Désapprentissage avancé au Maroc: Les écoles n’excitent plus!

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Les Marocains savent depuis longtemps que l’école publique battait de l’aile. Et pour ceux qui en avaient les moyens, même au prix d’un endettement des plus lourds (le Smig ne dépassant les 2400 Dh), l’orientation des bambins vers les écoles privées est devenu à la mode. Et il faut croire que le libéralisme triomphant qui s’est emparé de nos dirigeants n’a pas de limites puisque des franchises d’enseignes privées ont été importées pour capter les élèves les plus aisés.
Rien de plus normal puisque même l’enseignement privé local a fini, lui aussi, par la descente aux enfers. La quête des notes (ces dernières étant généreusement distribuées par des enseignants peu regardants sur la qualité des copies rendues), étant la garantie contre la hantise que représentent pour les parents les déperditions scolaires d’avant le bac, le système est devenu tolérable par tous au grand bonheur de quelques intérêts qui ont vu en l’enseignement un filon d’enrichissement rapide.
Même les Académies régionales ont joué le jeu pour ne pas frustrer les placements des uns et pour empêcher la détérioration du climat social ciblé par d’autres. Résultat des courses, le pays est dans la mouise ! Et c’est le patron du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) qui revient à la charge pour constater les dégâts.
D’après une enquête dûment menée auprès de 34.000 élèves, la majorité écrasante n’a réussi à décrocher que moins de 33 points sur 100 dans les langues et les mathématiques.
L’affaire est bien trop grave pour un pays qui consacre encore une bonne part de son PIB à la survivance d’un système éducatif moribond.
Qui incriminer lorsqu’on sait que la contreperformance habite tous les cycles de l’enseignement du primaire au secondaire dans ses deux paliers ? Et dans ce constat peu réjouissant, il faut souligner que l’enquête met dans le même panier et l’enseignement public et celui dit privé.
Le CSEFRS a raison de tirer la sonnette d’alarme.
Il est même dans l’obligation de le faire puisque ses membres sont rétribués pour non seulement établir des bilans, mais aussi et surtout réfléchir aux meilleurs moyens susceptibles de rehausser l’image de l’école publique (et privée) aux yeux des citoyens. Car sans succès du système éducatif, sur quoi reposera l’avenir du pays ? A quel citoyen aura-t-on à faire ? Les dégâts, il faut le dire, sont déjà incommensurables. Depuis que l’école a troqué ses habits sexy pour se recycler dans une fonction qui n’est absolument pas la sienne : une gigantesque garderie. Il fut un temps où les bancs de l’école canalisaient les Marocains vers un ascenseur social qui n’était pas épargné de bien des pannes. Ce serait court de tirer des conclusions au vu des dégâts que la société vit dans ses tréfonds : le chômage des jeunes diplômés.
Lorsque l’espoir n’est plus au bout, il ne faut pas s’étonner à ce que l’école devienne une pépinière pour la délinquance dans ses diverses formes.
Le risque est grand dès lors de voir le pays meublé de zombies se dopant qui l’extasie et qui au djihadisme. Jamais un projet de société mobilisateur à définir n’a été aussi d’actualité. Sans quoi, le pays risque de rater tous les trains de l’émergence auxquels il aspire prendre place. L’affaire est dramatiquement sérieuse pour être éludée ou expédiée.
Très démocratiquement, Omar Azziman doit renvoyer l’ascenseur à la société qui lui a permis d’être là où il est maintenant. En revoyant sa politique de com et le droit à l’information comme obligation de premier ordre.

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