Dérapages sécuritaires au Liban ?

Quatre militaires des renseignements ont péri lors d’une opération menée, dans la nuit de dimanche à lundi, contre une cellule djihadistes près de Tripoli. Le spectre du péril djihadiste plane sur le Liban où la situation politique reste explosive. 

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Le spectre du péril djihadiste plane sur le Liban

L’opération menée par l’armée libanaise dans le cadre de l’enquête sur les trois meurtres de Kaftoun, dans le Koura, le 21 août dernier, dévoile si besoin est que la situation sécuritaire reste très liquide au Liban. 

Les renseignements militaires savaient à quoi ses éléments devraient s’attendre dans la zone. Selon l’armée, la descente organisée dans le secteur de Jabal Beddaoui dans le Caza de Minié, avait pour objectif de mettre hors d’état de nuire Khaled el-Tallaoui, chef de la cellule terroriste à l’origine de l’assassinat des trois membres du Parti social national syrien (PSNS) à Kaftoun.

Lors de l’opération, trois militaires ont été tués et un quatrième a été gravement blessé au cours de l’intervention. Il a succombé quelques heures plus tard des suites de ses blessures. Le dénommé Khaled el-Tallaoui a été abattu après un échange de tirs, selon l’armée. Un deuxième membre du groupe terroriste a été arrêté alors que deux autres djihadistes ont pris la fuite. L’armée a effectué plusieurs perquisitions dans les localités de Denniyé et de Kfarhabou alors qu’elle traquait les fuyards. 

Pour rappel, le 5 septembre, l’armée avait annoncé avoir démantelé une cellule terroriste de Daech qui préparait des attaques au Liban, dont les membres avaient reçu une formation militaire et stocké des armes et des munitions de guerre, saisies à cette occasion. Les interrogatoires avaient permis de mettre un nom sur l’émir de cette cellule dont le véhicule a été utilisé par les responsables du crime de Kaftoun.

Au Liban, plus aucune action n’a été attribuée aux djihadistes après que l’armée aie réussi à pousser les éléments de Daech hors de Jurd d’Ersal en 2017, loin des frontières libanaises.  K el-Tallaoui est donc un récidiviste. Il a fait de la prison avant d’être relâché conformément à une décision judiciaire. Il rappelle celui de Abdel Rahman Mabsout, qui avait mené en juin 2019 trois opérations distinctes à Tripoli contre l’armée et les Forces de sécurité intérieure, faisant quatre morts et plusieurs blessés dans les rangs des militaires, avant de se faire exploser dans un immeuble où il s’était retranché. A. Mabsout avait combattu dans les rangs de Daech en Syrie et avait fait un an de prison avant d’être relâché en 2017. 

L’affaire de Jabal Beddaoui suscite des craintes à l’heure où le Liban, englué dans une crise socio économique et institutionnelle, est plus fragile que jamais. Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, a mis en garde contre « une résurgence du danger du terrorisme ». « Certains le financent, l’arment et l’alimentent », a-t-il écrit sur Twitter. De quoi soulever bien des interrogations. Et susciter la crainte de voir le pays du Cèdre ensanglanté par des attentats terroristes.

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