Démocrature : A quoi sert le parlement ?

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La canicule ramollit-elle les cerveaux des vénérables élus de la nation au point de les pousser à fuir les lambris climatisés du Parlement pour étaler leur échalas sur le sable doré des plages estampillés « Pavillon Bleu » ? La question mérite d’être posée à l’heure où des campagnes médiatiques poussent daredare les citoyens à s’inscrire dans les listes électorales pour faire des législatives d’octobre prochain une messe démocratique. D’autant qu’il y a une part d’ombre dans tout ça qui ne réconforte en rien le citoyen qui, doctement, n’est pas prêt à se réconcilier avec la politique en assimilant ses acteurs à ces « tous pourris » qui meublent le paysage. Car ne voilà-t-il pas qu’un chef du gouvernement choisi, sciemment, de boycotter la Med Cop de Tanger pour la simple raison qu’il ne sent pas un adversaire politique assimilé, à l’occasion, à un ennemi alors que la crédibilité du pays, hôte de la COP 22, est en jeu. Pas la peine de faire un dessin, Abdelilah Benkirane, patron du PJD, ayant fait le choix d’élever Ilyas El Omari, patron du PAM, au rang de félon qui agirait pour le compte de « Etat de l’ombre » qui ne raisonne, lui, qu’au nom d’un prétendu « Tahakoum » qui détruirait l’autonomie des forces politiques. Piètre image que celle que nos « stars » politiques renvoient d’eux-mêmes. Cela sans parler de tous les prétendants au « starisme » qui s’agitent en tous sens dans l’enceinte parlementaire, là où l’invective supplante le débat contradictoire à l’aune duquel se mesure la maturité du système démocratique via ses représentants.
Que dire lorsque des projets de lois qui, ayant suscité la polémique des semaines durant, négocient leur « finish » avec une sous-représentativité qui en dit long sur le respect nourri par les élus à l’endroit de leur mandature ? En pleine séance de vote, seule une poignée de députés est visible. Comment arriver à croire que le fameux texte de loi régissant le droit à l’information ait été voté, en plénière, en présence de 7 élus ? Pourtant, la commission Justice, législation et droits de l’Homme, en charge de ce dossier, est forte, elle, de pas moins de 39 députés. Que dire des projets de réforme de la retraite, à l’origine d’une vive tension entre le gouvernement et l’opposition, qui ont subi un sort identique ; seuls 7 conseillers ont voté pour contre 3, sur un total présent de 20 conseillers ? Quoi penser des modifications proposées au projet de loi organique quant à la nomination des hauts fonctionnaires qui n’ont attiré la curiosité que de 8 membres de la commission. Amendements finalements adoptés par 5 voix contre 3 ? Que suggère le peu d’intérêt accordé au projet de loi sur la violence des femmes qui, en commission, a été débattu par 8 membres de la commission ad hoc avant de passer au vote…
Peut-on (et/ou doit-on) trouver une quelconque excuse aux représentants du pouvoir législatif, une des clés de voute de tout système démocratique, qui donnent ainsi d’eux-mêmes une piètre image à l’opinion publique ? La démocrature dans laquelle se complait cette caste politique en dit long sur la confusion qui agite leur esprit quant à l’emploi et l’habit de l’emploi de tout représentant. Circulez, il n’y a rien à voir sous la coupole… Les préparatifs du spectacle étant souvent organisés non loin de l’instance parlementaire, sous les ombrelles de Balima, haut lieu du négoce des questions, écrites comme orales, que de nombreux dignes représentants de la nation sous-traitent à coups d’enveloppes. Mais en l’absence de souffleur, combien d’élus a été surpris le nez dans une réponse au ministre qu’il articule péniblement alors que la question n’a pas été encore soulevée… Cela fait peine à voir !

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