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Des dirigeants européens à Kiev : Où s’arrêtera le train de la solidarité ?

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Confrontée à ce qu’elle dénonce comme une invasion de la Russie et en recul sur le terrain militaire – notamment à Sévérodonetsk – l’Ukraine a récemment appelé à accroître encore davantage l’aide militaire qui lui est allouée.
Les trois dirigeants ont pris place ensemble à bord d’un train spécial, comme l’a confirmé la présidence française. Une photo, diffusée par les réseaux sociaux de médias allemands et italiens, les montre assis autour d’une table dans un salon boisé du train où ils ont embarqué en Pologne. Arrivé sur place, le président français a déclaré aux journalistes : «Il faut que l’Ukraine puisse résister et l’emporter». Interrogé sur les déclarations dans lesquelles il affirmait qu’il ne fallait pas «humilier» la Russie, E. Macron s’est défendu en assurant que «la France est aux côtés de l’Ukraine depuis le premier jour […] nous sommes aux côtés des Ukrainiens sans ambiguïté».

Le trio doit rencontrer le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui réclame une adhésion à l’UE pour son pays – processus qui, de l’aveu même des dirigeants européens, s’avèrerait long et fastidieux. Si la France, l’Allemagne et l’Italie y sont favorables, mais dans une perspective plus ou moins lointaine, l’Ukraine espère bien un accord des Vingt-Sept sur sa demande officielle d’adhésion lors du sommet européen des 23 et 24 juin. En cas d’acceptation de la candidature, débuterait alors un processus de négociations pouvant durer plusieurs années.

«Je pense que nous sommes à un moment où nous avons besoin d’envoyer des signaux politiques clairs, nous, Union européenne, à l’égard de l’Ukraine et du peuple ukrainien dans un contexte où il résiste de manière héroïque depuis plusieurs mois», a déclaré en marge de son déplacement le président français, qui a visité auparavant une base de l’OTAN en Roumanie. Ce déplacement est une première pour les dirigeants des trois principaux pays de l’Union européenne, depuis le début de l’opération militaire russe déclenchée le 24 février, et qui vise selon Moscou à «démilitariser» et «dénazifier» l’Ukraine afin notamment de protéger les populations du Donbass, dans l’est du pays. Celles-ci font régulièrement l’objet de bombardements par les forces de Kiev (dont les Républiques de Donetsk et Lougansk ne reconnaissent pas la légitimité) depuis le coup d’Etat de 2014.

Poursuivant ses multiples prises de parole à distance dans différents pays européens, V. Zelensky a adressé le 15 juin un message aux députés tchèques à Prague lors d’une téléconférence, affirmant notamment : «Nous sommes avec vous, soyez avec nous.» Le dirigeant ukrainien a profité de sa tribune pour citer un appel lancé par un présentateur de la radio tchécoslovaque en 1968 alors que les occupants soviétiques tentaient de couper la radio. «Aujourd’hui, alors que le peuple ukrainien lutte pour sa liberté contre l’invasion cruelle de la Russie, nous utilisons ces mots pour nous adresser à toutes les nations d’Europe et du monde démocratique», a-t-il ajouté. «L’Ukraine doit obtenir tout ce qui est nécessaire pour remporter la victoire», a-t-il martelé.
Dans la soirée du 15 juin, V. Zelensky a également dit sa «gratitude» à l’égard des Etats-Unis pour la nouvelle tranche d’aide militaire que son homologue américain, Joe Biden, lui a annoncée dans la soirée au téléphone. «Les Etats-Unis ont annoncé un nouveau renforcement de notre défense, une nouvelle tranche d’aide d’un milliard de dollars», a confirmé le président ukrainien dans la soirée du 15 juin dans son message vidéo quotidien. «Je veux dire ma gratitude pour ce soutien, il est particulièrement important pour notre défense dans le Donbass», a-t-il poursuivi. L’aide étasunienne comprend notamment des pièces d’artillerie et des obus supplémentaires. Le 15 juin également, Lloyd Austin, chef du Pentagone, a appelé ses alliés à «intensifier» les livraisons d’armes aux Ukrainiens. «L’Ukraine est confrontée à un moment charnière sur le champ de bataille», a déclaré le secrétaire américain à la Défense, lors d’une réunion au siège de l’OTAN à Bruxelles des pays du «groupe de contact» créé par les Etats-Unis pour aider l’Ukraine. «Nous devons donc intensifier notre engagement commun [et] redoubler d’efforts pour qu’elle puisse se défendre», a-t-il ajouté. Un avis partagé par Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN, qui a jugé le 14 juin que l’Alliance atlantique devait encore intensifier ses livraisons «d’armes lourdes» à l’Ukraine. V. Zelensky a indiqué s’être également entretenu avec le Premier ministre britannique Boris Johnson, lequel a assuré sur Twitter soutenir l’Ukraine «jusqu’à la victoire finale».

