivité nationale les insupportables affres d’un scénario « catastrophe » apparenté à celui de « l’immunisation collective » avec plusieurs millions de personnes infectées et plusieurs centaines de milliers de morts. Cependant, quelle que soit son efficacité préventive, le confinement n’est pas soutenable dans la durée. Pour A. Lahlimi,   « le déconfinement est un impératif dicté par la nécessité d’une politique post-pandémique de résilience économique, de stabilisation sociale et d’apaisement du climat psychologique du pays ». Selon son analyse, le haut-commissaire indique que les modalités et le rythme de son opérationnalisation dépendront nécessairement autant des exigences sectorielles du rééquilibrage des fondamentaux de l’économie nationale que des impératifs d’une gestion concertée des séquelles sociales et psychologiques de la pandémie. Dans cette perspective, le HCP devrait, selon A. Lahlimi, rester en mesure de continuer à élaborer les scénarios souhaitables d’un déconfinement progressif avec une dose significative de pertinence et de précision, en particulier lorsque les stratégies de reprise économique et sociale seront décidées et connues et si, bien entendu, souligne-t-il, les données les concernant étaient fournies sans restriction par les institutions nationales qui en sont productrices ou détentrices. 

Au-delà du choix du scénario envisagé, pour le haut-commissaire, la grande leçon mise en évidence et qui mérite une attention particulière, est d’abord cette importance vitale de l’effort qu’il revient à chaque citoyen de scrupuleusement respecter les pratiques de distanciation physique, de gestes barrières, de port de masques et de toutes les dispositions individuelles ou collectives d’autoprotection, pour que chacun assume sa part de responsabilité dans la protection de la nation. A défaut de cette discipline individuelle, la pandémie pourrait, en moins de 100 jours, comme l’estime, l’un des scénarios de déconfinement les plus plausibles, multiplier par 8 le nombre des cas touchés par l’infection, doubler les besoins de lits de réanimation et mettre en échec la politique nationale d’hospitalisation des cas actifs : C’est dire le poids de la responsabilité de chacun vis-à-vis lui-même, de sa famille et de la nation.

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