Dernier mauvais quart d’heure pour D. Trump

Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants, s’est dite prête, dimanche 10 janvier, à lancer dans les prochains jours plusieurs actions rapides pour obtenir le départ de Donald Trump, dont une deuxième procédure de destitution, à la suite des violences du Capitole. Cela intervient alors que le Pentagone a autorisé le déploiement de 15.000 soldats de la Garde nationale lors de la cérémonie d’investiture du Président américain élu Joe Biden programmée pour le 20 janvier, afin d’éviter de nouvelles violences après l’assaut sur le Capitole.

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Dernier mauvais quart d’heure pour D. Trump

Jusqu’à 15.000 soldats de la Garde nationale seront mobilisés pendant la cérémonie d’investiture du Président américain élu Joe Biden, a annoncé ce lundi 11 janvier le chef de la Garde nationale Daniel Hokanson.

Quelque 6.200 militaires sont déjà présents à Washington où ils sont arrivés après les émeutes au Capitole de la semaine dernière. Ils seront 10.000 ce week-end, a déclaré le général Hokanson lors d’un point presse. Environ 5.000 soldats supplémentaires pourront les rejoindre pour la cérémonie du 20 janvier.

Pour l’instant, leur mission est limitée à un soutien logistique à la police locale et ils ne seront autorisés qu’«en dernier recours» à procéder eux-mêmes à des interpellations, si la situation devenait hors de contrôle, a ajouté l’officier qui supervise le bureau de la Garde nationale au ministère de la Défense.

Le Pentagone a été critiqué pour avoir tardé à déployer la Garde nationale le 6 janvier quand des partisans de Donald Trump ont envahi le Capitole pour protester contre les résultats de la présidentielle. Selon le général Hokanson, «le niveau de violence» des manifestants «n’avait pas été anticipé».

Sur le plan politique, les démocrates qui cherchent à destituer D. Trump feront d’abord appel au vice-président Mike Pence. La Chambre sera amenée lundi, et au besoin mardi, à se prononcer sur une résolution lui demandant de démettre le Président sortant de ses fonctions. Lors d’une procédure rapide puis, si c’est nécessaire lors d’un vote formel. La cheffe des démocrates, 80 ans, affirme que la procédure de destitution sera introduite dans la foulée. L’article de mise en accusation est déjà rédigé.

Les démocrates demandent à M. Pence d’activer en urgence le 25e amendement de la Constitution qui consiste pour le vice-président et les principaux ministres à constater l’inaptitude du président à exercer sa fonction. N. Pelosi précise que le vice-président disposera de 24 heures pour répondre à l’injonction de la Chambre qui reviendrait à lui faire endosser les pouvoirs exécutifs pour les dix derniers jours du mandat Trump, avant l’investiture du président élu J. Biden le 20 janvier.

Après les violences commises au capitole mercredi dernier qui ont causé la mort de cinq personnes, les démocrates estiment que le milliardaire républicain est désormais un président « déséquilibré » et dangereux et qu’il doit donc être écarté.

Notons par ailleurs qu’au lendemain de l’assaut du Capitole par des manifestants pro-Trump, un événement «fondé sur des mensonges», Randall Lane, rédacteur en chef du magazine economique Forbes, a rédigé un article visant cinq anciens collaborateurs de D. Trump. Il assure que le magazine discréditera toute entreprise qui embauchera l’un d’eux, les considérant comme «source potentielle de désinformation».

«Que Donald Trump soit passé de commandant en chef à menteur en chef n’a pas surpris Forbes», écrit le directeur de la rédaction. «Plus étonnant: le nombre de personnes prêtes à donner crédit à ses évidents mensonges en son nom».

Forbes cite ainsi Sean Spicer et Kellyanne Conway, membres du Parti républicain. Le premier a été directeur de la communication du Comité du parti, puis de la Maison-Blanche. La seconde a chapeauté la communication de la campagne présidentielle de D. Trump puis est devenue sa conseillère jusqu’à sa démission à l’été 2020. Le magazine s’en prend aussi aux trois porte-paroles de la Maison-Blanche, Sarah Huckabee Sanders, Stephanie Grisham et celle qui est toujours en poste, Kayleigh McEnany.

«Faites-le savoir aux entreprises: engagez n’importe lequel des fabulateurs de Trump ci-dessus, et Forbes supposera que tout ce dont votre entreprise ou firme parle est un mensonge», indique R. Lane. «Nous allons examiner, revérifier, enquêter avec le même scepticisme que celui que l’on retrouve dans un tweet de Trump», promet le rédacteur en chef.

À ce propos, le compte Twitter du Président sortant a été banni définitivement deux jours après l’invasion du Capitole. Le réseau social a justifié cette décision par un risque de «nouvelles incitations à la violence».

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