Des Américains arrêtés

Le soutien apporté par l’OTAN dans son bras de fer avec la Russie ne se limite pas aux seules fournitures d’armes et de renseignements à l’Ukraine. La preuve,

deux anciens militaires américains qui ont combattu contre les forces russes en Ukraine ont été arrêtés, lors d’une bataille acharnée à l’extérieur de la ville de Kharkiv (Kharkov), a révélé mercredi le journal britannique Telegraph.

Les deux mercenaires ont été capturés la semaine dernière, selon le journal se fiant aux témoignages de leurs camarades qui combattaient à leurs côtés.
Les deux mercenaires sont Alexander Drake, 39 ans, et Andy Hoen, 27 ans. On pense qu’ils sont les deux premiers soldats US à se retrouver prisonniers chez l’armée russe.

Le journal a déclaré que l’arrestation des deux Américains serait diplomatiquement délicate, en supposant que « le Kremlin l’utilisera comme preuve que les Etats-Unis sont devenus directement impliqués dans la guerre ».
Il est probable que le président russe exige des concessions majeures en échange de leur libération.

Le journal a souligné que Drake est originaire de Tuscaloosa, en Alabama, et a déjà servi dans l’armée américaine en Irak. Sa mère, Lewis, 68 ans, a déclaré au Telegraph qu’il avait eu du mal à trouver un emploi depuis son retour du service militaire en raison d’un trouble de stress post-traumatique. « L’ambassade des États-Unis m’a assuré qu’elle faisait tout ce qui était en son pouvoir pour le retrouver, et qu’elle le cherchait vivant et non mort », a ajouté sa mère, exprimant son espoir « qu’il sera échangé contre des prisonniers de guerre russes ».

« Nous sommes au courant de rapports non confirmés faisant état de l’arrestation de deux citoyens américains en Ukraine », a déclaré un porte-parole du département d’État US tout en ajoutant suivre « de près la situation et communiquons avec les autorités ukrainiennes ». « Nous renouvelons notre appel aux Américains pour qu’ils ne se rendent pas en Ukraine en raison du conflit armé en cours. Les Américains devraient quitter l’Ukraine immédiatement s’ils peuvent le faire en toute sécurité, en utilisant toutes les options de transport disponibles », a ajouté le porte-parole.

Un ancien soldat britannique, Jordan Gately, a été tué il y a quelques jours alors qu’il combattait dans les rangs des forces ukrainiennes dans la ville de Severodonetsk en République populaire de Lougansk.

Au début de ce mois, une porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a confirmé la mort d’un Français « qui s’est porté volontaire pour combattre dans les rangs de l’armée ukrainienne contre les forces russes dans l’est du pays ».

Le mois d’avril dernier, un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères a affirmé qu’ « au moins un citoyen britannique a été tué, et un autre est toujours porté disparu, alors qu’ils combattaient en Ukraine ».

Le « Niet » grec

Si Washington exige que la Grèce remette à l’Ukraine des armes soviétiques et russes, qui ont parfaitement servi pendant 30 ans, les généraux grecs ne comptent pas les abandonner, a déclaré le journaliste grec Dimitris Liatsos à la chaîne YouTube Balkanist TV, rapporte PolitNavigator.

« La société grecque est à 71% absolument contre le fait que les dirigeants grecs donnent des armes à l’Ukraine. Il ne s’agit pas de simples Kalachnikovs, mais d’obusiers, etc. Les Etats-Unis exercent une très forte pression pour que la Grèce se débarrasse de tout ce qui est russe et soviétique dans le domaine de l’armement. Elle est le seul pays de l’OTAN à posséder un système de défense aérienne S-300 (la Slovaquie en avait un petit nombre, nous en avons un système complet). Les généraux grecs pourraient maintenant se révolter, car ces systèmes soviétiques et russes constituent la base de la défense grecque sur des îles situées à un jet de pierre de la côte turque », a-t-il détaillé.

A ses yeux, les généraux grecs de l’OTAN affichent ouvertement leur hostilité à la demande US expresse. « Nous ne pouvons pas exposer nos défenses et notre espace aérien aux Turcs, car c’est ce que veulent les Américains. Pourquoi les donner ? Ils nous ont donné une excellente protection au cours des 20-30 dernières années, un parapluie protecteur que nous n’avons jamais eu. Pourquoi l’enlever de là au nom d’une certaine Ukraine ? Ce sont des questions qui sont soulevées en ce moment », laissent entendre les officiers depuis Athènes.

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