Des marches contre le racisme dans plusieurs villes françaises

La situation s’est tendue en fin de journée, samedi, dans la manifestation parisienne contre le racisme et les violences policières. La police a tiré des gaz lacrymogènes après avoir reçu quelques projectiles lors du rassemblement, bloqué depuis trois heures à son point de départ. Les policiers, qui barraient la plupart des rues donnant sur la place, où plusieurs milliers de personnes étaient rassemblées, ont chargé et tiré des gaz lacrymogènes, faisant refluer une partie de la foule.

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Des marches contre le racisme dans plusieurs villes françaises

Des milliers de personnes se sont rassemblées – 15 000 d’après les chiffres de la préfecture de police de Paris sur la place de la République à l’appel du comité Adama Traoré, jeune homme noir mort en juillet 2016 après son interpellation par des gendarmes en région parisienne. Sur Twitter, la préfecture de police avait appelé « les manifestants à rester calmes » et leur avait demandé de « se disperser en raison des troubles à l’ordre public causés par certaines personnes ». La préfecture a précisé, en fin de journée, avoir procédé à 26 interpellations au total en marge du défilé.

« C’est une victoire que la France reconnaisse qu’il y a du racisme dans la police française. C’est le peuple français qui (mène) ce combat, pas seulement la famille Traoré, pas seulement les familles de victimes. Personne ne doit rester spectateur de la mort, de la violence raciale, de qui que ce soit », a insisté Assa Traoré, sœur de la victime, au début de la manifestation. Le 2 juin, le comité Adama avait mobilisé 20 000 personnes devant le tribunal judiciaire de Paris, et s’est imposé comme le fer de lance de la lutte contre les violences policières. Son discours s’est élargi, de la dénonciation de violences policières à celle d’un « racisme systémique », trouvant un écho puissant après la mort de George Floyd, qui a suscité une vague planétaire d’indignation.

D’autres défilés avaient lieu à travers la France, comme à Bordeaux  où à Lyon pour réclamer « vérité et justice ». Dans les prises de parole qui avaient précédé, l’attention s’est portée sur des jeunes de la région, comme Mehdi, mort en 2016 à scooter à Vénissieux après avoir tenté d’échapper à un contrôle de police. Ou Wissam, décédé en 2012 à Clermont-Ferrand après son interpellation dans des conditions controversées. En milieu d’après-midi, une partie des manifestants s’est déplacée vers la place Bellecour, au cœur du centre commerçant de Lyon, dans le périmètre d’interdiction dressé par la préfecture. Et là, la tension est montée d’un cran entre la police et quelques dizaines de manifestants restants, avec usage du véhicule lanceur d’eau et des gaz lacrymogènes.

À Nantes, un millier de personnes  ont défilé en fin d’après-midi, tandis que, dans l’Est, de plus petits cortèges ont marché à Metz, à Nancy et à Besançon. À Marseille, le rassemblement a eu lieu en début de soirée. Quelques tensions ont pu être observées. Environ 2 200 ont manifesté selon la police, 4 000 à 5 000 selon les organisateurs.

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