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Dérives droitières en France: Du sang et des larmes

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Qui a dit que la droite française est la plus bête du monde ? C’était, il y a presque 60 ans, un certain Guy Mollet. Et bien ce constat se confirme à nouveau et de bien triste manière.
Encore une fois, la droite française et, à sa tête, le parti des Républicains vient de redonner vie à cette assertion. Alors que le pays traverse l`une des pages les plus sombres de son histoire contemporaine, confronté à une vague de terrorisme jamais vue dans l’hexagone,  128 décès  et 360 blessés, dont bon nombre dans un état critique, l’aile droite de l’échiquier politique français n’a pas trouvé mieux que de chercher à polémiquer avec le Premier ministre et à conspuer Mme Taubira, garde des sceaux, lors de la séance des questions au gouvernement au Palais Bourbon. L’indécence atteint des sommets, nous sommes encore en période de deuil national et le sang des victimes n’a pas encore séché qu’elle veut déjà tirer profit de cette tragédie nationale. De l’autre côté de l’Atlantique, Donald Trump, dans un meeting de campagne pour les primaires républicaines pour les élections présidentielles aux Etats Unis, affirme haut et fort que si les victimes étaient armées, elle n’auraient pas connu le sort qu’elle ont subi. Face à autant d’ineptie, Il n’y a qu’un mot pour qualifier de tels propos : imbéciles.
La veille, la droite a su montrer un visage uni avec le reste des partis politiques, digne , autour du Président de la République. Convoquée en congrès à Versailles, évènement rarissime dans l’histoire contemporaine de la France pour être informée, et pour répondre unanimement à la menace terroriste par l’unité nationale, sa véritable nature a très vite repris le dessus.
L’approche des élections régionales et la mobilisation quasi unanime des Français derrière le Président de la République expliquent cette attitude odieuse d’hommes politiques en mal de maroquins. C’est que les ors de la République tournent les têtes ou plutôt ce qu’il en reste à une grande partie de notre classe politique. Depuis lundi, les Français assistent, médusés, à l’indécence d’une partie des ténors du parti Les Républicains. Ils n’ont qu’un mot à la bouche : plus de sécurité et de répression. C’est un concours de joutes verbales et à celui qui sera le plus à droite. A l’évidence, l’objectif c’est d’empêcher l’érosion inéluctable d’une partie de leur électorat qui glisse, par défaut, vers le Front national. Cela  même alors que, selon un sondage Odoxa, près des 73 % des Français font confiance au Président et à son Gouvernement dans la gestion de la crise aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de nos frontières. Outre, les sympathisants de gauche,  ce sont 63 % des sympathisants de droite qui partagent cette opinion.

Chacun y va de ses propositions qui rappellent le glissement dangereux des Etats-Unis vers le Patriot act et le centre de détention de triste mémoire, Guantanamo, en violation des droits et libertés fondamentales. N’est ce pas justement cela que veulent les terroristes?

Cette vilénie, seuls quelques hommes politiques osent la dénoncer ouvertement. Trois sages tiennent tête aux « faucons » de la droite : Alain Jupé, François Fillon et Dominique de Villepin. Si une partie des députés montent au créneau pour exister médiatiquement, la majorité des députés de la droite et du centre sont déroutés par la ligne politique de leurs leaders qui s’étripent pour exister. Certains parlent d’indécence dans l’attaque de l’Exécutif dans ces temps difficiles, d’autres comme Daniel Fasquel, dénoncent l’ambiance lamentable et irresponsable de son camp dans le palais Bourbon. Quand à François Fillon, il qualifie le comportement de son parti de …

Dans un entretien accordé au quotidien le Monde, Nicolas Sarkozy, pose des conditions pour le vote de la réforme constitutionnelle proposée par F. Hollande et d’ajouter que « trop de temps a été perdu depuis Charlie Hebdo ».  En dénonçant les failles de sécurité qui auraient amené aux attentats du vendredi 13 et, contrairement à Alain Jupé qui a fait son mea culpa concernant la réduction des effectifs des forces de l’ordre, il refuse d’admettre que 13 000 postes de policiers ont été supprimés durant son mandat et que des écoles de formation de policiers ont été fermées. Jean François Copé va jusqu’à qualifier la politique de Sarkozy « d’erreur historique ». Quand on sait qu’il faut deux années pour former un gardien de la paix, le gouvernement Vals ne peut faire des miracles même si « impossible n’est pas français ».
Cette frénésie, on la doit à un manque de repères de la droite classique. Le drapeau tricolore, la Marseillaise, la sécurité sont, depuis des décennies, des symboles et des thèmes chers à son électorat. Depuis les élections de 2007 avec Ségolène Royale et surtout depuis les attentats de Charlie, la gauche s’est saisie de ces thèmes, par opportunisme, peut-être par pragmatisme. Toujours est il que le parti de Sarkozy se cherche et ses dérives ultranationalistes rappellent celles de sa campagne de 2012 qui l’ont mise, tout simplement, hors jeu.
Devant les maires de France réunis au palais des Congrès à Paris mercredi 18 novembre, l’hôte de l’Elysée prêche l’union nationale contre le terrorisme. Il a rassuré un auditoire plus républicain que les députés « qu’Aucun acte xénophobe, antisémite, antimusulman ne doit être toléré. Tous les jours, vous vous battez pour que nos différences ne deviennent pas des divergences et des séparations. Par la terreur, Daech veut installer, par ses propres tueries, le poison de la suspicion, de la stigmatisation, de la division. Ne cédons pas aux  tentations de repli, à la peur, aux excès et à la surenchère. » et d’ajouter que sa politique «sera implacable contre toute forme de haine. »
F. Hollande a  évoqué le cas des réfugiés syriens et irakiens. Pour lui, ils sont trop souvent montrés du doigt par l’extrême droite et la droite, qui voient dans leur arrivée une porte ouverte aux djihadistes. Il a martelé que ces réfugiés «sont martyrisés par ceux qui nous attaquent aujourd’hui». Enfin il a confirmé que 30 000 réfugiés seront accueillis en France dans les deux prochaines années, comme convenu avec les partenaires européens.
De tous cette effervescence, il y’a un constat qui s’impose. Si la sécurité est un préalable dans un Etat de droit, la justice l’est plus encore. De même, le tour de vis sécuritaire ne suffira pas à endiguer le mal qui ronge nos banlieues et au-delà et qui pousse nos enfants à tuer et à se faire tuer pour un idéal apocalyptique. Assécher les filières djihadistes passe par une réflexion globale sur ce que nous sommes, ce que nous voulons être et ce que devrait être la France sur la scène internationale. C’est un effort collectif qui doit être consenti pour défendre nos valeurs.
Devrions nous nous priver de nos libertés pour notre sécurité ?  Benjamin Franklin a donné une réponse à méditer par les élus de gauche et surtout de droite : « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. »

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