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Dérèglement climatique : Une coalition marocaine rappelle la situation vulnérable des femmes

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Laila Amili, secrétaire générale de la Coalition marocaine pour la justice climatique et également à la tête de l’association féministe Mains libres, a affirmé, en marge de la COP27 à laquelle elle prend part, que «les femmes et les filles des pays du Sud sont particulièrement vulnérables en raison de l’interaction entre les enjeux climatiques et la discrimination sociale, économique, de genre et culturelle».

Souvent privées d’accès aux droits humains fondamentaux, les concitoyennes issues des zones rurales au Maroc, notamment où l’activité agricole prime, «sont encore plus exposées aux violences sexistes en raison de la dégradation de l’environnement, qui alimente la rareté des ressources, l’exode, le sous-emploi, la faim, les maladies et les déplacements», a-t-elle indiqué plaidé auprès d’Equality Now. 

L. Amili a affirmé que «tout le monde est concerné par le changement climatique au Maroc, mais majoritairement les femmes et surtout les agricultrices» tout en précisant que «dans les communes rurales et les montagnes, les conditions de vie sont difficiles et riverains y sont confrontés à une injustice climatique plus profonde». La militante indique que «les femmes contribuent en grande partie à la production agricole et souffrent de manière disproportionnée des difficultés économiques et de l’analphabétisme, ce qui les rend plus vulnérables», face aux enjeux climatiques, à commencer par la rareté de l’eau.

«En cas de non disponibilité de ressources hydriques à la portée, ce sont les femmes et les filles qui luttent pour acheminer l’eau depuis des espaces éloignées», a-t-elle plaidé en soulignant qu’au Maroc, comme dans beaucoup de pays du Sud, «il est plus difficile pour les femmes de fuir les conditions climatiques rudes, car elles n’ont pas les moyens financiers ou l’autonomie pour prendre la décision de s’installer ailleurs». «C’est encore plus dur pour celles qui n’ont pas les moyens et la capacité de chercher des alternatives économiques et sociales», déplore-t-elle.

Dans les zones les plus polluées du Maroc, la pollution atmosphérique constitue par ailleurs un facteur de risques de cancers comme celui du sein, tout en menaçant aussi la santé des femmes enceintes et de leur fœtus. «Nous n’avions pas pris en compte ces aspects auparavant, mais nous voyons maintenant à quel point ils peuvent avoir un impact négatif important sur les femmes et les filles», a souligné L. Amili.

Dans ce registre, la militante explique aussi qu’«il existe une relation étroite entre le changement climatique et le mariage des mineures» puisque les jeunes filles « abandonnent l’école» et doivent s’occuper davantage des besoins du foyer familial. «On pense qu’un garçon devrait être habilité à subvenir aux besoins de sa famille et donc étudier, alors qu’une fille qui ne fait pas gagner de revenus et est considérée comme une bouche supplémentaire à nourrir et constituerait donc une charge à éliminer par le mariage», constate-t-elle.

Pour rappel, l’Association marocaine des femmes du Maroc (ADFM) avait souligné de son côté que les retards accumulés sur les stratégies d’autonomisation des femmes et des filles «font rater au pays la chance de bénéficier d’une énergie humaine conséquente, qui aurait grandement contribué à réaliser le développement durable».

A relever aussi que le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) avait indiqué, il y a quelques mois de cela,  que 80% des personnes déplacées en raison des changements climatiques dans le monde sont des femmes. Ces dernières deviennent plus exposées à la violence, y compris la violence sexuelle, selon Michelle Bachelet, Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme (HCDH) qui a mis en valeur le «risque accru de traite et de mariage d’enfants, de mariage précoce ou de mariage forcé encouru par les femmes et les filles déplacées».

M.Bachelet a formulé des recommandations pour «prévenir et éliminer la violence contre les femmes et les filles due aux changements climatiques, notamment en reconnaissant que ce facteur est intrinsèquement lié à la violence contre les femmes». A ses yeux, «les Etats doivent donner aux femmes les moyens de se préparer aux catastrophes naturelles et de trouver d’autres moyens de subsistance, si elles sont confrontées à une crise climatique».

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